Blog remis à jour et complété en janvier 2024
En dépit d’une certaine solidarité entre les pays membres de l’Union Européenne dans l’application des sanctions économiques envers la Russie dès le début de la Guerre d’Ukraine, cette dernière a finalement fait apparaître et puis renforcé les fissures profondes qui traversent l’Union Européenne et compromettent sérieusement son avenir sous sa forme actuelle. La Guerre d’Ukraine fait en effet apparaître des problèmes importants allant jusqu’aux menaces qui pèsent sur sa cohésion même.
Elle se voit ainsi confrontée au retour prévisible mais apparemment imprévu des sanctions économiques, retour qui prive bon nombre de ses pays membres, notamment l’Allemagne, d’une source énergétique à bon-marché, le gaz russe, et son remplacement par des approvisionnements nettement plus onéreux, tels que le gaz de schiste, provenant des Etats-Unis d’Amérique. Ce problème initial entraîne, outre son impact budgétaire, la mise en évidence des diffférences de politique plus générales, mais autrement plus insidieuses, entre les différents pays membres.
En ce qui concerne l’approvisionnemet énergétique même, il faut tout d’abord relever que sa provenance depuis la Russie, s’il est prohibé et interrompu par la plupart des pays, il continue d’être assuré pour d’autres comme la Hongrie, ou alors il est simplement contourné et ainsi renchéri par le passage à travers de pays tiers, acheteurs et revendeurs, tels que l’Inde ou les Pays du Golfe. D’une façon générale ce problème énergétique montre au grand jour les profondes différences de politque en la matière, notamment entre les deux pays les plus importants, l’Allemagne qui poursuit sa politique de remplacement des énergies fossiles par des énergies renouvelables et la France qui s’appuie sur son important parc de centrales nucléaires.
IL N’Y A DONC MANIFESTEMENT PAS UNE POLITIQUE ENERGETIQUE COMMUNE DANS L’UNION EUROPEENNE.
Ces surcoûts énergétiques allant de pair avec ceux liés aux budgets militaires qui incluent les importantes fournitures d’équipements en armes et en munitions à l’Ukraine, aggravent les déficits des différentes nations et ils ont déjà réduit pratiquement à néant le « pacte de stabilité » budgétaire de 2005.
LA AUSSI, IL Y A LIEU DE RELEVER QU’IL N’Y A PAS DE POLITIQUE FINANCIERE COMMUNE DANS L’UNION EUROPEENNE.
La Guerre d’Ukraine fait, par ailleurs, éclater au grand jour les attitudes différentes entre les pays membres de l’Union Européenne envers la Russie. Si pour les pays de l’Est qui avaient vécu plus de quarante années sous la domination de l’Union Soviétique et qui en ont souffert au point de devenir et de rester des adversaires notoires vis-à-vis de la Russie sous n’importe quelle forme politique que ce pays adopte et adoptera, les pays occidentaux et méditerranéens ont, de par leur histoire d’après guerre différente une position plus détachée et ils gardent plutôt le souvenir du pays qui a en premier libéré l’Europe de la menace national-socialiste et ensuite formé un contrepoids bienvenu contre la domination et l’impérialisme USaméricains.
LA EGALEMENT, NOUS DEVONS CONSTATER QU’IL N’Y A PAS DE POLITIQUE EXTERIEURE COMMUNE DANS L’UNION EUROPEENNE.
Ces trois carences importantes au niveau de la politique générale de l’Union Européenne, mises en évidence et approfondies par les effets de la Guerre d’Ukraine, se profilent sur fond d’une vision contradictoire du projet et ainsi de l’avenir de l’Europe. Si elle doit revêtir pour les uns, et notamment pour l’Allemagne, un caractère fédéral basé sur la confédération des états, soit existants, soit décomposés et recomposés en régions, elle ne pourra consister au contraire pour d’autres pays et notamment pour la France, qu’en la réunion des états-nations actuels, centralisés et autonomes, conférant par subsidiarité et sous strict contrôle certains pouvoirs à l’échelle globale, à une commission subordonnée telle qu’elle existe pratiquement déjà aujour-d’hui.
Ces problèmes vitaux pour l’avenir de l’Europe ne pourront trouver leur solution dans le cadre de l’Union Européenne telle qu’elle se présente sous sa forme actuelle et qui souffre des défaillances siuivantes qui bloquent tant son fonctionnement actuel que son avenir:
- Le rapport population -autorités est perturbé par le fait que le parlement, bien qu’élu par vote populaire, n’a pratiquement qu’un pouvoir décisionnel très limité, les décisions capitales étant prises par les chefs-d’états des pays membres, comme également la commission l’est nommée par ces derniers. Le peuple ne peut ainsi guère se considérer comme valablement représenté par ces instances.
- les décisions importantes doivent être prises à l’unanimité des aujour-d’hui 27 chefs-d’états des pays membres. A n’importe quel moment un seul chef d’état peut ainsi bloquer une décision d’ordre capital pour l’union.
- A moyen ou à long terme, pour se libérer de sa dépendance pesante des Etats-Unis d’Amérique, l’union devra se doter d’une force militaire commune décidée et approuvée par les populations de ses membres, force militaire propre à pouvoir défendre le territoire et ses frontières, mais sans engagemets au-delà de celles-ci. Cette force rendrait l’existence de l’OTAN superflue et cette organisation largement dominée par les Etats-Unis d’Amérique pourrait ainsi être dissoute.
