INTRODUCTION
Des projets d’union de ce continent ou plutôt sous-continent d’une Eurasie délimitée, elle, sur son pourtour par des océans et par des mers intérieures, ces projets se sont succédés depuis l’apparition légendaire de son nom, d’abord comme déesse océanide sous Hésiode et Hérodote, puis comme femme d’une grande beauté enlevée par Zeus vers l’Ile de Crète, où elle est censée avoir donné naissance à la célèbre dynastie des Minos.
Moi-même, d’identité profondément européenne, autant par mes origines que par mon vécu, y a consacré des réflexions desquelles résultaient des convictions résumées dans des blogs antérieurs qui sont les suivants:
- vers une Europe des régions, décembre 2017
- une constitution pour l’Europe, mai 2018
- l’importance de l’identité personnelle dans la refonte de l’Europe unie, juin 2018
- la délimitation de l’Europe vers l’Est, juillet 2018
- l’état de l’Europe dans ce début d’année 2019, février 2019
- un Européen, ein Europaeer, mai 2021
- la guerre en Ukraine et ses suites imaginables, voire même prévisibles, avril 2022
BREF RAPPEL HISTORIQUE
Denis de Rougemont, écrivain et philosophe suisse (1906-1985), a résumé de façon exhaustive et appuyé sur d’innombrables citations, l’histoire des tentatives d’union de l’Europe dès le début de l’apparition même du nom et de la légende dans la Grèce antique. Ce livre, intitulé « Vingt-huit Siècles d’Europe » et paru, sous sa forme révisée en 1990, chez Christian de Bartillat, éditeur, trace l’histoire complète de l’union de l’Europe jusqu’en 1990. Ainsi, il y a maintenant lieu d’y ajouter l’évolution qui s’est opérée depuis 30 ans, depuis notamment l’effondrement de l’Union Soviétique..
Nous essayons, ci-après, d’en identifier les différentes périodes et tendances qui se sont succédées pour arriver à l’Union Européenne telle qu’elle se présente aujourd’hui.
LA PREMIERE PERIODE, s’étalant pratiquement du IVe siècle av. J.-Chr. jusqu’au VIIe siècle ap. J.-Chr. a plutôt vu des tentatives de réunion des trois entités du monde connu dans notre sphère: l’Asie, correspondant au Moyen-Orient et aux premiers empires et civilisations qui s’étaient créées en Mésopotamie, l’Afrique, correspondant au Nord de ce continent et plus particulièrement à l’Egypte pharaonique, puis l’Europe située au Nord de la Méditerranée et représentée par la Grèce et son extension vers l’Italie et vers l’Illyrie. Les tentatives d’union de ce monde étaient centrées autour de cette mer intérieure que la Méditerranée représente en son centre géographique. Cette union était largement réalisée par l’Empire Romain depuis la fin du IIe siècle av. J.-Chr. jusqu’à 476 ap. J.-Chr. fin de l’Empire Romain de l’Occident. Cette idée d’union autour de la Méditerranée fut cependant reprise par les peuples germaniques qui envahirent l’ancien Empire Romain et fondèrent des états séparés au pourtour de son bassin occidental, la partie orientale appartenant à l’Empire Byzantin, successeur de l’Empire Romain d’Orient. Cette union autour de la mer intérieure fut arrêtée des l’avènement de l’Islam et la conquête consécutive et rapide par les Arabes, de toute la rive Sud de la Méditerranée jusqu’y compris l’Espagne.
LA DEUXIEME PERIODE, débute ainsi dès la transformation de la Mer Méditerranée d’élément géographique de rassemblement des riverains, vers une barrière entre deux mondes spirituels correspondants aux deux religions monothéistes, le Christianisme au Nord et l’Islam au Sud. Ce dernier unissant pouvoirs spirituel et politique sous un, puis plusieurs califats uniques, représentait une cohérence qui fit défaut au Nord de la Méditerranée sous le christianisme, entité géographique qui devenait dès cette époque le continent européen tel que nous le connaissons encore aujourd’hui. La domination et, par là, l’union de cette Europe ainsi definie et christianisée, étaient disputées durant des siècles entre le Pape et l’Empereur du Saint-Empire. Cette période se termina vers la fin du XIVe siècle par l’affaiblissement conjoint, et du pouvoir papal suite au Schisme Occidental, et du pouvoir du Saint-Empire à la fin de la dynastie des Hohenstaufen. En résumé, retenons que durant cette deuxième période l’union de l’Europe fut tentée, tant par les papes successifs et notamment Innocent III, que par les Empereurs Romains-Germaniques sous la bannière du christianisme, élément unificateur et identitaire de l’Europe Médiévale.
