De tout temps l’information communiquée par écrit autant que par les différents moyens de l’audiovisuel est orientée par l’auteur dans une direction ou l’autre, notamment par le choix des sujets et de l’importance qu’il leur donne. Ainsi, et cela dans une mesure encore guère vue, cette orientation fait donner à la pandémie du Covid-19 une place prédominante dans l’information à travers le monde entier. Des statistiques detaillées pour chacun des près de 200 pays affectés par le virus, donc de pratiquement la totalité de l’univers, nous renseigne, jour apres jour, de l’évolution de la pandémie. Les commentaires y afférents occupent largement l’espace des publications pour n’en laisser qu’une infime place aux autres informations, qu’il s’agisse des guerres intérieures et désordres qui frappent si durement le Proche-Orient dans son ensemble, mais aussi l’Afrique Centrale, ou, qu’ailleurs, il s’agisse des crises économiques comme celle qui affecte le Venezuela. Ces sujets inquiétants qui frappent le monde par ci, par là, ont presque disparus à l’intérieur de la presse et ainsi largement de la conscience du public qui n’en est pas directement concerné. La pandémie du Covid-19, par l’influence de la presse mondiale, sous toutes ses formes de communication, a ainsi pris , avec l’appui tacite ou voulu des instances politiques, la place prédominante pour ne pas dire écrasante, dans notre appréciation de l’état actuel de notre planète.
Or, toute statistique pour avoir une valeur réelle, devrait être mise en relation avec d’autres relevés comparables, tant sur le plan purement quantitatif qu’ en ce qui concerne son impact sur l’état général, sanitaire, économique, culturel et social de l’humanité dans son ensemble. Tel n’est aujour-d’hui pas le cas en ce qui concerne la pandémie en cours. La première comparaison qui devrait s’imposer, serait la comparaison des chiffres avec ceux des grippes saisonales courantes, le Covid-19 représentant un virus appartenant à la famille de ceux qui provoquent année après année les grippes saisonnales. Des médecins allemands ont relevé à ce titre, qu’en Allemagne, en moyen, ces dernières provoquent pour chaque année environs 20 000 à 25000 décès. Ceux reliés à la pandémie en cours selon le relevé officiel du 27 avril se montent, pour l’Allemagne, a 6126 morts. D’autres comparaisons relatives à d’autres causes de décès qui frappent regulièrement l’humanité permettraient également de situer ceux reliés à Covid-19 dans un contexte général et ainsi leur donner le poids effectif qu’ils ont sur la santé des humains. Ces comparaisons pourraient porter sur les nombres de morts résultant des accidents de la circulation ou encore de l’utilisation des armes à feu individuelles et privées. Cette dernière comparaison serait évidemment particulièrement intéressant pour les Etats-Unis d’Amérique où l’année passée, le nombre de décès y relatif était de l’ordre de 38 000 personnes, suicides et meurtres confondus. D’autres comparaisons pourraient porter sur les statistiques concernant la faim dans le monde ou encore les victimes des guerres civiles et régionales qui sévissent par ci, par là. Ces comparaisons, à ne pas douter, donneraient une valeur plus modeste au chiffre de 212 498 décès dus à la pandémie en cours, qui a lui seul parait énorme.
Une autre question concerne les chiffres avancés eux’mêmes. Comme l’ont relevé plusieurs médecins, et notamment le médecin légiste de la Ville de Hambourg, après autopsie des cadavres, aucun des morts comptabilisés à Hambourg, affectés effectivement par le virus Covid-19, n’est mort directement par la contamination avec ce virus, mais pour des causes autres, comme arrêts cardiaques,voire des séquelles de maladies dont ces personnes souffraient déjà avant la contagion. Nous sommes donc confrontés avec des chiffres de décès de personnes affectées par le virus Cofid-19, sans que pour autant et pour un grand nombre d’entre elles, leur mort soit directement imputable à cette contagion. A relever également, à ce titre, que la moyenne d’âge des personnes décédées dans les pays Allemagne, France et Suisse, se situe, pour chacun de ces trois pays, au-dessus de quatre-vingt ans.
Nous pouvons donc conclure de ces quelques réflexions que l’importance de la pandémie Covid-19 devrait être revue dans un contexte plus général et non pas de façon dissociée et particulière. Il est à souhaiter, par ailleurs, que des statistiques aussi detaillées que celles actuellement publiées pur la pandémie même, soient ultérieurement établies et promulguées concernant les effets des restrictions en cours.
Rappelons pour terminer que la pandémie de la « Grippe Espagnole » qui avait sévi à travers le monde entre 1918 et 1920 avait provoqué, selon les chiffres très vagues que nous connaissons aujour-d’hui entre 50 et près de 100 millions de morts.
Hans Gutscher Doi Saket, Chiang Mai, 29.04.2020