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LES DEUX ATTITUDES QUI MENACENT NOTRE MONDE PRINCIPALEMENT: L’ILLUSION DE SURVIE ET LE DIKTAT DE LA CROISSANCE

7 Déc
  1. L’ILLUSION DE SURVIE

Si pour tous les composants de notre environnement, qu’ils soient naturels ou manufacturés, voire simplement conçus par l’humain, nous reconnaissons et admettons leur finitude comme seule vérité incontestable dans notre univers, l’humain, en ce qui concerne sa propre existence et sa base vitale, s’étendant jusqu’y compris souvent même son cadre politique et social, a beaucoup de mal à  l’admettre. Le néant, inimaginable par définition, est difficilement admissible comme fin et aboutissement de sa propre vie. Ainsi l’humain, à travers ses différentes religions s’est imaginé un au-delà comme cadre pour une vie après la mort. Les croyances qui se sont développées sur cette base ont souvent servi et servent encore aux différentes églises ou congrégations et en premier lieu à leurs dirigeants à dominer leurs ouailles et à conditionner leur vie. A ce titre la promesse formulée par la doctrine chrétienne qui prône que « les derniers seront dans l’au-delà les premiers et les premiers les derniers » a certainement atteint le sommet du cynisme et elle a permis à d’innombrables dirigeants, ecclésiastiques, voire même politiques, de dominer et exploiter leurs sujets.

Cette croyance de survie s’étend pour la plupart des humains à leur cadre de vie et à notre planète dans son ensemble. Qui parmi le commun des mortels peut et est prêt à s’imaginer la dissolution de sa patrie, de sa couche sociale ou de l’organisation administrative qui sont les siens et auxquels il s’identifie?

En ce qui concerne cependant l’environnement naturel dans lequel nous vivons, la récente evolution qui de plus en plus et de plus en plus rapidement arrive jusqu’à compromettre la base de toute vie sur terre, elle nous amène à admettre et entrevoir la finitude de toute vie sur la planète et ainsi aussi, mais de façon très abstraite, de la nôtre. Cette échéance probable paraît toutefois aujour-d’hui aussi lointaine que l’écrasante majorité d’entre nous ne se sent pas concernée personnellement et beaucoup se réfugient dans la simple négation des faits alarmants, pourtant vérifiés et analysés par le monde scientifique, pratiquement dans son ensemble.

2. LE DIKTAT DE LA CROISSANCE

La planète Terre dans sa forme géométrique, par sa surface développée, par sa substance et son contenu est limitée et sa qualité de subsistance vitale pour les plantes, pour les animaux et pour les humains qui y vivent, dépend d’un équilibre vulnérable. En contradiction totale à cette vérité pourtant évidente et simple, l’humain s’est soumis, poussé par ailleurs par ses dirigeants tant politiques que religieux et économiques, au dogme de croissance et ce qui est pire, de croissance purement mathématique, donc quantitative, rarement qualitative.

Cette tendance fatidique s’est accentuée depuis l’industrialisation, puis surtout dans des proportions dramatiques depuis le néolibéralisme promu dès les années 1980 par les deux leaders anglosaxons Ronald Reagan et Margaret Thatcher. Tous les résultats, financiers s’entend bien, d’une société commerciale doivent augmenter d’année en année, de même que le PIB de chaque pays. Le rendement de tout collaborateur doit progresser constamment. La vente d’un produit quelconque doit s’inscrire dans une courbe ascendante. Cette tendance va jusqu’au domaine sportif où un athlète est astreint à dépasser ses performances d’une compétition à l’autre. Toute courbe d’évolution inversée dans n’importe quel domaine, est considérée pratiquement comme une déconvenue à corriger au plus vite, voire, sur le plan individuel, à simplement éliminer.

Ainsi ce capital précieux, la Terre, qui nous est confié avec ses produits naturels est exploité au-delà de ses potentialités et nous arrivons aujour-d’hui à consommer les produits annuels que nous pouvons en tirer, comparables aux intérêts sur un capital, de plus en plus tôt dans l’année, actuellement au début du mois d’aôut! Au delà de cette date nous consommons en quelque sorte une part du capital même. N’importe quel capitaliste, et par le système dominant nous le sommes tous, actifs ou passifs, devrait se rendre à l’évidence de l’aberration et du danger existentiel d’une telle situation.

3  CONCLUSION

L’humain d’ aujour-d’hui, enfermé dans ces deux dogmes, pourtant contradictoires, la négation de la finitude de sa propre existence, tant sur le plan individuel que celui de l’espèce, et sa dépendance du diktat de la croissance dans tous les domaines, se rend petit à petit compte de ce dilemme pratiquement insoluble. Pour en sortir, les mesures qui s’imposent paraissent cependant, dans l’état actuel du monde, plutôt irréalisables. Elles peuvent être résumées comme suit:

  • Abandon des croyances fallacieuses qui promettent à l’humain une vie après la mort. Acceptation de la finitude de notre vie et, par là, concentration sur celle-ci et non, comme y sont invités notamment les adeptes des religions chrétienne et musulmane, sur une vie après la mort, fictive et inventée de toutes pièces.
  • Rejet du dogme de la croissance et du consumérisme consécutif qui y est lié. Recherche d’une augmentation qualitative de notre vie , sur les plans culturel et social notamment.
  • Frein de la surpopulation avec toutes ses conséquences désastreuses comme l’appauvrissement, l’insalubrité des quartiers pauvres  avec leurs suites de création de taudis, d’épidemies, d’illétrisme et en général, de la surconsommation liée au nombre.
  • Renforcement des pouvoirs politiques au détriment de ceux de l’économie globalisée et, particulièrement, des grandes multinationales. Rendons à la politique et, par elle, aux populations qu’elle représente, le pouvoir de décision sur la totalité des problèmes à résoudre dans le monde.

 

Hans Gutscher

Doi Saket, le 7 decembre 2019

 

LES MENACES PRINCIPAUX QUE L’HUMANITE DOIT AFFRONTER EN CE DEBUT DE SIECLE

5 Avr

LA SURPOPULATION

Nous commençons là par l’enjeu de loin le plus important qui conditionne en large mesure ceux qui suivent ci-après: la surpopulation. Si l’on considère que le globe avec ses richesses sur terre, sur mers et dans ses sous-sols est limité, il devrait etre évident pour tout un chacun d’entre nous que cette finalité doit trouver son correspondant au niveau de la population sur terre qui ainsi doit être contenue, voire même diminuée du moment que les ressources que le monde produit annuellement sont, depuis quelques années, déjà consommées et absorbées en été.

Nombreux sont ceux qui reprocheront à cet impératif que l’équilibre entre les tranches d’âge parmi la population soit indispensable pour assurer le financement des prestations sociales. Il devient évident que ces dernières devront trouver d’autres sources de financement que celui, actuel, des prélèvements sur la masse salariale. Les solutions existent et elles sont traitées ci-après sous « Justice et cohésion sociale ».

En première priorité la liberté décisionnelle de gérer sa propre vie, tant le contrôle des naissances que son arrêt librement décidé, devra être assurée à chaque individu et ainsi faire partie des droits humains. Aucune entrave à cette liberté ne devra être tolérée, notamment de la part des institutions religieuses dont les représentants devront être interdits de diaboliser toute forme de limitation des naissances et de suicide assisté. Il appartiendra à l’école, non pas d’imposer un comportement ou autre, mais d’informer sur les différentes pratiques et de sensibiliser les élèves et étudiants sur le danger imminent de la surpopulation sur terre et des conséquences désastreuses qui en découleront.

Ailleurs, il appartiendra au monde médical de retrouver ou de redéfinir son éthique professionnelle pour servir en premier lieu le patient et non pas la pure recherche scientifique pour elle-même comme cela est souvent le cas aujour-d’hui. Les pratiquants devront ainsi arrêter de prolonger dans ce dernier but et souvent à l’insu des patients, des vies qui, soyons honnêtes, ne méritent plus cette dénomination même.

CLIMAT ET ENVIRONNEMENT

Le changement climatique dû en grande partie aux activités humaines et à ses conséquences désastreuses pour l’environnement sont largement connus, éprouvés scientifiquement et admis par une large majorité de la population à l’exception de quelques irréductibles dont le nombre va heureusement en diminuant. Il n’y a donc pas à y revenir ici, d’autant plus que cela ne pourrait se faire que sous forme de résumé et de façon peu compétente.

Les formes, l’ampleur et les cadres d’actions dans ce domaine peuvent cependant être discutés et esquissés comme cela est proposé ci-après:

Les grandes conférences planétaires qui se suivent à un rythme de plus en plus rapproché et qui se terminent toujours par des résolutions fortement applaudies mais jamais respectées ne nous  avancent manifestement pas dans cet enjeu vital pour l’avenir même de notre espèce. Les actions, pour être efficaces, devront descendre à une échelle nettement plus réduite et ainsi plus proche des habitants qui, eux-mêmes, se sentiront directement concernés et engagés. Ensuite, par regroupement et coordination de ces foyers régionaux un mouvement planétaire pourra en sortir. Il sera porté par les populations et non plus par des politiciens qui ne pensent finalement, souvent en premier lieu, qu’à leur réélection. Les Etats-Unis d’Amérique donnent ici un bon exemple, avec, d’un côté, une politique environnementale désastreuse au niveau national, mais de l’autre côté, dans ce même domaine, une législation et un comportement individuel et publique des plus stricts dans quelques-uns de ses états, comme notamment la Californie.

