Archive | avril, 2019

LES MENACES PRINCIPAUX QUE L’HUMANITE DOIT AFFRONTER EN CE DEBUT DE SIECLE

5 Avr

LA SURPOPULATION

Nous commençons là par l’enjeu de loin le plus important qui conditionne en large mesure ceux qui suivent ci-après: la surpopulation. Si l’on considère que le globe avec ses richesses sur terre, sur mers et dans ses sous-sols est limité, il devrait etre évident pour tout un chacun d’entre nous que cette finalité doit trouver son correspondant au niveau de la population sur terre qui ainsi doit être contenue, voire même diminuée du moment que les ressources que le monde produit annuellement sont, depuis quelques années, déjà consommées et absorbées en été.

Nombreux sont ceux qui reprocheront à cet impératif que l’équilibre entre les tranches d’âge parmi la population soit indispensable pour assurer le financement des prestations sociales. Il devient évident que ces dernières devront trouver d’autres sources de financement que celui, actuel, des prélèvements sur la masse salariale. Les solutions existent et elles sont traitées ci-après sous « Justice et cohésion sociale ».

En première priorité la liberté décisionnelle de gérer sa propre vie, tant le contrôle des naissances que son arrêt librement décidé, devra être assurée à chaque individu et ainsi faire partie des droits humains. Aucune entrave à cette liberté ne devra être tolérée, notamment de la part des institutions religieuses dont les représentants devront être interdits de diaboliser toute forme de limitation des naissances et de suicide assisté. Il appartiendra à l’école, non pas d’imposer un comportement ou autre, mais d’informer sur les différentes pratiques et de sensibiliser les élèves et étudiants sur le danger imminent de la surpopulation sur terre et des conséquences désastreuses qui en découleront.

Ailleurs, il appartiendra au monde médical de retrouver ou de redéfinir son éthique professionnelle pour servir en premier lieu le patient et non pas la pure recherche scientifique pour elle-même comme cela est souvent le cas aujour-d’hui. Les pratiquants devront ainsi arrêter de prolonger dans ce dernier but et souvent à l’insu des patients, des vies qui, soyons honnêtes, ne méritent plus cette dénomination même.

CLIMAT ET ENVIRONNEMENT

Le changement climatique dû en grande partie aux activités humaines et à ses conséquences désastreuses pour l’environnement sont largement connus, éprouvés scientifiquement et admis par une large majorité de la population à l’exception de quelques irréductibles dont le nombre va heureusement en diminuant. Il n’y a donc pas à y revenir ici, d’autant plus que cela ne pourrait se faire que sous forme de résumé et de façon peu compétente.

Les formes, l’ampleur et les cadres d’actions dans ce domaine peuvent cependant être discutés et esquissés comme cela est proposé ci-après:

Les grandes conférences planétaires qui se suivent à un rythme de plus en plus rapproché et qui se terminent toujours par des résolutions fortement applaudies mais jamais respectées ne nous  avancent manifestement pas dans cet enjeu vital pour l’avenir même de notre espèce. Les actions, pour être efficaces, devront descendre à une échelle nettement plus réduite et ainsi plus proche des habitants qui, eux-mêmes, se sentiront directement concernés et engagés. Ensuite, par regroupement et coordination de ces foyers régionaux un mouvement planétaire pourra en sortir. Il sera porté par les populations et non plus par des politiciens qui ne pensent finalement, souvent en premier lieu, qu’à leur réélection. Les Etats-Unis d’Amérique donnent ici un bon exemple, avec, d’un côté, une politique environnementale désastreuse au niveau national, mais de l’autre côté, dans ce même domaine, une législation et un comportement individuel et publique des plus stricts dans quelques-uns de ses états, comme notamment la Californie.

Un autre exemple encourageant est donné actuellement par le mouvement des jeunes qui manifestent chaque vendredi dans les rues de bon nombre de grandes villes à travers toute la planète, mouvement initié par l’action en solitaire d’une étudiante suédoise de seize ans d’âge devant le parlement à Stockholm. Pour la naissance et la propagation de tels mouvements les réseaux sociaux jouent et joueront de plus en plus un rôle prédominant.

D’un autre côté il est évident que sur le plan individuel chacun d’entre nous et en premier lieu les plus fortunés, doit et devra s’astreindre à fournir sa contribution personnelle, notamment dans les domaines traités ci-dessous. Dans notre vie de tous les jours la consommation dans laquelle nous nous sommes laissés enfermer doit être substituée par la jouissance librement consentie.

