APOCALYPSE

25 Fév

L’actuelle évolution du monde, de son environnement naturel et de ses habitants souffre d’une détérioration accélérée telle que la disparition prévisible de l’homo sapiens, considérée encore il y a peu de temps comme purement fantaisiste, est maintenant sérieusement envisagée à plus ou moins long terme. Les menaces les plus importantes qui pèsent aujour-d’hui sur l’avenir et ainsi sur la survie de l’humain sont résumées ci-après en dix points qui nous paraissent être décisifs. Ils sont décrits dans l’ordre de leur importance.

1. SURPOPULATION ET DENSIFICATION DE LA POPULATION DANS DES MEGALOPOLES

Notre planète étant confinée dans sa forme et dans son contenu, toute accroissement de son peuplement par les humains et consécutivement de l’exploitation de ses ressources approche les limites du supportable, limites qui sont aujour-d’hui perceptibles pour un plus ou moins proche avenir.

Par ailleurs la densification de l’urbanisation de l’espace et le regroupement des humains dans des mégalopoles qui ressemblent plus à des parcages qu’à des habitations provoquent d’autres nuisances telles que décrites ci-après, comme par exemple l’aliénation générale de l’humain. Cette densification conduit à établir des régimes politiques et économiques autoritaires et centralisés qui, incontrôlables eux-mêmes permettent de contrôler les grandes masses parquées dans ces mégalopoles sans visage et sans âme.

2. POLLUTION ET CHANGEMENT CLIMATIQUE

Le changement climatique étant largement lié à la pollution, l’humain pour sa survie devrait impérativement se préoccuper de celle-ci et changer radicalement son mode de vie. Or, en le voulant et en s’y résignant, ce qui, entre parenthèses n’est de loin pas le cas aujour-d’hui, il entrerait en conflit avec des intérêts à court terme et aux objectifs désastreux des puissants acteurs économiques de ce monde. Pour citer un exemple parmi des centaines, pensons seulement à la puissante industrie de conditionnement et d’emballage qui, pour des raisons prétendument d’hygiène, nous impose des emballages plastiques des denrées alimentaires et de tout autres marchandises qui ensuite, après usage, polluent la terre, les cours d’eau et l’air lors de leur combustion, elle-même source de pollution par son procédé même. S’y ajoutent tant d’autres polluants tant manufacturés que chimiques dont ce n’est pas le lieu ici de faire toute l’énumeration.

3. CONCENTRATION DES POUVOIRS POLITIQUES ET ECONOMIQUES

Prônant à travers le monde les vertus et la justice d’un régime dit « démocratique », les véritables décideurs, peu nombreux mais d’autant plus puissants dans ce monde, l’oriente, lui et ses habitants, vers des organisations et des mécanismes propices à leurs intérêts à court et à long terme. Les dirigeants politiques en première ligne ne forment que le masque extérieur de ces puissances occultes qui les dirigent par le financement de leurs actions et campagnes électorales, par le lobbying dans les parlements et, hélas, aussi par l’appui d’une presse diffusée par tous les moyens techniques de transmission moderne et dépendant, pour la plupart des medias, de ces mêmes puissances. Pour l’apparence celles-ci laissent au grand public l’illusion d’un régime démocratique dans lequel il aurait un pouvoir de choix et de codécision, par le moyen d’élections, voire même de référenda dont, par ailleurs, les décisions sont ensuite souvent faussées lors de l’élaboration du cadre législatif y afférent et, là de nouveau, sous la pression et l’influence des véritables puissants du monde.

4. CONSUMERISME ET SURPRODUCTION

Dans l’intérêt de nouveau de ces puissances économiques qui nous gouvernent en réalité et qui conditionnent notre quotidien, nous sommes poussés par tous les moyens, publicitaires, pseudoscientifiques et autres, vers une consommation de biens matériels et de supports informatiques, dont la durée de vie ou de fonctionnement, voire de consommation, est volontairement réduite, afin d’accélérer leur élimination et leur remplacement consécutif. Dans cette course effrénée vers le propagé « mieux ». « plus performant », « plus satisfaisant » et cétéra, l’esprit de compétition et de dépassement est constamment promu et et entretenu, et ceci dès l’enfance, dès l’entrée de tout être humain dans cet univers dévastateur de la consommation à outrance. Autant que des biens sont produits en surabondance, autant en résultent évidemment des déchets y consécutifs dont le recyclage partiel, meme s’il est en nette progression, n’arrive à absorber qu’une quantité insuffisante.

5. CONSENTEMENT DIRIGE PAR LES PUISSANTS ET LES MEDIAS.

Comme déjà énoncé ci-dessus, la dépendance des medias, sous toutes leurs formes, des véritables puissants de ce monde procure à ces derniers un soutien appréciable auprès du grand public, soutien qui les aide à le manipuler dans leur intérêt. Les médias dépendent aujour-d’hui pour la majeure partie de leurs revenus de la publicité et ainsi indirectement des puissances économiques qui nous gouvernent. Certains de ces médias et pas des moindres sont directement propriétés de puissants, tels Rupert Murdoch, magnat de plusieurs publications anglo-saxonnes, ou évidemment les promoteurs et propriétaires de médias informatisés comme en premier lieu Google et Facebook. L’influence de ces derniers, par leur voies de communication planétaire, sont énormes et arrivent même a constituer des menaces pour certains à l’intérieur même du cercle restreint des puissants de ce monde et incitent ces derniers à chercher à les mettre à leur service et les englober dans leurs empires économico-politiques.