Un autre exemple encourageant est donné actuellement par le mouvement des jeunes qui manifestent chaque vendredi dans les rues de bon nombre de grandes villes à travers toute la planète, mouvement initié par l’action en solitaire d’une étudiante suédoise de seize ans d’âge devant le parlement à Stockholm. Pour la naissance et la propagation de tels mouvements les réseaux sociaux jouent et joueront de plus en plus un rôle prédominant.

D’un autre côté il est évident que sur le plan individuel chacun d’entre nous et en premier lieu les plus fortunés, doit et devra s’astreindre à fournir sa contribution personnelle, notamment dans les domaines traités ci-dessous. Dans notre vie de tous les jours la consommation dans laquelle nous nous sommes laissés enfermer doit être substituée par la jouissance librement consentie.

LES MIGRATIONS

Rappelons tout-d’abord qu’à travers l’histoire mondiale il y eut toujours des migrations d’envergure parmi lesquelles plusieures ont donné naissance à de nouvelles cultures et à de nouvelles entités politiques (migrations des tribus germaniques et slaves, migrations arabes et mongoles à travers l’Eurasie, des Bantous en Afrique australe, de même que l’envahissement des deux Amériques par les Européens). Précisons également ici que nous ne parlons pas des vagues de réfugiés politiques, voire victimes de guerres, migrations à caractère temporaire, donc limitées dans le temps. Nous ne nous intéressons ici que des migrations en masse qui s’étalent sur une plus ou moins longue période et qui conduisent normalement à un établissement permanent des émigrés dans leur lieu d’immigration et ainsi, soit à leur integration dans les populations autochtones, soit à l’élimination de ces dernières.

Si aujour-d’hui le monde se présente, suite aux évolutions techniques, comme une unité dans laquelle les distances ont perdu de leur impact et que les populations sont interconnectées, nous disposons de moyens d’influence et d’action pour pouvoir canaliser, voire diminuer ces flux de migration, tant par l’information, afin de contrecarrer les contre-vérités et fausses promesses, que par la création, dans les pays de provenance des migrants, de meilleures conditions d’existence. Cependant la migration de loin la plus importante qui nous attend sera celle provoquée par les changements climatiques et notamment la montée du niveau des océans qui rendra de grandes surfaces de la terre parmi les plus peuplées, tout simplement inhabitables. Cette migration prévisible qui mettra en route des millions de gens à travers le monde demande dès à présent des réflexions intenses et des préparatifs décisifs portant sur un réaménagement futur de la terre, ceci sur le plan tant des cultures des sols que de leurs aménagement urbanistique et de leurs infrastructures. Les mélanges de populations qui en résulteront inévitablement ne devront pas être considérés comme une mence pour notre identité mais plutôt comme le développement de nouvelles formes de cultures de synthese, voire simplement d’apports culturels, et ainsi une chance de renouveau pour l’humanité dans son ensemble. Ils pourront également conduire vers un réaménagement du monde base tant sur les nouvelles conditions climatiques que des connaissances nouvellement acquises dans le domaine de l’écologie.

ALIMENTATION ET SANTE

Ces deux aspects de notre vie quotidienne étant étroitement liés, ils sont traités ci-après ensemble et en interdépendance.Il est notoire que la qualité de l’alimentation a une influence directe sur le développement de bon nombre de maladies, notamment vasculaires, mais également cancereuses et meme démentielles. L’industrialisation de la nourriture, l’introduction d’agents chimiques, soit par le traitement des sols, soit par adjonction directement dans le processus de son conditionnement, sont largement responsables du développement des déséquilibres alimentaires, puis à l’obésité et aux maladies consécutives sus-mentionnées. S’y ajoute, notamment dans les pays occidentaux la surconsommation de graisses, de viandes et d’aliments sucrés. La qualité de la nourriture, son équilibre et son dosage sont donc essentiels pour notre santé et en constituent, associés aux exercices physiques indispensables, les fondements de notre bien-être general.

C’est là, précisément, que notre monde de la santé, médecins, soignants, hôpitaux, mais aussi l’industrie pharmaceutique pèchent par leur préférence, économiquement compréhensible, du traitement des effets plutôt que des causes des maladies. Par ailleurs, on ne peut s’empêcher d’avoir l’impression que dans les grands hopitaux universitaires et dans les laboratoires pharmaceutiques, la médecine est de plus en plus au service de la recherche médicale pure plutôt qu’à celui du patient qui, me dira-t-on, profitera évidemment de ces découvertes que cependant on lui impose plutôt que propose. Le choix entre différents traitements, du plus simple au plus sophistiqué, le choix finalement, en cas de cas grave, entre un prolongement à tout prix et un arrêt consenti de sa vie, devra faire partie partout dans le monde des droits humains élémentaires.

Les assurances maladies devront être modulées en conséquence et permettre à l’assuré de choisir entre des couvertures variées.   Les coûts de la santé, exorbitants dans bon nombre de pays, pourront ainsi être sensiblement diminués, ceci au profit de la communauté mais évidemment à première vue au détriment des profits, financiers ceux-ci, du monde médical et en premier lieu de l’industrie pharmaceutique. Ceux-ci devront retrouver leur noblesse en servant l’être humain en premier avant la recherche pure et onéreuse.

ENSEIGNEMENT ET FORMATION

L’évolution de l’enseignement dans les écoles primaires, professionnelles et universitaires du monde entier conduit de plus en plus, sous la pression et l’ingérence des pouvoirs économiques à former des exécutants techniques et scientifiques plutôt que des citoyens critiques, créatifs et indépendants. Les ressortissants de ces écoles sont intégrés dans un univers économique constamment analysé et révisé par une élite de décideurs qui grâce à l’importance  et à la taille de leurs sociétés arrive à échapper aux contrôles politiques pourtant indispensables.

Afin d’établir l’équilibre entre les sciences dites « humaines », les disciplines philosophiques, artistiques et socio-politiques, d’un côté, et les disciplines purement techniques et scientifiques de l’autrè, il sera indispensable de redonner aux premières la place qui leur revient dans la formation souhaitable d’individus, techniquement et scientifiquement qualifiés certes, mais également cultivés, créatifs et critiques et ainsi socialement et politiquement intégrés et engagés. Dans cet objectif il faudra donc surtout empêcher le financement d’universités par des sociétés privées qui en toute logique auront tendance à orienter l’enseignement vers leurs profit et intérêt. Là, comme ailleurs, le politique devra reprendre le dessus sur le purement économique, l’intérêt publique sur celui d’une minorité économiquement puissante.

LIBERTES INDIVIDUELLES

Celles-ci portant tant sur les convictions intimes et strictement personnelles que sur l’adhérence à des croyances ou idéologies de tous horizons, elles devraient être garanties et respectées dans le cadre de leur affichage et propagation sous condition du respect essentiel du principe que toute tolérance doit impérativement s’arrêter vis-à-vis de tout individu ou communauté qui prône l’intolérance.

Les libertés individuelles essentielles devront être assurées, là où ce n’est pas ou pas encore le cas, par des lois correspondantes, puis défendues dans ce cadre législatif, par les organes de surveillance et d’appel nécessaires. Chaque individu sur cette terre devrait être défendu contre des contraintes d’origine tant religieuse que doctrinaire, voire même familiale. Il est cependant évident que ces libertés doivent s’inscrire dans un cadre constitutionnel consenti ou voté par une majorité de la population et qu’elles y trouveront leur limites et, en corrélation, les devoirs et engagements à respecter par un chacun vis-à-vis de la société.

GESTION ET REPARTITION DES ,RICHESSES

Le monde de l’économie présente aujour-d’hui des déséquilibres inquiétants au niveau de la répartition des richesses entre les différents états, mais également entre les revenus individuels au sein des entreprises et sociétés privées mais aussi, dans une moindre mesure, publiques. S’il n’est pas admissible que les pays riches, producteurs principalement de services et de hautes technologies, en retirent des revenus nationaux qui représentent un multiple de ceux des pays pauvres aux simples richesses naturelles et agricoles, il n’est pas admissible non plus, qu’à l’intérieur d’une même entreprise ou société les revenus des quelques dirigeants représentent jusqu’à un centuple, voire même plus, des basses salaires de cette même société.Il est urgent que dans les deux cas des règlements internationaux et une politique globale soit établis et respectés, ceci dans le but d’amoindrir ces différences flagrantes et d’arriver, voire de rétablir un meilleur équilibre à travers le monde jusqu’à l’intérieur même des grandes entreprises et sociétés. Dans le premier cas, la répartition des richesses entre pays, si à l’intérieur de plusieurs d’entr’eux des fonds de solidarité existent entre les différentes régions, tel devrait pouvoir être introduit à l’échelle globale, entre pays riches et pays pauvres (à l’exemple de l’Union Européenne qui pratique déjà ce type de fond de solidarité). En ce qui concerne les différences de revenus et de salaires à l’intérieur des entreprises multinationales des règles ayant force de lois devront limiter l’écart maximal entre  les revenus du haut et du bas de l’échelle.