En fin de compte une nouvelle Union Européenne devrait être créée et élaborée sur la base d’une discussion de fond et, comme résultat de celle-ci d’une constitution approuvée et votée par l’ensemble des populations des pays membres.
CE N’EST QUE SUR LA BASE D’UNE TELLE CONSTITUTION QU’UNE IDENTITE FORTE NE POURRA SE CREER A L’INTERIEUR DE LA POPULATION ET PAR LA UNE COMMUNAUTE D’ETATS EFFICACE ET VERITABLEMENT UNIE.
COMPLEMENTS AJOUTES EN JANVIER 2024 :
Force est de constater aujour d’hui qu’à la suite de l’invasion de l’Ukraine par la Russie en 2022 comme cela est déjà développé ci=dessus, les fissures qui s’ouvrent é l’intérieur de l’Union Européenne et qui compromettent à long terme son avenir se sont approfondies et risquent de menacer son existence sous sa forme actuelle. La contreproduction des sanctions exercées à l’envers de la Russie et leur effet négatif sur l’économie et ainsi la prospérité des pays membres de l’UE a et est ressentie par ceux-ci qui adoptent de plus en plus une attitude différente dans cette question à l’image de la Hongrie qui couvre les 80 % de leurs énergies par du gaz russe qui, pour y arriver, traverse l’Ukraine qui, comble de l’histoire, perçoit ainsi les taxes de transit !
Une autre menace pour la cohésion européenne provient, en dépit des protestations contraires de ses initiateurs, Polonais en premier lieu, de l’Iniriative des Trois Mers. Cette initiative lancée par Andrzej Duda, président de la Pologne, en 2015, puis concrétisée en 2016 lors d’un congrès qui réunissait à Dubrovnik les 12 états membres, se propose de créer en complément de l’axe de développement existant Ouest-Est, un nouvel axe complémentaire Nord-Sud à la périphérie orientale de l’UE. Les états membres de l’ITM proposent d’y renforcer les infrastructures et les relations économiques, énergétiques et culturelles entre eux-mêmes et avec l’UE dans son ensemble. La présence de Donald Trump, alors président des Etats-Unis d’Amérique, à la réunion de l’ITM en 2017 à Varsovie et ses propos invitant les états membres de l »ITM à développer leur alimentation énergétique en gaz liquéfié (donc en premier lieu USaméricain !) et à renforcer leur défense militaire par une coopération renforcée, au sein de l’OTAN, avec les Etats-Unis d’Amérique et leur industrie d’armement, montraient clairement la vision de cet axe Nord-Sud comme barrière militaro-économique dressée contre la Russie. La démolition du gazoduc Nord-Stream 2 par les USaméricains ou tout au moins sous leur instigation, en donnait ensuite une parfaite illustration.
Ces évolutions, les sanctions économiques envers la Russie et leur effet contreproductif sur les pays de l’UE, de même que la modification complète et le renchérissement important de l’approvisionnement énergétique du continent ont immédiatement eu comme résultat un appauvrisssement général des populations. Celui-ci se manifeste notamment par la situation économique du pays le plus important de l’UE, l’Allemagne, qui est entrée en récession en 2023 et qui sera probablement suivie par la France.
Un autre problème aux conséquences encore peu prévisibles repose dans le projet d’agrandissement de l’UE par l’accueil à plus ou moins long terme de 8 nouveaux membres: Albanie, Bosnie-Herzegovine, Georgie, Kosovo, Macedoinbe du Nord, Moldavie, Montenegro et Serbie. On discute même de l’entrée de l’Ukraine dans l’union, ou de ce qu’il en restera après l’armistice à venir, donc l’entrée du pays notoirement le plus corrompu d’Europe qui ne saura en effet guère partager nos valeurs politico-sociales et philosophiques. Cet accroissement, au profit, en plus, de pays qui n’ont pratiquement pas eu un passé et, par là, une pratique démocratique, rendra la cohésion de l’UE et son pouvoir décisionnel, surtout s’il reste basé sur le principe de l’unanimité, pratiquement inopérants.
Les prochaines électiosn parlementaires Européennes, agendées pour le mois de juin de l’année en cours, seront révélateurs de l’opinion des populations. Force est de craindre que les problèmes évoqués ci-dessus auxquels il y a lieu d’ajouter ceux provenant d’une immigration accrue et d’une bureaucratie de plus en plus lourde, profiteront aux partis souverainistes de la droite, voire même de l’ultra-droite Européenne.
Dans tous les cas de figure mes conclusions du blog initial d’avril 2023 restent inchangées, mais la réalisations future des recommendations qu’elles contiennent se révèle encore plus illusoire. Le retour à la souveraineté des nations existantes et ainsi le maintien de leurs aniomosités réciproques se montrent de plus en plus probables et ils affaibliront l’Europe sur le plan géopoitique déjà largement domin par la monte en puissance des BRICS.
L’UNION EUROPEENNE, UN BEAU REVE QUI S’APPRETE UNE FOIS DE PLUS A S’EVANOUIR.
Hans Gutscher
Doi Saket, Thailande, le 29.04.2023, complété le 14 janvier 2024
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