6. ALIENATION DE L’HUMAIN DANS SES RAPPORTS SOCIAUX ET DE TRAVAIL.

La dissociation de l’exécutant, le travailleur ou l’opérateur, et l’objet, la marchandise ou la prestation de service, et ceci dans la grande majorité de l’activité humaine d’aujour-d’hui, de même que l’appauvrissement et l’abstraction des rapports entre humains par la digitalisation et le remplacement des contacts personnels par des rapports virtuels, crée aujour-d’hui dans de plus en plus de domaines cette aliénation générale de l’humain avec souvent des troubles psychiques consécutifs. Paradoxalement le plus le monde compte d’habitants le plus chacun d’entr’eux devient esseulé et, comme conséquence, le tissu social qui permet une saine cohabitation lentement mais inexorablement se dissout pour un jour être réduit à néant et disparaître. Par ce lent processus on ouvre grande la porte vers la déshumanisation de nos rapports sociaux et ainsi vers la criminalité généralisée, les désordres psychiques, les suicides et le désoeuvrement.

7. BRUTALISATION DES RAPPORTS ENTRE HUMAINS.

Comme développé ci-dessus, l’aliénation générale et la lente dissolution des tissus sociaux conduisent déjà aujour-d’hui à la brutalisation des rapports entre humains dont de plus en plus optent souvent pour une certaine fuite en avant par des actes violents, voire même criminels, ceci pour essayer de sortir de leur solitude et de leur désoeuvrement. C’est la voix des impuissants et des laissés-pour-compte qui se manifeste à une échelle et à une fréquence de plus en plus inquiétantes. Des groupements ou partis politiques, voir aussi des associations religieuses intégristes, agissant pour beaucoup d’entr’eux dans l’illégalité, tirent honteusement profit de cette situation déplorable et recrutent des adeptes parmi ces gens de plus en plus nombreux pour les endoctriner et puis s’en servir au profit de leurs objectifs obscures et néfastes. Il en est de comparable pour les puissants économiques de notre monde qui ne cherchent qu’à exploiter, jusqu’à leur endettement, tous les humains réduits au rôle de simple consommateurs de leurs marchandises ou servises comme supports de leur puissance.

8. AGGRAVATION DES DIFFERENCES SOCIALES.

La concentration des pouvoirs économiques et implicitement, même dans les démocraties d’aujour-d’hui, du pouvoir politique dans les mains d’une trçs faible minorité, souvent à tort appelée « élite », minorité pratiquement incontrôlable et effectivement incontrôlée, accentue dangereusement les inégalités entre ce groupe et la grande masse des humains qui est de plus en plus au service de ce dernier et en  dépendent sous les formes les plus diverses, salariés, soustraitants, serviteurs, profiteurs d’aides financières ou simples relations profitables. Les couches dites « moyennes » de la société qui par une certaine indépendance économique et une conscience éthique garantissaient jadis la cohésion sociale sont en net recul et à bien des endroits elles ont pratiquement disparu.

9. UTILITARISME DANS L’EDUCATION.

Pour s’assurer de la pérennite de leur puissance la minorité citée et décrite ci-dessus intervient avec leurs moyens financiers quasi inépuisables directement ou indirectement dans l’éducation, puis la formation professionnelle des jeunes, et ceci dès leur bas âge. Cette action prend les formes les plus diverses, d’une simple influence du législatif sur le plan politique, ceci par lobbyisme ou aides financières, voire carrément par corruption, et allant jusqu’à l’achat d’universités ou d’écoles professionnelles existantes, voire la création de nouvelles universités ou d’écoles professionnelles, celles-ci souvent au sein de leurs propres entreprises. Il est évident que par cette intrusion dans un domaine en principe public, cette minorité de puissants arrive à modifier ou tout au moins influencer les programmes scolaires et les orientations professionnelles des jeunes, ceci à son propre avantage en formamt ainsi les foules endoctrinées et utiles à son usage et à ses intérêts. Dans un premier temps toutes les disciplines jugées par cette minorité inutiles ou même dangereuses pour ses intérêts sont soit réduites jusqu’à l’insignifiance, soit tout simplement écartées des programmes scolaires. Il s’agit là , en premier, des disciplines qui incitent à l’imagination et à la création non contrôlées et à la libre pensee, philosophique et/ou socio-économique.

10. LE DEVELOPPEMENT D’UNE INTELLIGENCE ARTIFICIELLE.

Le vieux rêve de l’humanité de se reproduire artificiellement et scientifiquement, l’HOMUNCULUS de Goethe, est aujour-d’hui repris et activé en force par les puissants de ce monde et les scientifiques et politiques à leur service. Quoi de plus tentant que d’arriver à créer un être vivant conçu et agissant sous leurs directives et pour leurs objectifs. L’humain avec son côté toujours et en dépit de tout imprévisible, serait ainsi remplacé, petit à petit, par un semblant à l’image et à l’action voulues par les puissants de ce monde. Mais si demain ces nouveaux êtres créés par l’humain développaient effectivement toutes les facettes de notre intelligence, donc également le doute et la contestation, la création et la pensée libre, ils risqueraient de se diriger contre les puissants qui les ont créés, puis les supplanter et dominer à leur tour. Ceux-ci seraient alors reduits au rôle d’apprentis sorciers, comme évoqué par le même Goethe dans son celèbre poème « Der Zauberlehrling ».

 

Hans Gutscher, politorg.blog

Doi Saket, 25.02,2020

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