Dans l’ensemble il sera urgent que les pouvoirs politiques, expression des peuples souverains, reprennent le dessus sur les pouvoirs économiques détenus par une élite peu nombreuse mais démesurément puissante.

GOUVERNANCE POLITICO-ECONOMIQUE

Si aujour-d’hui nous devons constater partout une aliénation grandissante entre gouvernants et populations, celle-ci résulte en général du développement d’administrations surdimensionnées qui, déconnectées des peuples, agissent dans des vases clos et imperméables. Il n’y a guère que les lobbies des grandes sociétés multinationales qui cherchent et qui réussissent souvent à les influencer, voire même dans de rares cas, les dominer. Il en est de même, sinon de façon plus inquiétante encore, en ce qui concerne les gouvernants qui, nommés pour une période limitée, sont dépendants autant de leur administrations en place que de la pression des lobbies multinationales.

Ailleurs, dans l’organisation internationale du monde d’aujour-d’hui, telle qu’elle résulte de l’évolution historique à travers les siècles, force est de constater un déséquilibre flagrant entre des entités politiques de tailles extrêmement différentes qui se traduisent forcément par des tentations de domination de petits états par les superpuissances, voire des tentatives de division, par ces dernières, entre des états regroupés dans des communautés telle que l’Union Européenne. Cette mise à profit de divisions existantes à entretenir ou à développer entre petites nations est également pratiquée par les grandes sociétés multinationales qui, dans leurs actions ne trouvent des contrepoids politiques qu’au niveau des superpuissances.

Nous nous trouvons donc confrontés à deux phénomènes inquiétants: l’aliénation des populations vis-à-vis de leurs instances dirigeantes et administratives et le déséquilibre tant entre les divers états à tailles différentes qu’entre la plupart de ceux-ci et les grandes sociétés multinationales. La réponse à ces deux aspects doit être différenciée à l’extrême, par des mesures à première vue contradictoires, mais en fin de compte complémentaires et prometteuses pour l’avenir.

L’aliénation des populations appelle un rapprochement de ces dernières à ses dirigeants et à ses administrations. Le remède est de ce fait à rechercher dans des structures politiques de petite échelle auxquelles chaque citoyen en s’y reconnaissant peut adhérer. Les déséquilibres entre les nations et l’impuissance de la plupart d’entr’elles vis-à-vis des grandes sociétés multinationales appelle de son côté au regroupement local des petites entités politiques, régions ou agglomérations urbaines, dans des communautés d’états subordonnées, dotées des pouvoirs nécessaires par délégation, ceci dans le but d’organiser le monde de demain dans des ensembles politiques de la taille des superpuissances actuelles que sont les Etats-Unis d’Amérique, la Chine, la Russie et l’Inde. Ce regroupement permettra la suprématie du politique sur l’économique et ainsi le contrôle de ce dernier au profit des populations du monde.

JUSTICE ET COHESION SOCIALE

Si le principe d’entr’aide sociale et les institutions créées de longue date et après d’âpres luttes dans ce domaine sont dans leur principe indiscutables, leur financement devient de plus en plus précaire. Financées principalement par des prélèvements opérés sur les salaires et autres revenus du travail, le financement des prestations sociales, assurances, rentes et allocations, souffre petit à petit de la diminution des masses salariales due d’une part au vieillissement général des populations et d’autre part de la robotisation en cours d’une part importante du travail. Des économistes ont calculé et avancé un nouveau mode de financement des prestations sociales, non plus par prélèvement sur les revenus du travail mais sur les transferts et autres opérations financières. L’importance de celles-ci est largement tributaire de l’évolution démographique et touche à plus ou moins grande envergure l’ensemble de la population. Ainsi ce mode de prélèvement empêcherait de créer des tensions, autrement prévisibles, entre les jeunes générations payeurs, de moins en moins nombreuses, et les personnes âgées, bénéficiaires des rentes, elles par contre, de plus en plus nombreuses.

Une autre disposition en discussion, expérimenté récemment en Finlande, consiste à introduire un revenu généralisé fixe qui remplacerait une bonne partie des prestations sociales minimales comme rentes vieillesse, allocations chômage ou perte de gain, et elle permettrait ainsi de reduire sensiblement les frais administratives y afférentes. Le financement de ce revenu de base remplaçant bon nombre de prestations sociales ferait logiquement partie de celui de ces dernières.

CONCLUSION

Pour tous ces problèmes qui hantent le monde d’aujour-d’hui, tels qu’ils sont énoncés et traités dans ce chapitre de mon blog, il y a dans les réponses esquissées ci-dessus, quelques principes fondamentaux qui se dégagent et qui sont résumés comme suit:

ECHELLE ET PROPORTIONS: réagir tant à petite échelle, par rapprochement, qu’à grande échelle, par regroupement.

EQUILIBRE ET EGALITE: éliminer ou au moins adoucir les grandes déséquilibres et différences qui caractérisent le monde actuel.

POLITIQUE ET ECONOMIQUE: assurer voire même redonner la préséance du politique sur l’économique, sortir du diktat des multinationales

HUMAINS ET NATURE: comprendre que le premier fait partie intégrante de la deuxième et que les deux sont réciproquement conditionnés par leur propre finalité.

INDIVIDUS ET SOCIETE: élargir les libertés humaines dans le cadre de la société, mais en y ajoutant le droit de disposer en entier de sa propre vie, de sa gestion et de sa fin.

Que les énoncés et les propos de ce chapitre puissent servir de très modeste apport aux réflexions des quelques lecteurs et au delà. Qu’ils temoignent de l’inquiétude, cependant sans découragement, de son auteur.

 

Chiang Mai, 05.04.2019 , Hans Gutscher

 

 

 

 

 

L’ETAT DE L’EUROPE EN CE DEBUT D’ANNEE 2019: ESSAI D’UN INVENTAIRE

2 Fév

Quand en ce début d’année nous nous penchons sur l’état du vieux continent nous y découvrons des signes de désaccords,  de fissurations et de déséquilibres inquiétants entre les différents pays, comme même à l’int3rieur de certains d’entr’eux. Pourtant, sur le plan mondial, l’Union Européenne représente une puissance économique à niveau égal avec celles de la Chine ou des Etats-unis d’Amérique. Par contre, celle-ci ne trouve pas son équivalent sur les plans politique et militaire ce qui affaiblit le poids de l’Europe dans le contexte mondial. Si nous regardons maintenant de plus près les différents aspects de cette situation nous pouvons les distinguer et préciser comme suit:

I.  DISPARITES HISTORIQUES ET CULTURELLES ET EN CONSEQUENCE IDENTITES POLITIQUES DIFFERENTES ENTRE LES PAYS EUROPEENS:

Sous ce premier aspect, dont les suivants sont quelque peu consecutifs, nous distinguons grosso modo trois groupes de pays, voire régions, à savoir:

  • A:  les pays du centre de l’Europe qui correspondent à peu de différences près à l’étendue de l’ancien Saint-Empire avec ses états autonomes, avec ses villes libres et ses différentes formes de gouvernance, d’où de vieilles traditions d’autogestion locale et de fédéralisme consécutif. Nous mettons dans ce groupe les pays suivants: Pays-Bas, Belgique, Luxembourg, Allemagne ( avec des réserves concernant sa partie orientale qui avait subi l’influence de l’absolutisme prussien, puis du communisme), Suisse, Autriche, Tchéquie (l’ancienne Bohème) et le Nord de l’Italie (jusqu’à la barriere formée par les anciens Etats Pontificaux qui avait coupé l’Italie en deux parties). Nous y ajoutons les Pays Scandinaves et Baltes (à l’exception  de la Lituanie) avec, pour les premiers, leurs vieilles traditions de stortings ( « thing » = instance législative et judiciaire, assemblée des hommes libres), et pour les deuxièmes, leur appartenance à la Hanse Teutonique avec sa tradition de villes libres du Saint-Empire.
  • B.  les pays de l’Europe occidentale, anciennes monarchies absolutistes, puis parlementaires, restés cependant dans leurs structures politiques et dans les rapports de leurs citoyens vis-à-vis de l’état centralistes et autoritaires. Nous trouvons dans ce groupe la France, l’Italie du Sud (il Mezzogiorno, ancien royaume des Deux-Siciles), l’Espagne, et le Portugal.
  • C:  Les pays de l’Europe orientale, anciennes monarchies ou principautés, pour leur plupart autrefois sous tutelle des grands empires autoritaires de la Turquie Ottomane, de la Russie Tsariste ou de l’Autriche, puis Autriche-Hongrie des Habsbourg. Comme pour le deuxième groupe, mais de façon plus prononcée, tradition de la centralisation du pouvoir et pratiquement absence totale d’expériences d’autogestion locale. Nous y trouvons la Lituanie, la Pologne, la Slovaquie, la Roumanie, la Bulgarie, l’Albanie, la Grèce et les pays de l’ancienne Yougoslavie.
  • D:  Un cas à part est représenté par la Grande-Bretagne, la plus ancienne monarchie constitutionnelle que nous plaçons, par ses traditions parlementaires d’une part, mais de par son attachement à la monarchie d’autre part, entre les groupes A et B.