LA TROISIEME PERIODE débuta avec les scissions qui traversaient le monde chrétien autant qu’avec le pouvoir accru des différentes dynasties émergeant autour du Saint-Empire et de l’affaiblissement consécutif de ce dernier. Une lutte d’influence entre ces pays émergeants et ainsi des tentatives de prise de pouvoir de l’un ou de l’autre sur l’ensemble du sol européen marquait dès lors des essais d’union du continent sous la domination de l’une ou de l’autre des dynasties impliquées. Cette lutte d’influence entre maisons couronnées culmina avec celle entre la Maison de Habsbourg, propriétaire sous Charles Quint et de l’Espagne, et des Flandres et des pays germaniques à l’Est et au Sud de l’Empire, et la Maison de Valois, puis de Bourbon qui firent naître la France comme puissance européenne de premier ordre. Dès cette époque, l’Angleterre, montant en puissance plus mondiale qu’européenne, s’était volontairement détachée des conflits sur le continent qu’elle se mettait à arbitrer et assurer ainsi un équilibre des forces afin d’empêcher implicitement l’union de l’Europe continentale qui aurait constituée un concurrent redoutable pour la découverte et la prise en possession du monde extérieur que les Européens venaient de découvrir et de coloniser. Durant cette troisième période, même si elle n’était plus marquée que par la lutte entre dynasties, les tentatives d’union de part et d’autre furent toujours menées sous le sigle du christianisme, partagé dorénavant entre catholiques et protestants, ceci avec l’arrière-pensée d’une Europe chrétienne unifiée avec la mission de répandre cette religion à travers les colonies et finalemenmt le monde entier.
LA QUATRIEME PERIODE débuta assez précisément avec la Révolution Française et ses aboutissements après les Guerres Napoléoniennes et le nouvel ordre politique instauré en 1815 au Congrès de Vienne. En résultèrent la suppression de toutes les principautés ecclésiastiques et l’affaiblissement conjoint de l’influence politique et des eglises et de l’aristocratie. Des gouvernements pour la plupart imposés par les classes dirigeantes toujours conduites encore par des monarques, voire pour une faible minorité, élus par des parlements, se constituèrent sur ce continent et s’inscrivèrent dans les frontières issues des guerres, heritages ou mariages entre dynasties à travers les siècles précédants et confirmées par le Congrès de Vienne. Ainsi les nations ont vu le jour et dictèrent et dictent toujours dès lors la vie politique du continent. En rèsultèrent à travers le XIXe siècle une lutte de prédominance entre les nations les plus importantes, la France, l’Autriche-Hongrie, la Prusse, la Russie et, toujours arbitre, l’Angleterre. Cette concurrence entre nations a vu naître vers la fin du XIXe siècle l’entrée de deux nouvelles nations dans le concert des grands, de l’Allemagne Impériale Prussienne et de l’Italie, réunifiée après ses guerres d’indépendance. Une lutte pour la domination du continent, pour laquelle aucune des nations en lice n’était, toute seule, assez puissante, a vu naître des coalitions qui étaient très nettement conçues et orientées l’une contre l’autre et qui ont finalement conduit, par cette opposition, au XXe siècle aux deux Guerres Mondiales suicidaires pour l’Europe qui a perdu sa première place sur l’échiquier mondial derrière les Etats-Unis d’Amérique et l’Union Soviétique.