LES MIGRATIONS

Rappelons tout-d’abord qu’à travers l’histoire mondiale il y eut toujours des migrations d’envergure parmi lesquelles plusieures ont donné naissance à de nouvelles cultures et à de nouvelles entités politiques (migrations des tribus germaniques et slaves, migrations arabes et mongoles à travers l’Eurasie, des Bantous en Afrique australe, de même que l’envahissement des deux Amériques par les Européens). Précisons également ici que nous ne parlons pas des vagues de réfugiés politiques, voire victimes de guerres, migrations à caractère temporaire, donc limitées dans le temps. Nous ne nous intéressons ici que des migrations en masse qui s’étalent sur une plus ou moins longue période et qui conduisent normalement à un établissement permanent des émigrés dans leur lieu d’immigration et ainsi, soit à leur integration dans les populations autochtones, soit à l’élimination de ces dernières.

Si aujour-d’hui le monde se présente, suite aux évolutions techniques, comme une unité dans laquelle les distances ont perdu de leur impact et que les populations sont interconnectées, nous disposons de moyens d’influence et d’action pour pouvoir canaliser, voire diminuer ces flux de migration, tant par l’information, afin de contrecarrer les contre-vérités et fausses promesses, que par la création, dans les pays de provenance des migrants, de meilleures conditions d’existence. Cependant la migration de loin la plus importante qui nous attend sera celle provoquée par les changements climatiques et notamment la montée du niveau des océans qui rendra de grandes surfaces de la terre parmi les plus peuplées, tout simplement inhabitables. Cette migration prévisible qui mettra en route des millions de gens à travers le monde demande dès à présent des réflexions intenses et des préparatifs décisifs portant sur un réaménagement futur de la terre, ceci sur le plan tant des cultures des sols que de leurs aménagement urbanistique et de leurs infrastructures. Les mélanges de populations qui en résulteront inévitablement ne devront pas être considérés comme une mence pour notre identité mais plutôt comme le développement de nouvelles formes de cultures de synthese, voire simplement d’apports culturels, et ainsi une chance de renouveau pour l’humanité dans son ensemble. Ils pourront également conduire vers un réaménagement du monde base tant sur les nouvelles conditions climatiques que des connaissances nouvellement acquises dans le domaine de l’écologie.

ALIMENTATION ET SANTE

Ces deux aspects de notre vie quotidienne étant étroitement liés, ils sont traités ci-après ensemble et en interdépendance.Il est notoire que la qualité de l’alimentation a une influence directe sur le développement de bon nombre de maladies, notamment vasculaires, mais également cancereuses et meme démentielles. L’industrialisation de la nourriture, l’introduction d’agents chimiques, soit par le traitement des sols, soit par adjonction directement dans le processus de son conditionnement, sont largement responsables du développement des déséquilibres alimentaires, puis à l’obésité et aux maladies consécutives sus-mentionnées. S’y ajoute, notamment dans les pays occidentaux la surconsommation de graisses, de viandes et d’aliments sucrés. La qualité de la nourriture, son équilibre et son dosage sont donc essentiels pour notre santé et en constituent, associés aux exercices physiques indispensables, les fondements de notre bien-être general.

C’est là, précisément, que notre monde de la santé, médecins, soignants, hôpitaux, mais aussi l’industrie pharmaceutique pèchent par leur préférence, économiquement compréhensible, du traitement des effets plutôt que des causes des maladies. Par ailleurs, on ne peut s’empêcher d’avoir l’impression que dans les grands hopitaux universitaires et dans les laboratoires pharmaceutiques, la médecine est de plus en plus au service de la recherche médicale pure plutôt qu’à celui du patient qui, me dira-t-on, profitera évidemment de ces découvertes que cependant on lui impose plutôt que propose. Le choix entre différents traitements, du plus simple au plus sophistiqué, le choix finalement, en cas de cas grave, entre un prolongement à tout prix et un arrêt consenti de sa vie, devra faire partie partout dans le monde des droits humains élémentaires.

Les assurances maladies devront être modulées en conséquence et permettre à l’assuré de choisir entre des couvertures variées.   Les coûts de la santé, exorbitants dans bon nombre de pays, pourront ainsi être sensiblement diminués, ceci au profit de la communauté mais évidemment à première vue au détriment des profits, financiers ceux-ci, du monde médical et en premier lieu de l’industrie pharmaceutique. Ceux-ci devront retrouver leur noblesse en servant l’être humain en premier avant la recherche pure et onéreuse.

ENSEIGNEMENT ET FORMATION

L’évolution de l’enseignement dans les écoles primaires, professionnelles et universitaires du monde entier conduit de plus en plus, sous la pression et l’ingérence des pouvoirs économiques à former des exécutants techniques et scientifiques plutôt que des citoyens critiques, créatifs et indépendants. Les ressortissants de ces écoles sont intégrés dans un univers économique constamment analysé et révisé par une élite de décideurs qui grâce à l’importance  et à la taille de leurs sociétés arrive à échapper aux contrôles politiques pourtant indispensables.