En résumée et en référence à l’excellente analyse présentée par Alain Peyrefitte dans son livre « Le Mal Français », nous pouvons principalement distinguer, d’une part les pays construits depuis la cellule de base, la communauté locale, vers le haut, vers le gouvernement, ceci à l’image des antiques républiques grecques et des paroisses protestantes luthériennes et calvinistes, et souvent dans un esprit fédéraliste, puis, d’autre part, les pays gérés depuis le haut, depuis la tête de l’état, vers le bas, les communes et les citoyens, ceci à l’image du Vatican, voire des autocraties orientales, et dans un esprit centralisateur.

Nous assistons ainsi, au sein de l’Europe et de son union à la confrontation de deux visions politiques diamétralement opposées, l’une conçue du bas vers le haut, l’autre du haut vers le bas, et ainsi, implicitement, à la confrontation entre fédéralisme et centralisme.

II.  DIVERGENCES ENTRE LES POLITIQUES ECONOMIQUES ET FINANCIERES PRATIQUEES PAR LES DIFFERENTS PAYS.

Ces divergences reflètent grosso modo celles du chapitre précédent dont elles constituent en quelque sorte le résultat dans le domaine économique et financier. Ainsi, si les pays du centre et du nord de l’Europe s’imposent une certaine discipline issue de la tradition de responsabilisation de chaque citoyen vis-à-vis de l’état, ceux du sud et de l’est de l’Europe poursuivent une politique déficitaire d’endettement public en suivant une tradition séculaire et conforme à l’attitude de leurs citoyens, habitués à attendre de la part de leurs gouvernements une assistance maximale tout en ne leur concédant qu’une contribution minimale.

La crise grecque de ces dernières années, autant que les déséquilibres budgétaires de certains pays, notamment de la France et de l’Italie, en présentent une illustration quasi parfaite. A ces différences endogènes s’ajoute une compétition malsaine entre certains états qui cherchent, par le biais d’avantages fiscaux, d’attirer des fortunes importantes sur leur sol et de fausser ainsi une harmonie fiscale qui un jour devrait règner, au profit des regions et des citoyens, à travers toute l’Europe. Dans cette compétition malheureuse trois pays se distinguent par leurs avantages fiscaux accordés tant à des sociétés qu’à des particuliers: la Suisse, la Grande-Bretagne et le Luxembourg, auxquels pays s’ajoutent quelque petits états comme Malte, Chypre, Monaco et le Liechtenstein.

III:  DIFFERENCES DE TAILLE ET CONSECUTIVEMENT DE POIDS POLITIQUE ENTRE LES PAYS EUROPEENS.

Entre le pays le plus peuplé de l’Europe, l’Allemagne avec ses plus de 80 millions d’habitants, et un petit pays insulaire comme Malte avec même pas un demi-million, les différences de taille sont considérables et se traduisent en toute logique par des poids économiques et politiques correspondants, différences que le tournus semestriel à la présidence de l’UE n’arrive certes pas à attenuer. Comme résultat de ce déséquilibre nous assistons à l’intérieur de l’UE à une prédominance des grands pays et notamment de l’Allemagne et de la France, qui souvent, à eux seuls, préparent des orientations et décisions politiques que les autres pays ne peuvent guère qu’amender et ensuite entériner. A ce déséquilibre s’ajoute, pour les anciens empires coloniaux de la Grande-Bretagne et de la France, la nostalgie de leur puissance passée et l’illusion de jouer encore, à l’échelle mondiale, un role correspondant qu’elles trouvent confirme dans leur appartenance surannée de membres permanents du Conseil de Sécurite de l’ONU.

IV:  ALIENATION ENTRE LES PEUPLES ET LES DIRIGEANTS DE L’UE.

Il est évident que dans le cadre de l’UE la population, dans son ensemble et à travers ses frontières nationales, ne se reconnaît guère dans sa représentation, un parlement dont le pouvoir décisionnel est compromis par celui conféré aux réunions des premiers-ministres, voire président (pour la France) nationaux qui prennent effectivement les décisions importantes en dernier ressort. Il en est de même, sinon encore à plus forte raison, pour ce qui concerne le « gouvernement » européen, la Commission dont les membres sont nommés de nouveau par les chefs des états nationaux. Force est ainsi de constater que l’Europe, en dépit de son unification, est toujours gérée plutôt que réellement conduite par ces derniers. De ce fait pour les populations l’appartenance de chacune à sa nation prime sur celle à l’UE dont, par ailleurs, chaque état, voire même un chacun, ne cherche qu’à tirer profit de ses avantages économiques. Il n’est pas étonnant que dans cet état des choses, les partis nationalistes de bon nombre de pays tirent leur épingle du jeu en grossissant les problèmes de l’UE au détriment des avantages, principalement économiques qui profitent par ailleurs en premier lieu aux pays de l’Est Européen dans lesquels, pour certains, les partis nationalistes prennent une importance de plus en plus accrue.

La centralisation non pas du pouvoir politique laissé entre les mains des dirigeants nationaux, mais de l’administration surdimensionnée avec son siège centralisé à Bruxelles augmente encore le clivage et l’aliénation croissante entre dirigeants et populations.

V:  FISSURATIONS ENTRE LES PAYS MEMBRES ET A L’INTERIEUR MEME DE CERTAINS D’ENTR’EUX.

Plusieurs évènements de ces dernières années ont fait apparaître des différences d’attitude générale et de politique tant entre des nations qu’à l’intérieur de certains d’entr’eux.

Il faut ici citer en premier lieu les problèmes liés à l’immigration, provenant principalement sous forme d’émigration économique depuis le continent africain, et, dans une mesure plus temporaire sous forme de fuite de foyers conflits locaux, notamment depuis la Syrie et l’Afghanistan. La politique de frontières ouvertes conçue et mise en exercice sans consultation des partenaires par la chancellière allemande en 2015, de même que l’abandon en quelque sorte, des principaux pays d’accueil, l’Italie, la Grèce et l’Espagne, par leurs partenaires européens, et la notamment les pays de l’est, ont créé des fissures profondes entre les pays membres de l’UE. Les partis populistes et nationalistes de l’extrême droite n’ont pas manqué de s’y engouffrer et d’en tirer profit. Ceci a conduit à des succès électoraux et une prise de pouvoir, voire participation au gouvernement de ces partis souverainistes et ainsi nationalistes et opposés à l’unification du continent, dans plusieurs pays, parmi lesquels l’Italie émerge par son poids démographique et économique.

D’autres évènements ont secoué et secouent encore, par ci, par là, l’unité même de certains pays et en premier lieu le BREXIT dont l’issue reste encore aujour-d’hui incertaine et qui risque meme de compromettre la cohésion de la Grande-Bretagne, avec une Ecosse très majoritairement proeuropéenne et une Irlande du Nord craignant le rétablissement d’une frontière vis-à-vis de la République de l’Irlande et ainsi le recrudescence des animosités entre les deux états.

Ailleurs, des mouvements séparatistes actifs ou larvés, mènent leur combat pour une autonomie de la région qu’ils représentent à l’intérieur de la nation à laquelle elles appartient, voire même à la séparation de celle-ci. L’exemple actuel le plus significatif est certainement celui de la Catalogne, mais des tendances comparables et prêts à refaire surface peuvent être aperçues dans les Flandres, en Pays Basque, en Haute-Adige, en Transsylvanie et ailleurs.

On doit constater et regretter que des fissures parcourent partout le vieux continent et compromettent sa cohésion et son unification. Elles sont de nature tant économiques qu’éthiques, historiques et, par là meme identitaires.

COMMENT SORTIR L’EUROPE DE CETTE IMPASSE ET LUI PREPARER UN AVENIR PLUS PROMETTEUR ?

En résumée des points de divergences énoncées ci-dessus, nous constatons que le continent et en particulier son unification se trouvent confrontés à une crise profonde au point que cette dernière paraît même compromise.

Il y a cependant, par ci, par là, des signes encourageants qui nous confortent dans la conviction qu’une majorite croissante de la population se rend de plus en plus compte des avantages que leur pays, et par là eux-mêmes, tirent de l’unification européenne. De plus en plus de citoyens européens et particulièrement dans les pays de l’est, se rendent à l’évidence que seule une Europe unie saura s’opposer aux menaces extérieures, représentées tant à ses frontières orientales par une Russie annexionniste qu’au sud et à l’est par un Islam intégriste et combatif, mais aussi par la pression démographique et économique de l’Afrique.

D’autres signes encourageants se manifestent dans un cadre régional par les coopérations de plus en plus actives qui transgressent les frontières entre nations et qui trouvent une identité régionale afin de répondre aux problèmes transfrontaliers de tous les jours. Le nouveau pacte d’amitié signé récemment à Aix-la-Chapelle entre l’Allemagne et la France en donne une illustration concluante avec la coopération accrue entre les régions frontalières, de l’Alsace à la Champagne-Ardenne en France, et du Bade-Wuerttemberg à la Sarre et au Palatinat-Rhénanie en Allemagne. C’est precisément à ce niveau qu’il y a lieu d’entamer la refonte nécessaire de l’Union Européenne. Il faut retrouver et redéfinir les unités régionales locales à l’interieur desquelles les habitants trouvent une identification réelle basée sur des données tant historiques et culturelles qu’économiques et environnementales. Il y aura ainsi lieu de créer des ensembles politiques à taille réduite qui permettent une gestion véritablement démocratique et qui, petit à petit, briseront les frontières nationales que l’histoire purement militaire et conflictuelle nous a léguées et qui nous libèrent ainsi des nations arbitraires qui en résultèrent. (cit. Albert Jacquard: « Les frontières ne sont que les cicatrices de l’histoire »). Sensiblement comparables en taille et en importance, ces régions, confrontées aux enjeux mondiaux, se rendront cependant compte qu’elles devront déléguer une part de leur souverainete à un pouvoir central sorti de leur sein, un pouvoir fort, soutenu par la population et ainsi muni des pouvoirs politiques et militaires nécessaires pour pouvoir faire face, à l’extérieur, aux grandes puissances et aux grandes sociétés globales, et à l’intérieur, aux partis nationalistes et souverainistes tant de droite que de gauche.

