Si aujour d’hui nous avons presque tous à travers le monde une pièce d’identité, elle renseigne sur notre identité dite « nationale », donc sur notre appartenance, soit par naissance, soit par domiciliation et intégration ultérieures, à une nation. Cette appartenance prend déjà un aspect particulier, pour ne pas dire problématique, dans le cas des nombreux détenteurs de deux, voire même plusieurs passeports, le terme même d’identité perdant ainsi dans une certaine mesure sa signification.
L’identité nationale, donc pour ainsi dire politique, correspond à l’appartenance à une certaine nation et, par là, aux valeurs et aux particularités qui constituent son son fondement et qui la distingue des autres nations. Sa première particularité est tout simplement géographique et elle la confine dans les frontières qu’elle a acquises à travers son histoire. Toute modification de ces dernières, soit par morcelage (exemple: l’ancienne Yougoslavie, après les guerres des années 1990 divisée en 7 nations différentes), soit par réunification de deux, voire plusieures nations (exemple: l’Allemagne après la Chute du Mur de Berlin) entraîne la modification des identités nationales des habitants concernés.
Cette identification nationale n’existe cependant, comme les nations elles-mêmes, que depuis le début du XIXe siècle, depuis la fin des Guerres Napoléoniennes, avec cependant l’exception de la France qui avait déjà vécu la naissance d’un sentiment de nationalité commune à la fin de la Guerre de Cent Ans contre l’Angleterre ou plutôt sa dynastie régnante, les Plantagenets. Il y a donc lieu de retracer l’évolution historique de l’identité de l’humain, l’identité que nous appelons politique et qui renseigne sur son appartenance à un groupe d’humains et qui se distingue de l’identité personnelle et intérieure correspondant aux particularités individuelles d’un chacun d’entre nous.
BREF APERCU HISTORIQUE
L’identité de groupe qui deviendra identité politique se développa en partant de la cellule familiale par regroupement dans des clans ou tribus. Ce n’est que vers la fin de la Néolithique qu’à la suite de la domestication de certaines plantes et animaux, de premières civilisations et ainsi de premières structures politiques se sont constituées autour des bassins fluviaux du Nil en Egypte, des Tigre et Euphrate en Mésopotamie, de l’Indus en Inde occidentale et du Huang He en Chine septentrionale. La sédentarisation et la structuration consécutive de la société humaine par la création de ccntres urbains se sont accompagnées par l’émergence d’une élite qui petit à petit s’est transformée en aristocratie dont la gouvernance sous les formes les plus multiples s’est prolongée jusqu’à la Révolution Française et l’évolution consécutive qui a vu surgir tout au long du XIXe siècle et bien au-delà les démocraties et surtout les nations qui composent le monde d’aujour d’hui.
Si maintenant nous suivons ainsi l’évolution de l’identité politique des êtres humains à travers leur histoire, nous observons très clairement que, d’une règle générale, elle s’est adaptée aux changements et à la création d’unités de regroupement des humains en entités politiques d’importance et de nature différentes. Si au début, en partant de la cellule de base, la famille, ces regroupements s’étaient formés par propres initiatives et selon des besoins économiques, dès la naissance des diverses aristocraties et la prise de pouvoir par celles-ci, les identités furent plutot imposées aux êtres humains selon les intérêts et les désirs de leurs dirigeants. Cette disposition avait été clairement illustrée, pour ne prendre qu’un exemple, à la fin des guerres de religion dans le Saint Empire, dans le Traité d’Augsburg, par le principe « Cuius regio, eius religio » quel’on peut traduire par: Le peuple doit adhérer à la religion de son régent ou monarche. D’une façon générale, dans les monarchies de l’époque, comme d’ailleurs encore aujour d’hui sous les nombreux régimes despotiques qui subsistent sous les formes les plus diverses à travers le monde, les citoyens de ces états devaient et doivent obédience aux potentats et y trouvaient et trouvent encore en quelque sorte une identité qui leur est imposée. Avec l’avènement dès le XVIIIe siècle de régimes constitutionnels, autant dans les monarchies que dans les rares républiques (France, Suisse), ce sont ces constitutions avec leurs dispositions de lois-cadres qui forment la base de l’identité des citoyens appartenant à cette nouvelle unité politique qui a émergée en parallèle, la nation.
SITUATION ACTUELLE
Si nous regardons aujour d’hui le tissu actuel qui couvre le monde et qui est constitué des différentes nations, nous sommes frappés par la disproportion de taille et ainsi de pouvoir entre celles-ci. En ressortent les grandes nations que sont les Etats-Unis d’Amérique, le Chine, l’Inde et la Russie, puis à un moindre degré, des nations émergeantes comme le Brésil, le Mexique, l’Afrique du Sud, l’Iran et d’autres. En face de ces grandes puissances les nations de moyenne et de petite taille ont entamé, par ci, par là, des regroupements dans le but d’en former des entités économiques, puis politiques, afin de s’affirmer comme contrepoids à ces grandes puissances et se hisser à leur niveau.