Durant toute cette évolution la prise de conscience d’une certaine identité européenne, exclusivement chrétienne d’abord, puis dès le Siècle des Lumières, de plus en plus basée sur des réflexions philosophiques, fut promulguée par des penseurs de tous bords, philosophes, historiens, écrivains, politiciens et aussi des ecclésiastiques, tels que notamment, pour ne citer que les noms émergeants, dans l’ordre chronologique: Erasme, le Duc de Sully, Montesquieu, J.J. Rousseau, Condorcet, Mirabeau, B. Constant, Hegel, Tocqueville, J. Burckhardt, R. Rolland, O. Spengler, Ortega y Gasset, Coudenhove-Kalergi, Toynbee, D, de Rougemont.
ETAT ACTUEL
Dès la fin de la Deuxième Guerre Mondiale, au vu du désastre qui a affecté l’Europe avec ses millions de morts civils et militaires et la déstruction de quartiers entiers d’habitation et d’une large part de son parc industriel, et compte tenu des changements en profondeur sur le plan de l’échiquier politique mondial dominé dès lors par les deux superpuissances Etats-Unis d’Amerique et Union Soviétique, avec en toile de fond la décolonisation en perspective, les pays de l’Europe occidentale, conscients de leur perte de puissance, ont entamé le processus de leur union, d’abord purement économique avec l’objectif, à long terme, d’éviter dorénavant tous conflits territoriaux. La première Communauté Européennne, celle du charbon et de l’acier (CECA) fondée en 1951, conduisait rapidement à un élargissement portant sur l’ensemble des relations économiques et prit la forme de la Communauté Economique Européenne (CEE), fondée en 1957 par les six membres fondateurs République Fédérale d’Allemagne, France, Belgique, Italie, Luxembourg, Pays Bas. Cette union prit un tel essor que des pays candidats à leur adhésion menèrent successivement à son agrandissement, en 1973 par la Grande-Bretagne, le Danemark et Irlande, en 1981 par la Grèce, en 1986 par l’Espagne et le Portugal et en 1995 par la Suède, la Finlande et l’Autriche, pour arriver à 15 membres.
D’une simple communauté économique dont le succès fut indéniable, elle franchit le pas vers une union politique et juridique en 1992 par le Traité de Maastricht, suivi en 1995 par l’ouverture des frontières par les Accords de Schengen, puis, démarche encore plus décisive, en 2002 par l’instauration de la monnaie unique, l’Euro. Suite à l’effondrement de l’Union Soviétique l’Union Européenne s’est agrandie par l’adjonction de pratiquement tous les pays de l’Est européen, anciennement communistes. Le nombre de pays adhérents s’est ainsi porté, après de départ de la Grande-Bretagne en 2021, à aujourd’hui 27 membres. Dès l’évolution de la Communauté Européenne purement économique vers une union politique, des dissensions entre différents membres se sont déclarées et ont clairement démontré les lacunes de cet organisme, de sa structure, de sa limite géographique et finalement de son identité même. Ces problèmes peuvent être résumés comme suit:
LES PROBLEMES FONDAMENTAUX DE L’UNION EUROPEENNE.
Dès l’évolution de la Communauté Economique Européenne vers son unité politique et juridique , donc dès le Traité de Maastricht, et puis l’instauration de la monnaie unique, des conflits entre les états membres ont apparu successivement sur différents plans. Aujourd’hui l’Union Européenne se voit confrontée avec les problèmes suivants:
les différences historiques et politico-juridiques entre les états membres, ceux de l’Europe occidentale et centrale qui disposent d’une déjà longue tradition démocratique et les anciens pays communistes de l’Est européen qui, mis à part certaines expériences démocratiques entre les deux guerres ont vécu exclusivement jusqu’à 1991 sous des régimes autocratiques, voire dictatoriaux.
Consécutivement à ce premier problème de base, le non-respect par certains pays (Pologne, Hongrie) du principe de séparation des pouvoirs législatif, juridique et exécutif, avec notamment la mise sous tutelle du pouvoir juridique.
La différence ancienne et bien incrustée en politique financière entre d’une part, les pays du Nord (Allemagne, Sude, Danemark, Pays Bas et Finlande) et les pays méditerranéens (France, Italie, Espagne, Portugal, Grèce), les premiers poursuivant le but d’équilibre budgétaire là où les seconds ont du mal à sortir de leur système traditionnel d’endêtement – dévaluation qu’ils ont pratiqué depuis des décennies.