Le parcours que l’Europe devra suivre pour trouver la position conforme à sa taille et son importance démographique, économique et historique-culturelle à l’interieur du concert mondial me paraît ainsi clairement tracé: abandon des nations – création des régions – par délégation, formation d’un pouvoir central limité au relations extérieures – et à tous les niveaux: instauration d’une vraie démocratie, basée sur la discussion et le consensus, mais protégée contre les démagogues et populistes.

Mais la grande question assombrit l’image: EN AVONS NOUS ENCORE LE TEMPS ???

 

Hans Gutscher, Doi Saket, 02.02.2019

LA SARRAZ : UN CHATEAU AU MILIEU DU MONDE ET SON AVENIR POSSIBLE

28 Jan

 

 L’identité de chaque bâtiment ancien résulte autant de son évolution tout au long de son histoire que, tout d’abord, de son environnement naturel et construit, de l’esprit du lieu, son genius loci. Tel est particulièrement le cas en ce qui concerne le Château de La Sarraz. Erigé sur le piton rocheux qui crée une articulation topographique entre le massif du Mauremont et les contreforts du Jura et qui marque par sa présence le passage étriqué de la route ancestrale qui mène des bords du Léman à travers le Jura vers la France, sa construction débuta au milieu du XIème siècle par une enceinte fortifiée à caractère purement militaire. Successivement, durant plusieurs siècles, divers corps de logis avaient été construits à l’intérieur de cette enceinte pour aboutir, lors du chantier de reconstruction au milieu du XVIème siècle à la configuration actuelle du monument. La fortification militaire d’origine s’était ainsi transformée en une demeure seigneuriale habitée jusqu’en 1948 par la même famille avec ses différentes branches successives.

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Fermé par des murs massifs et opaques du côté nord-est, le château s’ouvre, sur son flanc opposé, sur son parc qui s’étale, par paliers successifs, en direction du sud vers le bourg du même nom situé en contrebas. La vision du château depuis les diverses routes qui y mènent traduit cette opposition d’apparence. Si d’un côté, en venant de Cossonay on découvre depuis le haut plateau qui descend vers la Venoge l’entier du complexe bâti qui domine le site par sa masse horizontale lourde de la quelle se détachent ses deux tours élancées, celles-ci ne se dévoilent, par surprise, qu’après le dernier virage lorsqu’on vient depuis Eclépens. Image attirant et accueillant, voire surprenant, pour le voyageur venant ainsi depuis le sud, le château présente au voyageur venant de Pompaples son aspect fermé et repoussant d’ancienne forteresse dont les murs prolongent visuellement les parois rocheuses du site. Cette dichotomie d’aspect reprend et renforce celle du lieu même et confère à ce château, érigé à cet endroit si particulier, un impact et un rayonnement correspondants. Situé sur la ligne de partage des eaux entre les bassins versants du Rhin au nord et du Rhone au sud et surplombant la route cantonale vers Vallorbe, le Château de La Sarraz marque par sa silhouette imposante et ses deux flèches verticales ce lieu dit „ Le Milieu du Monde“.

Renforçant cette différence d’aspect et aboutissant ainsi à l’image du château que nous lui connaissons aujour-d’hui, celui-ci fut ouvert sur son parc lors d’un dernier grand chantier de travaux de transformations au début du XIXème siècle. Ceux-ci apportèrent la démolition du mur d’enceinte qui avait fermé, d’ici là, sa cour intérieure du côté du parc, de même que celle de la barbacane qui avait jadis protégé l’entrée du château. L’évolution de la résidence seigneuriale avait ainsi suivi, par des transformations et réaménagements intérieurs, celle générale, sociale et politique, des époques parcourues. Les derniers travaux évoqués ci-dessus, avaient libéré le château de ses fortifications devenues obsolètes par l’évolution technique de l’époque qui voyait en même temps un peu partout en Europe la suppression des enceintes des villes. De tout temps cependant, la distribution des différentes surfaces s’était toujours inscrite dans les propriétés du lieu, avec la disposition des pièces intimes d’habitat du côté protégé des versants nord et est, tandis que les pièces d’apparât et les vestibules d‘accès donnaient sur la cour intérieure et plus tard directement, à travers celle-ci, sur le parc du château.

Ce n’est cependant que sous son occupation par les derniers châtelains, et notamment, après le décès de son époux, Henri de Mandrot en 1920, par Hélène de Mandrot, que le Château de La Sarraz  devint un pôle d’attraction internationale par la création de ce qui fut appelée la „Maison des Artistes“, lieu de séjours et de rencontres d’artistes et d’intellectuels dans l’enceinte du château. Celui-ci, par les activités de Hélène de Mandrot, avait trouvé, à l’intérieur de ses murs ancestrales et sur ce site si particulier, un rayonnement véritablement conforme à cet endroit qui se veut „Le Milieu du Monde“. Le nombre d’hôtes illustres que Hélène de Mandrot accueillait dès 1922, année de fondation de cette institution, jusqu’à l’éclatement de la Deuxième Guerre Mondiale, est impressionnant et comprend bon nombre de représentants éminents du monde de l’architecture, des arts, de la littérature et du cinéma de la période de l’Entre Deux Guerres. A titre d’illustration, ne citons ici que quelques exemples parmi tant d’autres: Alvar Aalto, Hans Arp, Max Bill, Serguei Eisenstein, Max Ernst, Lionel Feininger, Le Corbusier, Andre Lurçat, Laszlo Moholy-Nagy et Oskar Schlemmer. Ces séjours, réunions et rencontres culminèrent en 1928 par l’organisation du congrès préparatoire à celui des CIAM (Congrès International de l’Architecture Moderne), puis en 1929 du CICI (Congrès International du Cinéma). Après les années 1930 lors desquelles le Château de La Sarraz avait souvent servi de refuge culturel et de lieu de rencontres à plusieurs artistes et intellectuels persécutés par les régimes totalitaires de leur pays d’origine, le début de la Deuxième Guerre Mondiale avait pratiquement mis un terme aux activites de la Maison des Artistes et le château fut réquisitionné par l’armée suisse. Dès 1946, souffrant pourtant déjà d’une santé défaillante, Hélène de Mandrot essaya de reprendre ses activités qui s’arrêtèrent définitivement, deux ans après, lorsqu’elle décéda en 1948 dans sa propriété dans le Midi de la France.

Sous une nouvelle direction la Maison des Artistes continuait ensuite durant près de trente ans l’organisation d’expositions et de rencontres culturelles, en renonçant cependant pour des raisons évidentes au maintien de séjours d’artistes sur place. La suppression de cet élément vital et presqu‘identitaire de la Maison des Artistes se fit toutefois cruellement ressentir et conduisit finalement au quasi abandon de toute cette activité culturelle. Celle-ci, depuis la fin des années 1970, est pratiquement réduite au maintien du Musée Romand, aux collections certes précieuses et importantes, mais dont l’exploitation et le fonctionnement ne sont que péniblement financés par les recettes de location de divers salles amenagées dans ce but, puis le soutien des autorités tant locales que cantonales et fédérales. Restauré et conservé durant les années 1987- 1999, dans le cadre d’une opération d‘ envergure qui fut financée par la vente de terrains en dehors de l’enceinte du château et par des subventions généreuses, le Château de La Sarraz se réaffirme, depuis, dans son architecture puissante  qui prolonge et dépasse celle donnée par la nature sur ce piton rocheux, situé sur la ligne de partage des eaux, ce „Milieu du Monde“.

Si aujour-d’hui on veut redonner au Château de La Sarraz une nouvelle vie et lui rendre, pour le présent et pour l’avenir, son rayonnement d’antan, il y a lieu de s’inspirer des leçons qu’on peut tirer de cette époque glorieuse qui, du vivant de Hélène de Mandrot, fut celle de la Maison des Artistes. Après les expériences des tentatives de son maintien après 1948 et son déclin, puis celui consécutif du Musée Romand, il parait evident que la création d’un équipement d’hébergement et le réaménagement moderne des salles de réunions existantes représente l’élément décisif qui fait defaut pour attirer une nouvelle activité culturelle et sociale à l’image de celle de la Maison des Artistes. Or, la configuration du site qui est délimité au sud, aux confins du parc, par des terrains en contrebas formant deux paliers successifs, se prêterait sans trop de difficultés à y construire un hôtel d’environs une trentaine de chambres. Cette nouvelle construction serait adossée au mur de soutènement du jardin avec extension de ce dernier sur sa toiture terrasse. Les bâtiments annexes existants, Majorat et Orangerie, feraient partie intégrante de cet hôtel et abriteraient le restaurant et les locaux de réception avec un bar-lounge dans les combles de l’Orangerie qui sont directement accessibles depuis le parc du château. Des suites particulières seraient aménagées dans les étages et les combles du Majorat et pourraient ainsi varier et compléter l’offre d’hébergement. Du côté du château même, outre le réaménagement des salles de location et la modernisation éventuelle des expositions du Musée Romand, la grange devrait être transformée pour y permettre, en complément aux collections permanentes du musée, l’organisation d’expositions temporaires thématiques à rayonnement international, liées de près ou de loin au prestigieux passé de la Maison des Artistes.