Ces regroupements géographiques, en dehors des alliances plutôt stratégiques comme l’OTAN (Organisation de Traité de l’Atlantique du Nord) qui englobent l’une des grandes puissances et sont ainsi dominés par celle-ci, ces regroupements ont des bases tant culturelles, comme l’Union Européenne, que même religieuse, comme la Ligue Arabe qui cependant souffre d’un manque de cohésion géographique, étant étendue sur toute l’Afrique du Nord, mais englobamt aussi les pays de la Péninsule Arabique et même certains pays de l’Afrique Equatoriale. Ailleurs, des regroupements géographiques se sont opérés soit dans un but d’abord stratégique devenu économique par la suite comme l’ASEAN (Association of Southeast Asian Nations), voire purement économique comme Mercosur (Mercado Commun del Sur) en Amérique Latine.
Nous en limitons ci-après nos réflexions à l’exemple de regroupement le plus avancé dans son évolution, l’Union Européenne.
CONSIDERATION GENERALE.
L’identité d’un chacun appartenant à un regroupement de plusieures nations, pour que celui-ci soit vivable, doit s’attacher en premier à ce regroupement de nations et supplanter son ancien et actuel attachement à sa nation d’origine ou de choix qui doit être maintenu mais qui doit reculer en arrière-plan. Un citoyen français ou allemand devra dans un avenir proche, se considérer en premier comme citoyen européen, puis à l’intérieur de cette identité comme ressortissant français ou allemand. Si je prends comme exemple comparable, quoique de taille nettement inférieure, la Confédération Helvétique, ses citoyens se considèrent en premier comme Suisses, mais attachés à un canton particulier, tel que Berne ou Zurich.
Le principe de la DIVERSITE DANS L’UNION doit diriger cette évolution.
LE PARCOURS A SUIVRE POUR ARRIVER A S’ATTACHER A UNE NOUVELLE IDENTITE QUI COIFFE EN QUELQUE SORTE L’EXISTANTE SANS POUR AUTANT L’ELIMINER MAIS LA METTRE EN DEUXIEME PLAN.
Il appartient aux instances dirigeantes de cette nouvelle unité politique qui résultera du regroupement de plusieures nations non pas d’imposer cette nouvelle identité mais de la promouvoir en mettant en avant tout ce qui réunit les citoyens de cet ensemble en repoussant en arrière plan ce qui les sépare, ce qui durant trop longtemps était mis en avant par les différentes nations et qui a conduit à tant de guerres meurtrières parmi elles.
Pour arriver à ce but, les instances dirigeantes, à part leures propres communications et le rapprochement souhaitable et encore déficiant vers la population, doit s’appuyer tant sur l’enseignement que sur les médias et ainsi l’information sous toutes ses formes actuelles et futures qui devraient se joindre à cet effort. L’enseignement notamment de l’histoire doit quitter le carcan factice d’une histoire dite « nationale » (lorsque les « nations » comme telles n’existent que depuis deux siècles et guère plus !), tel qu’il est encore enseigné de nos jours et de transmettre l’histoire européenne dans le cadre et en relation avec l’histoire du monde. Par ailleurs et avant tout il faudra mettre en évidence les valeurs culturelles, éthiques et spirituelles qui sont, à des degrés différents, communs aux Européeens et qui les distinguent des habitants d’autres cultures et d’autres regroupements politiques dans le monde.
Pour ne citer quelques unes de ces valeurs qui nous paraissent essentielles, nous y voyons les suivantes:
- LES DROITS DE L’HUMAIN
- LES REGLES QUI SONT A LA BASE DE NOS DEMOCRATIES
- LA PRATIQUE DU DIALOGUE BASEE SUR LA DIALECTIQUE
- LA TOLERANCE ET COMME COROLLAIRE LA LAICITE
- L’INDIVIDUALISME QUI CONDUIT A CONSIDERER LA SOCIETE COMME LA SOMME DES INDIVIDUS ET NON PAS L’INDIVIDU COMME UNE PART DE LA SOCIETE, ET QUI EST A LA BASE DE SON INVENTIVITE ET DE SON DYNAMISME
Ces regroupements s’ils réussissent créeront de nouvelles identités basées sur les vraies valeurs communes aux peuples intéressés et ils pourront ainsi conduire à un monde composé d’unites politiques aux poids comparables et libérés de l’actuel dictat exercé par les quelques superpuissances. Le chemin sera cependant long et laborieux. S’il s’avère déjà difficile pour l’Europe dont les citoyens partagent déjà largement certaines valeurs essentielles, il sera sensiblement plus problématique pour un regroupement comme l’ASEAN qui réunit en son sein 10 nations qui parlent 11 langues officielles (rien que 4 déjà pour la seule Singapour: malais, tamoul, chinois et anglais !), sans compter les langues des tribus de montagnes au Myanmar, en Thailande et au Laos, et qui pratiquent trois religions aujour d’hui encore très présentes dans ces pays. Mais ne perdons pas l’espoir qu’un jour un chacun d’entre nous se comprendra d’abord comme Européen tout en étant Français ou Allemand, d’abord comme Américain du Sud, tout en étant Chilien ou Argentin, d’abord comme Asiatique du Sudest, tout en étant Birman un Vietnamien.
Le monde pourrait ainsi changer de visage avec un découpage en ensembles politiques plus equivalentes, pratiquant entre eux la cooperation, la concurrence, certes, mais pas la confrontation, permettant ainsi a chaque citoyen de garder sa propre identite regionale a l’interieure de l’ensemble politique auquel il appartiendra, ceci par l’application de la regel
LA DIVERSITE DANS L’UNION
REVE IRREALISTE OU ESPOIR RAISONNABLE ???
Hans Gutscher, Doi Saket, 17.01.2021