Afin d’établir l’équilibre entre les sciences dites « humaines », les disciplines philosophiques, artistiques et socio-politiques, d’un côté, et les disciplines purement techniques et scientifiques de l’autrè, il sera indispensable de redonner aux premières la place qui leur revient dans la formation souhaitable d’individus, techniquement et scientifiquement qualifiés certes, mais également cultivés, créatifs et critiques et ainsi socialement et politiquement intégrés et engagés. Dans cet objectif il faudra donc surtout empêcher le financement d’universités par des sociétés privées qui en toute logique auront tendance à orienter l’enseignement vers leurs profit et intérêt. Là, comme ailleurs, le politique devra reprendre le dessus sur le purement économique, l’intérêt publique sur celui d’une minorité économiquement puissante.

LIBERTES INDIVIDUELLES

Celles-ci portant tant sur les convictions intimes et strictement personnelles que sur l’adhérence à des croyances ou idéologies de tous horizons, elles devraient être garanties et respectées dans le cadre de leur affichage et propagation sous condition du respect essentiel du principe que toute tolérance doit impérativement s’arrêter vis-à-vis de tout individu ou communauté qui prône l’intolérance.

Les libertés individuelles essentielles devront être assurées, là où ce n’est pas ou pas encore le cas, par des lois correspondantes, puis défendues dans ce cadre législatif, par les organes de surveillance et d’appel nécessaires. Chaque individu sur cette terre devrait être défendu contre des contraintes d’origine tant religieuse que doctrinaire, voire même familiale. Il est cependant évident que ces libertés doivent s’inscrire dans un cadre constitutionnel consenti ou voté par une majorité de la population et qu’elles y trouveront leur limites et, en corrélation, les devoirs et engagements à respecter par un chacun vis-à-vis de la société.

GESTION ET REPARTITION DES ,RICHESSES

Le monde de l’économie présente aujour-d’hui des déséquilibres inquiétants au niveau de la répartition des richesses entre les différents états, mais également entre les revenus individuels au sein des entreprises et sociétés privées mais aussi, dans une moindre mesure, publiques. S’il n’est pas admissible que les pays riches, producteurs principalement de services et de hautes technologies, en retirent des revenus nationaux qui représentent un multiple de ceux des pays pauvres aux simples richesses naturelles et agricoles, il n’est pas admissible non plus, qu’à l’intérieur d’une même entreprise ou société les revenus des quelques dirigeants représentent jusqu’à un centuple, voire même plus, des basses salaires de cette même société.Il est urgent que dans les deux cas des règlements internationaux et une politique globale soit établis et respectés, ceci dans le but d’amoindrir ces différences flagrantes et d’arriver, voire de rétablir un meilleur équilibre à travers le monde jusqu’à l’intérieur même des grandes entreprises et sociétés. Dans le premier cas, la répartition des richesses entre pays, si à l’intérieur de plusieurs d’entr’eux des fonds de solidarité existent entre les différentes régions, tel devrait pouvoir être introduit à l’échelle globale, entre pays riches et pays pauvres (à l’exemple de l’Union Européenne qui pratique déjà ce type de fond de solidarité). En ce qui concerne les différences de revenus et de salaires à l’intérieur des entreprises multinationales des règles ayant force de lois devront limiter l’écart maximal entre  les revenus du haut et du bas de l’échelle.

Dans l’ensemble il sera urgent que les pouvoirs politiques, expression des peuples souverains, reprennent le dessus sur les pouvoirs économiques détenus par une élite peu nombreuse mais démesurément puissante.

GOUVERNANCE POLITICO-ECONOMIQUE

Si aujour-d’hui nous devons constater partout une aliénation grandissante entre gouvernants et populations, celle-ci résulte en général du développement d’administrations surdimensionnées qui, déconnectées des peuples, agissent dans des vases clos et imperméables. Il n’y a guère que les lobbies des grandes sociétés multinationales qui cherchent et qui réussissent souvent à les influencer, voire même dans de rares cas, les dominer. Il en est de même, sinon de façon plus inquiétante encore, en ce qui concerne les gouvernants qui, nommés pour une période limitée, sont dépendants autant de leur administrations en place que de la pression des lobbies multinationales.