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Résultant de ces réamenagements et équipements complémentaires, l’attraction accrue, voire retrouvée, du Château de La Sarraz entrainerait, à ne pas douter, les recettes financières nécessaires pour assurer et maintenir son prestige et son rôle retrouvé, mais réadapté et redefini, de lieu de rencontres et de séminaires culturelles et socio-économiques. Celui-ci, s’inscrivant dans cet environnement naturel et construit si particulier avec son passé historique riche en évènements et péripéties, en s’appuyant et en quelque sorte prolongeant son histoire récente, serait à même de redonner au Château de La Sarraz son rayonnement au „Milieu du Monde“ et ainsi répondre au Genius Loci de l’endroit.

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Hans Gutscher , architecte

DES CONFLITS ENTRE LE MONDE INSTITUTIONNEL ET LA REALITE

10 Nov

1. SUR LE PLAN DE LA POLITIQUE MONDIALE

Depuis les premières guerres à étendue continentale puis mondiale, les puissances victorieuses, avec ou sans le concours des perdants, ont essayé d’établir un nouvel ordre et de nouvelles institutions politiques auxquelles elles pensaient en vain pouvoir donner un caractère et une valeur quasi de pérennité.

Le premier exemple dans l’histoire est certainement représenté par les Traités de Westphalie qui, en 1648, terminèrent la Guerre de Trente Ans, première confrontation à échelle continentale européenne. Ces traités aboutirent à une réorganisation de l’Europe de l’époque.

Ces acquis étaient dès le milieu du XIIIe siècle sensiblement modifiés suite à la Guerre de Sept Ans , puis surtout la Révolution Française et les Guerres Napoléoniennes successives. Cette période révolutionnaire déboucha à la fin des guerres et suite à l’écroulement de l’Empire de Napoléon Ier, au Congrès de Vienne qui en 1815 aboutit à une réorganisation de l’Europe sous la domination des cinq puissances principales, les monarchies absolutistes de la Russie, de la Prusse et de l’Autriche, dans sa partie orientale, et des deux monarchies parlementaires et constitutionnelles de la Grande-Bretagne et de la France, dans sa partie occidentale. Cet ordre perdurait, en dépit de révolutions successives durant tout le XIXe et le tout début du XXe siècles. Il a cependant vu, dans la deuxième moitié du XIXe siècle l’avènement de nouveaux acteurs importants, l’Italie libérée et réunifiée et l’Empire allemand sous dominatin prussienne.

Les Traités de Versailles, de St. Germain-en-Laye et de Sèvres, mirent fin ensuite en 1919/20 à la Première Guerre Mondiale et aux grands empires de l’Europe orientale, de la Russie et de l’Allemagne, ainsi qu’au démembrement de celui de l’Autriche-Hongrie. Dans le but de gérer en quelque sorte la politique mondiale et ainsi de prévenir de futurs conflits, la Société des Nations avec siège à Genève, fut fondée en 1919. Dès le début de sa création, son action fut cependant compromise par l’absence, en son sein, de grandes nations, parmi lesquelles notamment l’Union Soviétique et les Etats-Unis d’Amérique. Sa faible efficience, la dureté des conditions de paix imposées aux belligérants perdants, puis surtout la crise économique mondiale de 1929/30 conduirent à la naissance de mouvements nationalistes, voire fascistes, puis à la Deuxième Guerre Mondiale.

A la fin de cette dernière, en 1945, une nouvelle tentative de créer un organe politique à échelle mondiale fut lancée à San Francisco sous la direction des nations victorieuses, par la création des Nations Unies sous les instances et règlements desquelles nous vivons toujours encore au jour-d’hui. Si leurs activités, et encore plus celles de ses commissions, ont été et restent souvent bénéfiques et qu’elles ont notamment jusqu’à ce jour empêché toute confrontation, probablement suicidaire, entre les superpuissances nucléaires, les Nations Unies souffrent au jour-d’hui du fait de leur inertie institutionnelle. Ses institutions basées sur l’état du monde en 1945 sont le reflet de la situation à la fin de la Deuxième Guerre Mondiale. Le conflit avec la réalite politique actuelle se manifeste surtout au niveau du Conseil de Sécurité, organe décisionnel principal de l’organisation. Il comprend, comme membres permanents, les cinq nations victorieuses de la guerre, les Etats-Unis d’Amérique, l’Union Soviétique, aujour-d’hui la Russie, la Chine, la Grande-Bretagne et la France. Si les trois premières sont au jour-d’hui les superpuissances principales dans le monde, le poids tant démographique que politique et économique des deux dernières, par ailleurs fortement diminué suite à la décolonisation, ne justifie plus leurs sièges permanents dans cet organe. Celles-ci devraient revenir, l’un à l’Union Européenne, l’autre à l’Inde, demain le pays le plus peuplé du monde. En parallèle, le droit de veto de ces membres permanents devrait etre supprimé afin d’eviter les blocages qui avaient surtout marqué les années de Guerre Froide, mais qui, à l’époque, empêchaient la prise de décisions contraires aux intérêts de la seule Union Soviétique, mise regulièrement en minorité par les quatre autres membres du conseil. Ce clivage et cette confrontation entre les pays capitalistes de l’occident et le seul pays communiste de l’époque ayant quasiment disparue, depuis notamment la Chute du Mur de Berlin en 1989, et qu’ils ont laissé la place à une situation politique nettement plus complexe ne justifie plus le maintien de ce droit de veto aux superpuissances de l’époque, qui leur réfère ainsi le droit de ne pas devoir se plier aux décisions de la majorité des membres.

2. SUR LE PLAN MILITAIRE

Une situation analogue à la précédente peut aujour-d’hui être observée sur le plan militaire à l’echelle mondiale. Celle-ci reflète également le résultat de la Deuxième Guerre Mondiale et de la Guerre Froide consécutive, avec, jusqu’à 1989, le face à face entre les deux superpuissances nucléaires, les Etats-Unis d’Amérique et l’Union Soviétique, ces deux avec, chacune, ses alliés ou satellites. En résultèrent, du côté occidental, la création de l’OTAN (Organisation du Traité de l’Atlantique Nord) en 1949 à laquelle répondit, en 1955 celle du Pacte de Varsovie, qué réunissait l’Union Sovietique et les pays communistes de l’Europe de l’Est. Ces derniers, dès 1989 et la chute des régimes communistes, ont rejoint l’OTAN et le Pacte de Varsovie fut dissout en 1991. La situation générale ainsi modifiée, perdure juqu’à ce jour, avec la confrontation entre les Etats Unis d’Amérique et ses alliés regroupés toujours dans cette OTAN élargie, d’un côté, et la Russie de l’autre côté. Même si d’autres puissances comme la Chine, l’Inde et des pays fortement armés de la Péninsule Arabique entrent en jeu, l’opposition entre l’OTAN et la Russie, principales puissances nucléaires, domine encore la situation actuelle. Celle-ci est ainsi caractérisée, au sein de l’OTAN, par la très forte dépendance des états européens vis-à-vis des Etats Unis d’Amérique. Pour que ces premiers retrouvent, sur le plan militaire également, leur totale indépendance et une force égale à celle de la Russie à laquelle elle fait face, l’Union Européenne doit impérativement former sa propre armée. Dès lors, l’OTAN, créée à l’époque pour faire barrage à la menace communiste en Europe, étant ainsi devenue obsolète, devrait etre dissoute. D’autres alliances militaires verront le jour à travers le monde et correspondront mieux aux identités régionales, voire continentales. Elles repondront ainsi de meilleure façon à l’ordre mondial du jour.

3. SUR LE PLAN EUROPEEN.

Une incapacité de pouvoir s’adapter aux changements des situations géopolitiques, comparable à celle des instances mondiales frappe également l’Union Européenne. Celle-ci est institutionnalisée par le Traité de Maastricht, conclu en 1992, puis révisé par celui de Lisbonne, en 2007. Ces traités reposent sur deux hypothèses fatales qui s’avèrent aujour-d’hui contraignantes et propres à bloquer le fonctionnement de la communauté.

– la première hypothèse admet comme évident et non négociable que les états membres se rallient et se basent dans leur gouvernance aux principes fondamentaux philosophiques et éthiques de l’Union Européenne. Ceux-ci ne sont actuellement plus respectés, tant par la Pologne en ce qui concerne la séparation des pouvoirs, que par la Hongrie pour ce qui est de la liberté de la presse et d’opinion en général. Comme on doit le constater actuellement, les mesures vis-à-vis des états en cas de non-respect des fondements élémentaires de l’UE ne sont pas clairement définies et ainsi pratiquement inopérantes. Il y a cependant urgence d’y remédier et de ne pas reculer devant la mesure extrême de l’exclusion d’un état, d’autres digressions dans l’un ou l’autre des pays de l’Est de l’Europe se pointant à l’horizon.