L’instauration d’une monnaie unique sans s’être mis d’accord, au préalable, d’une politique financire commune. Ce procédé correspond, pour prendre un exemple de ma profession d’architecte, à la construction d’une maison sans fondation.
La délimitation de l’Union Européenne vers l’Est où elle ne se heurte à aucune limite géographique, voir topographique que l’on pourrait qualifier de « frontière naturelle ».
L’unanimité recquise pour toutes les prises de décisions importantes, ceci parmi 27 (!!!) membres, d’où blocage possible par un seul membre. Au moins les Polonais, qui aux XVIIe, XVIIIe siècles ont connu leur système dévastateur du « liberum veto » devraient se souvenir que cette disposition a fortement contribué à l’époque au démembrement de leur royaume.
Les institutions, et, à la bese, la constitution que l’Union Européenne s’est données ne sont que partiellement démocratiques, Si en effet, les membres du parlement sont élus par les citoyens des différents pays, les membres de la commission, donc en quelque sorte du gouvernement européen, bien que proposés par le parlement, sont en réalité nommés par les gouvernements des différents états membres, puis simplement confirmés par le parlement. La récente élection de Ursula von der Leyen à la tête de la commission, orchestrée par Angela Merkel et Emmanuel Macron, en donne un exemple éloquent.
La dépendance de plus en plus accrue des Etats-Unis d’Amérique, tant sur le plan militaire, à travers l’OTAN, que sur le plan financier avec le dollar comme monnaie de référence du système monétaire mondial, qu’encore sur le plan de l’informatique et là, surtout à travers les algorithmes qui gèrent les différents systèmes et assure leur contrôle à leur concepteur.
Et pour finir avec le principal problème, existentiel dirais-je, la composition de cette Europe qui se veut unie, par les nations qui se sont constituées tout au long des XIXe et XXE siècles et qui sont de taille, tant géographique que démographique et économique si différents et qui ont, par là, plus ou moins d’influence et de poids dans les décisions. L’Europe souffre ainsi également toujours et encore, des anciens conflits entre ces nations, amoindries certes dans une large mesure, mais qui ressurgissent à travers des nationalismes réactivés à chaque moment de crise tel que nous les vivons actuellement.
LES REFORMES ENVISAGEABLES POUR L’AVENIR, VOIRE MEME LA SURVIE DE L’UNION EUROPEENNE.
Déjà esquissé dans mon blog de décembre 2017 « Vers une Europe des régions », ces mesures réformatrices sont ci-après rappelées, révisées et complétées:
Les nations telles que délimitées et caractérisées ajourd’hui devraient être dissoutes au profit des régions constituées et adoptées par les populations concernées, sur la base de leur identité géographique, économique, culturelle et historique, voire aussi linguistique et traditionnelle.
Ces régions devraient être dirigées et gérées, en partant de leurs communes, par des parlements élus qui constitueraient des gouvernements régionaux. Ceux-ci pourraient se réunir dans des groupes de régions similaires afin de faire valoir leurs intérêts particuliers au sein d’un parlement européen élu par l’ensemble des citoyens du continent. Les groupes de régions à intérêts communs pourraient constituer une deuxième chambre de parlement tel le senat dans certains pays aujourd’hui. Chaque problème politique à traiter devrait l’être à l’échelle de son importance et en relation avec les instances extérieures avec lesquelles il faudrait le cas échéant se mettre d’accord, donc sur les plans communaux, régionaux, continentaux et mondiaux. Toutes les décisions devraient être prises, à chaque échelon, par la majorité des voix.
Les citoyens européens devraient être amenés, principalement par l’éducation et l’information, à adopter et reconnaître en premier lieu leur identité régionale et, par extension et compréhension, leur identité européenne. Cette dernière résulterait d’une démarche intellectuelle qui ferait ressortir, au détriment de celles qui nous séparent, les caractéristiques et particularités que nous avons en commun, et notamment:
l’individualisme qui prime sur le communautarisme et qui ainsi comprend la société comme un ensemble composé des individus et non pas ces derniers comme parts de la communauté qui prime ainsi sur l’individu, comme cela est notamment le principe des philosophies orientales.
la laicité avec relégation des religions dans le domaine privé de chacun
la diversité dans l’union qui doit s’exprimer à tous les échelons et reflèter la richesse culturelle du continent.
les antagonismes idéels comme enrichissement des dialogues et des démarches dialectiques qui aboutissent non à la synthèse mais à la cohabitation de la position et de l’opposition d’où ressortiraient des solutions enrichies des deux côtés mis en balance et en collaboration.
l’inventivité et le souci de la bienfacture dans le domaine du travail.