Ailleurs, dans l’organisation internationale du monde d’aujour-d’hui, telle qu’elle résulte de l’évolution historique à travers les siècles, force est de constater un déséquilibre flagrant entre des entités politiques de tailles extrêmement différentes qui se traduisent forcément par des tentations de domination de petits états par les superpuissances, voire des tentatives de division, par ces dernières, entre des états regroupés dans des communautés telle que l’Union Européenne. Cette mise à profit de divisions existantes à entretenir ou à développer entre petites nations est également pratiquée par les grandes sociétés multinationales qui, dans leurs actions ne trouvent des contrepoids politiques qu’au niveau des superpuissances.

Nous nous trouvons donc confrontés à deux phénomènes inquiétants: l’aliénation des populations vis-à-vis de leurs instances dirigeantes et administratives et le déséquilibre tant entre les divers états à tailles différentes qu’entre la plupart de ceux-ci et les grandes sociétés multinationales. La réponse à ces deux aspects doit être différenciée à l’extrême, par des mesures à première vue contradictoires, mais en fin de compte complémentaires et prometteuses pour l’avenir.

L’aliénation des populations appelle un rapprochement de ces dernières à ses dirigeants et à ses administrations. Le remède est de ce fait à rechercher dans des structures politiques de petite échelle auxquelles chaque citoyen en s’y reconnaissant peut adhérer. Les déséquilibres entre les nations et l’impuissance de la plupart d’entr’elles vis-à-vis des grandes sociétés multinationales appelle de son côté au regroupement local des petites entités politiques, régions ou agglomérations urbaines, dans des communautés d’états subordonnées, dotées des pouvoirs nécessaires par délégation, ceci dans le but d’organiser le monde de demain dans des ensembles politiques de la taille des superpuissances actuelles que sont les Etats-Unis d’Amérique, la Chine, la Russie et l’Inde. Ce regroupement permettra la suprématie du politique sur l’économique et ainsi le contrôle de ce dernier au profit des populations du monde.

JUSTICE ET COHESION SOCIALE

Si le principe d’entr’aide sociale et les institutions créées de longue date et après d’âpres luttes dans ce domaine sont dans leur principe indiscutables, leur financement devient de plus en plus précaire. Financées principalement par des prélèvements opérés sur les salaires et autres revenus du travail, le financement des prestations sociales, assurances, rentes et allocations, souffre petit à petit de la diminution des masses salariales due d’une part au vieillissement général des populations et d’autre part de la robotisation en cours d’une part importante du travail. Des économistes ont calculé et avancé un nouveau mode de financement des prestations sociales, non plus par prélèvement sur les revenus du travail mais sur les transferts et autres opérations financières. L’importance de celles-ci est largement tributaire de l’évolution démographique et touche à plus ou moins grande envergure l’ensemble de la population. Ainsi ce mode de prélèvement empêcherait de créer des tensions, autrement prévisibles, entre les jeunes générations payeurs, de moins en moins nombreuses, et les personnes âgées, bénéficiaires des rentes, elles par contre, de plus en plus nombreuses.

Une autre disposition en discussion, expérimenté récemment en Finlande, consiste à introduire un revenu généralisé fixe qui remplacerait une bonne partie des prestations sociales minimales comme rentes vieillesse, allocations chômage ou perte de gain, et elle permettrait ainsi de reduire sensiblement les frais administratives y afférentes. Le financement de ce revenu de base remplaçant bon nombre de prestations sociales ferait logiquement partie de celui de ces dernières.

CONCLUSION

Pour tous ces problèmes qui hantent le monde d’aujour-d’hui, tels qu’ils sont énoncés et traités dans ce chapitre de mon blog, il y a dans les réponses esquissées ci-dessus, quelques principes fondamentaux qui se dégagent et qui sont résumés comme suit:

ECHELLE ET PROPORTIONS: réagir tant à petite échelle, par rapprochement, qu’à grande échelle, par regroupement.

EQUILIBRE ET EGALITE: éliminer ou au moins adoucir les grandes déséquilibres et différences qui caractérisent le monde actuel.

POLITIQUE ET ECONOMIQUE: assurer voire même redonner la préséance du politique sur l’économique, sortir du diktat des multinationales

HUMAINS ET NATURE: comprendre que le premier fait partie intégrante de la deuxième et que les deux sont réciproquement conditionnés par leur propre finalité.

INDIVIDUS ET SOCIETE: élargir les libertés humaines dans le cadre de la société, mais en y ajoutant le droit de disposer en entier de sa propre vie, de sa gestion et de sa fin.

Que les énoncés et les propos de ce chapitre puissent servir de très modeste apport aux réflexions des quelques lecteurs et au delà. Qu’ils temoignent de l’inquiétude, cependant sans découragement, de son auteur.

 

Chiang Mai, 05.04.2019 , Hans Gutscher