– la deuxième hypothèse fallacieuse porte sur la durée dans le temps de l’adhésion d’un état souverain à l’union, celle-ci étant admise comme permanente. Là encore, plus que dans le cas précédent, aucune mesure à l’encontre d’une telle situation n’a été définie et intégrée dans les traités. Le BREXIT et les pénibles discussions qui en résultent, en donnent aujour-d’hui une illustration pertinente des complications et des suites qu’une telle démarche peut provoquer et perturber le fonctionnement de l’union.

Il en ira de même en ce qui concernera le démembrement éventuel de l’un ou l’autre des états-nations actuels qui composent l’UE. Des signes avant-coureurs se sont déjà manifestés en Ecosse, en Catalogne et ils risquent de revivre en Pays Basque et dans les Flandres.

4. SUR LE PLAN ECONOMIQUE.

Si dans nos démocraties occidentales l’ensemble des citoyens constituent le souverain, soit par délégation à un parlement élu, soit directement par référenda, la direction et, par là, la prise de décisions est exercée, dans les entreprises du libre marché, soit directement par le ou les propriétaires, soit par un conseil élu par une assemblée d’actionnaires ou de membres d’une coopérative. Il s’ensuit que la prise de décisison est nettement plus complexe et longue dans le cas des démocraties, au contraire des entreprises où elle peut être soit immédiate ou au moins nettement plus rapide et simple. D’autre part, ces dernières ne travaillent que dans l’intérêt et au profit des popriétaires et/ou actionnaires, tandis que les actions de tout état démocratique doivent être exercées dans l’intérêt de ses citoyens. Ces particularités qui reflètent les différences entre le monde politique et celui de l’économie avantagent très nettement ce dernier. Elles ne peuvent être amoindries ou corrigées que par des dispositions légales qui encadrent l’action des entreprises au profit et pour le bienfait des populations. L’évolution qui menace cependant actuellement l’équilibre qui devrait ainsi s’installer, réside dans la concentration de plus en plus poussée des activités économiques dans les mains d’entreprises multinationales qui, comme le nom l’indique, peuvent se situer au-dessus et en dehors des cadres juridiques des différentes nations pour ainsi les mettre en concurrence et essayer d’influencer leur politique dans le domaine économique. Cette influence est notamment exercée par les lobbyistes présents dans les différents parlements. De plus en plus, ces grandes entreprises, voire sociétés de services, actives dans leurs domaines dans la recherche et le marketing, s’introduisent, par des participations scientifiques et financières souvent bienvenues, dans les directions des universités et leurs programmes de recherches, pour les orienter ainsi vers leurs propres intérêts. Le poids des grandes entreprises et sociétés multinationales dépasse, par cette évolution, largement celui des états traditionnels de moyenne ou faible importance et il ne peut être valablement contrebalancé et encadré que par celui des grandes nations voire communautés d’états comme les Eats-Unis d’Amérique, la Chine, dans déjà une moindre mesure la Russie, l’Inde ou l’Union Européenne.

CONCLUSION.

Que ce soit sur le plan de la politique mondiale ou régionale ou sur celui des alliances militaires ou encore et surtout sur celui des relations entre politique et économie, force est de constater que les cadres et régimes institutionnaux souffrent de leur rigidité et qu’ils peinent à s’adapter, voire faire face et, en cas de bsoin, faire contrepoids aux évolutions démographiques, technologiques et économiques qui prennet un rythme de plus en plus élevé. Les éventualites des différents scénarii prévisibles pour le futur devraient influencer la rédaction des traités internationaux et ainsi y introduire la souplesse nécessaire pour pouvoir réagir a l’inattendu, mais théoriquement prévisible sans pour autant mettre en question le traité concerné dans ce qui constitue sa base et son contenu essentiel.

Hans Gutscher
Chiang Mai, 10.11.2018

BREXIT………..or not ?

10 Août

After all the months past since the acceptation of BREXIT by a very narrow majority of the British voters, after all the fastidious discussions led since then without any tangible result between the representatives of the two parties, it seems to me that it has become evident that the voting had been based on false appreciations and promises. A decision resulting of misleading information should be reviewed and the voters should get the right and the opportunity to reconsider their position and so vote again on basis of the knowledge of the real or at least probable result of their decision.

Two important aspects should as to me considered in the decision making:

1. The general political and economic situation of the world: The unification process engaged in Europe is constantly menaced on both sides, by the United States of America of Trump (but already under the former presidents!) at the west and by the Russia of Putin at the east, which both tend in their way to impeach this process.
It is evident that inside this global constellation none of the European countries, may they have in ancient times been as important and mighty as the British Empire, none is powerful enough to play any leading role in the world of today. This, for any of the European nations is only possible as part of a united continent. An independent Great Britain outside the European Union would only risk to become a kind of vassal of the United States of America. It would be a fatal mistake as to believe that the British Dominions such as Canada, Australia or New Zealand would be interested in a reviewed and updated economic association, their interests being now strongly focused on their own global neighbourhood and, as to Europe, on the European Union.

2. The strong cultural and historical European identity of Great Britain. Even if the worldwide presence and the importance of the British Empire confered to the British kingdom an outstanding position in the world since the Peace of Paris in 1763, its culture and its history relies it to the European continent with its Celtic and Germanic roots.
What would be the European philosophy without the so important contribution of the empiric philosophers John Locke and David Hume, what the built arts without the late English Gothic cathedrals, the Glasgow School of Art Nouveau or, more recently, the modern architects such as James Stirling, David Chipperfield or Norman Foster? What, before all, would be the European development towards democracy and human rights without the very first approaches, from the Magna Charta in 1215 to the Bill of Rights in 1689?
So, in spite of all the differences, especially in the judicial and political system, the absence for instance of a constitution, Great Britain, even in its insular situation, belongs to Europe. The above mentioned differences based on a different philosophical approach, should not be considered as differences but rather as complements to the more continental attitudes. These complements are essential to the unification of the European continent, which obviously has to be reviewed and redefined on a stronger and more democratic basement to which the absence of the British contribution would signify the lack of an important stone.

So, dear British friends, please reconsider your fallacious decision of 2016 and vote again in full lucidity and out of all demagogic influences, so to contribute to the success of the so important European Unification.

Hans Gutscher

LA DELIMITATION DE L’EUROPE VERS L’EST

6 Juil

Confronté avec les évènements qui ces jours secouent l’Ukraine il m’a semblé indiqué de rééditer mon blog de juillet 2018 dont l’objet et la conclusion reprennent de l’actualité face à la guerre qui est en cours entre la Russie et l’Ukraine. J’y ajoute cependant seul un chapitre additionnel concernant la seule Ukraine avec sa complexité tant historique que culturelle et démographique.

L’évolution de la guerre, notamment sur le plan géopolitique, un an après son début m’amène a compléter de nouveau ce blog qui ne perd rien de son actualité.

Si l’on veut conférer à l’Europe la qualité de continent que Larousse définit « comme vaste étendue de terre émergée »,le terme « émergée » utilisé dans cette définition implique une délimitation océanique au pourtour de cette « étendue ».Tel n’est manifestement pas le cas pour l’Europe qui est contigue à l’Asie ce qui nous amènerait plutôt à la comprendre comme une partie intégrante d’un continent Eurasie. Si maintenant, dans le cadre de l’unification européenne en cours, il nous importe d’en fixer la délimitation orientale vers la Russie qui s’étend à travers la Sibérie jusqu’aux confins orientaux de l’Asie, nous devons considérer les aspects geographiques, historiques et culturels afin d’arriver à formuler une proposition adaptée à l’état actuel de la région, proposition evidemment soumise aux évolutions notamment politiques d’un futur imprévisible.

1 ASPECTS GEOGRAPHIQUES

Si le sous-continent européen est clairement délimité sur ses façades maritimes au Sud (la mer mediterranéenne), à l’Ouest (l’Océan Atlantique) et au Nord (l’Océan Arctique), il se prolonge sans barriere naturelle notable sur son flanc oriental vers les vastes terres de la Russie et, plus loin, de la Sibérie. Il n’y a guère que la chaîne de montagnes de l’Oural qui crée une barrière naturelle du Nord au Sud, de la Mer de Barentz jusqu’aux steppes du Kazakhstan. Son point culminant situé dans sa partie Nord ne s’élève cependant qu’à 1894 m. Néanmoins, le Général de Gaulle avait en son temps parlé de « l’Europe de l’Atlantique jusqu’à l’Oural » et cette délimitation pourrait effectivement être admise sur le plan purement géographique, bien que de Gaulle voulait par là, certainement manifester sa vision d’une Russie intégrée dans l’Europe. Cette délimitation se heurte cependant, aujour-d’hui et depuis déjà le XVIe siècle à la dimension continentale d’une Russie qui s’étend de la Baltique jusqu’au Détroit de Béring. D’autres raisons d’ordre tant historique que culturel telles qu’elles sont developpées ci-dessous s’opposent également à cette délimitation correspondante à la chaîne de montagnes de l’Oural.