L’indépendance des Etats-Unis d’Amérique par la création d’une véritable armée défensive européennne, avec dissolution consécutive de l’OTAN qui n’aurait plus de raison d’être pour l’Europe, et positionnement indépendant et ouvert, donc neutre, vis-à-vis des autres acteurs à échelle mondiale.
Délimitation de l’Europe vers l’Est dans les frontières politiques actuelles avec élimination de l’enclave russe de Kaliningrad (ancien Koenigsberg d’Immanuel Kant !!) échangé contre la Krim et le Donbass sur base de consultations populaires controlées par les UN. L’Ukraine ainsi amputée et réorganisée en régions comme l’ ensemble du continent pourrait être intégrée dans l’Union Européenne. La Russie dont la majeure partie se situe géographiquement en Asie pourrait, devrait former, de par cette situation, mais aussi de par sa population, sa culture et son histoire, un trait-d’union entre l’Europe et l’Asie., en bon voisinage entre et avec les deux.
L’Union Européenne ainsi reconstituée devrait être présidée et représentée à l’extérieur par un président, personnage de grande qualité tant culturelle que morale et élu par l’ensemble de la population européenne. Il ou elle représenterait au mieux les valeurs propres à son continent. Comme exemple on peut citer Vaclav Havel, président de la République tchèque de 1995 – 2003.
CONCLUSIONS ET PRONOSTIC
Si l’on met en rapport les mesures préconisées ci-dessus avec l’état actuel et les caractéristiques et dispositions, voire disponibilités des états membres de l’Union Européenne, on doit se résigner au constat amer que leur réalisation reste pratiquement illusoire. Les nations européennes et leur populations endoctrinées et ainsi largement « souverainistes » ne seront guère disposées à dissoudre leurs nations-patries pour transformer le continent dans un tissu de régions, même si, par ci, par là, comme en Pays Basque, en Catalogne ou en Flandres, des tendances d’autonomie régionale vont dans la direction préconisée. Par ailleurs, les crises actuelles qui résultent tant de la pandémie Corona que de la guerre fratricide en Ukraine ont conduit, d’abord, vers une solidarité accrue entre les états membres,orchestrée par les Etats-Unis d’Amérique, tant à l’intérieur de l’OTAN que, à travers les sanctions à l’égard de la Russie, au sein de l’Union Européenne. L’effet, par contrecoup de ces sanctions et les crises énergétiques, économiques et financières qu’elles provoquent profite par contre aux mouvements et partis nationalistes et font ressurgir d’anciennes animosités. Il manque aussi à l’Union Européenne actuelle de vraies personnalités politiques d’envergure qui pourraient amener l’Europe vers l’union et vers l’indépendance et ressusciter un climat de fierté identitaire et un esprit de concurrence qualitative paré d’une volonté de concordance et de coopération mondiale. Espérer un tel changement en profondeur avec de faibles politicie(ne)s tels que Ursula von der Leyen, Olaf Scholz ou Emmanuel Macron est illusoire. Il l’est encore plus avec des perturbateurs comme Jaroslaw Kaczynski en Pologne, ou Victor Orban en Hongrie, le premier ayant ses amis à Washington, le deuxième à Moscou.
Ne reste, hélas, que le pronostic, triste et décourageant que l’Europe sera de plus en plus satellisée par les Etats-Unis d’Amérique qui l’entraîneront dans leur propre déclin. L’actuel approfondissement des problèmes de coopération et de dialogue entre les deux pays dominants, l’Allemagne et la France, sont de très mauvais augure.
Hans Gutscher, Doi Saket, Thailand, le 11 octobre 2022
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