2 ASPECTS HISTORIQUES

Si les limites Ouest et Nord correspondaient dès le début de formation de ce qui est devenu l’Europe, avec leurs barrières à l’époque infranchissables des océans, la Mediterranée, mer intérieure à sa limite Sud, constituait jusqu’à la fin de l’Empire Romain un bassin d’échanges culturels et economiques, berceau de premières civilisations parmi les plus importantes du monde, egyptienne, assyrienne et grecque. Ce n’est qu’après les grandes migrations des IVe au VIe siècles, puis surtout après l’avènement de l’Islam et la conquête consécutive du littoral Sud de la Mediterranée par les Arabes qu’elle est devenue, en quelque sorte, la limite Sud de l’Europe, avec cependant encore des empiètements sur son territoire, à l’Ouest en Espagne jusqu’à 1492, et à l’Est suite à la conquête des Balkans par les Ottomans turcs dès la fin du XIVe siecle et jusqu’au début du XXe siècle.

La limite orientale de cette Europe en gestation n’a jamais été arrêtée pour de bien au milieu de cette immense plaine qui s’étend de la Pologne jusqu’en Sibérie. Cette limite déjà en soi difficile à définir s’est déplacée successivement au gré des invasions venant tant du Nord que de l’Est, voire encore des conquêtes militaires dans le cadre des innombrables guerres qui ont souvent eu comme théâtre des opérations ces vastes plaines propices au déploiement de grands corps d’armées. Ainsi ces terres basculèrent à plusieures reprises d’une appartenance au monde occidental à celle au monde asiatique.

Peuplée de tribus slaves l’immense territoire compris entre le Dnjepr et la Volga était parcouru dès le VIIIe siècle par des marchands scandinaves, les Varègues, sur leur chemin vers Byzance. Ces commerçants fondèrent les premières principautés russes autour de nouvelles villes, Novgorod au Nord et Kiev au centre de cet espace. Cette dernière ville fut élevée au rang de capitale en 882 par Oleg, fils de Riourik, fondateur de la dynastie à son nom, les Riourikides. Très rapidement, la Principauté de Kiev étendit sa souveraineté sur l’ensemble des territoires des slaves orientaux et ses dirigeants adoptèrent la religion et les structures politiques de l’Empire Byzantin. Sa situation et son identité culturelle l’opposèrent tout naturellement aux tribus voisins de l’Asie centrale. Ainsi la limite entre l’Europe et l’Asie en ces temps et jusqu’à l’invasion des Mongoles, peut être clairement située sur la frontière orientale de la Principauté de Kiev.

Avec l’invasion mongole sous Gengis Khan, puis son fils Batu et suite à la chute de la Principauté de Kiev en 1240 toute la vaste région y afférente tomba sous la domination de la Horde d’Or mongole et ainsi sous un régime despotique et sous une influence culturelle asiatique . La limite entre l’Europe et l’Asie se déplaça consécutivement vers les frontières des royaumes de Hongrie et de Pologne, cette dernière unie dès 1382 au Grand-Duché de Lituanie.

Ce n’est que vers la fin du XIVe siècle, avec l’émergence du Grand-Duché de Moscou et sa lente extension successive vers l’Est, au détriment des différents khanats mongoles et tatares, que la limite entre l’Europe et l’Asie fut de nouveau repoussée vers l’Est. Cette évolution trouva son aboutissement dès le règne de Pierre le Grand, tsar de Toutes les Russies en 1682, puis empereur dès 1721. Sous son influence l’attachement de l’Empire Russe à l’Europe se concrétisa sur les plans tant politique qu’économique et culturel, et ceci jusqu’à la Révolution d’Octobre en 1917. En parallèle et au contraire des autres puissances coloniales, séparées, elles, de leurs colonies par les océans, la Russie se créa un empire colonial contigu à son propre territoire en occupant tant la Sibérie que les états de l’Asie centrale.

Avec l’avènement d’un régime communiste et la transformation de l’Empire Russe en Union Soviétique, une nouvelle puissance continentale se constitua entre l’Europe et l’Asie, attachée par son etendue plutôt à cette dernière, mais par son fondement idéologique et culturel nettement à la première. Cet état immense qui fut transformé après la chute du Mur de Berlin et l’effondrement du régime communiste, en la Fédération Russe d’aujour-d’hui, se place dès lors comme une entité politique à part entre les deux continents dont elle ne pourra être intégrée ni à l’un ni à l’autre. La limite de l’Europe correspond dès lors à la frontière occidentale de cette puisssance mondiale au territoire de laquelle il y a lieu d’associer, au moins pour le moment et en dépit des conflits en cours en Ukraine, les trois états indépendants mais sous influence russe que sont la Biélorussie, l’Ukraine et la Moldavie et qui appartiennent, les trois, à la CEI, Communaute des Etats Indépendants, créée en 1991 sur initiative de la Russie.

3 ASPECTS CULTURELS ET RELIGIEUX

Si la culture que nous pouvons admettre aujour-d’hui comme européenne a pris ses racines dans la philosophie greco-romaine, dans l’apport religieux judéo-chrétien, provenant, ne l’oublions pas, du Moyen-Orient, puis des philosophies du Siècle des Lumières et des siècles consécutifs, l’impact et la présence de ces apports à travers l’histoire restent très différents d’une région à l’autre. Une Europe née des structures politiques urbaines, amenant une première démocratisation et développées principalement autour de son noyau situé de part et d’autre du Rhin et sur un axe Nord_-Sud des Flandres jusqu’en Lombardie, s’oppose à une Europe restée longtemps agricole et féodale sur la partie orientale et la périphérie Sud du continent. Encore aujour-d’hui nous constatons un assez net clivage culturel, politique et spirituel entre une Europe occidentale s’étendant du bassin Méditerranéen jusqu’aux pays Scandinaves et une Europe orientale allant des Balkans jusqu’au Nord de la Pologne, voire de la Lituanie. Déjà amorcée par les évolutions politiques différentes ce clivage s’était concrétisé sur le plan de la réorganisation de l’Europe après la Révolution Française et les Guerres Napoléoniennes, puis surtout comme aboutissement du Congrès de Vienne en 1815. L’Europe , à l’epoque, fut nettement séparée entre, à l’Ouest et au Nord, des monarchies constitutionnelles et des républiques, s’opposant à l’Est aux grandes monarchies absolutistes et autoritaires qu’étaient la Prusse, la Russie et l’Autriche-Hongrie. Ces régimes autoritaires ont laissé la place, après leur effondrement consécutif à la Première Guerre Mondiale à des dictatures, soit militaires soit communistes qui ont culminé par l’installation du fameux « Rideau de Fer » qui avait séparé l’Europe entre 1947 et 1989. Cette fracture se reflète aujour-d’hui et probablement encore pour longtemps entre les pays de l’Europe de l’Ouest et ceux de la partie orientale. Ces derniers restent encore empêtrés dans des velléités antidémocratiques et nationalistes, voire même des conflits régionaux, interethniques ou religieux comme dans les années 1990 dans l’ancienne Yougoslavie. Ceux-ci, hélas, sont souvent appuyés par les églises respectives, comme aujour-d’hui encore le conflit juridique en Pologne par l’église catholique du pays.

4. LE CAS PARTICULIER DE L’UKRAINE

L’histoire de cette région du monde est aussi complexe que l’est encore aujour d’hui son état actuel. Formée comme première entité politique russe dès le IXe siècle sous l’égide des Varègues, commerçants scandinaves qui occupaient les voies fluviales vers Byzance, cette principauté se dévelopait autour de sa capitale Kiew et s’étendait de la Mer Baltique jusque vers la région côtière de la Mer Noire, occupée par les Petchénègues. L’invasion mongole mit fin à cette principauté en 1223 à la bataille de la Kalka. Le régime de la Horde d’Or qui s’y établit ensuite ne résistait cependant pas à l’avancée du Royaume de Pologne, réunie ensuite avec la Lithuanie, royaume qui s’étendait à son apogée sous les Jagellons de la Mer Baltique jusqu’à Odessa. Le déclin de cet empire polono-lithuanien et son partage consécutif vers la fin du XVIIIe siècle repartit les terres confisquées appartenant aujour d’hui à l’Ukraine entre la Russie tsariste et l’Autriche-Hongrie. Ce partage entre ces regions durait jusqu’à la fin de la Première Guerre Mondiale suite à laquelle la majeure partie en fut intégrée à la nouvelle République de Pologne, mis à part la Ruthénie Subcarpatique integrée, elle, à la Tchecoslovaquie. Tous ces territoires furent ensuite, en 1945, à la fin de la Deuxième Guerre Mondiale, intégrés à l’Union Sovietique à l’interieur de laquelle fut créée la République Socialiste Soviétique autonome d’Ukraine.

La situation actuelle résulte maintenant de l’effondrement de l’Union Soviétique qui a vu la création de plusieurs états indépendants et notamment de celui de l’Ukraine , avec cependant, sa participation à la CEI Communauté d’Etats Indépendants créée sous la houlette de la Russie.

On constate à la lecture de l’histoire complexe de cette vaste région aux confins de l’Europe:

a). qu’un état Ukrainien indépendant, en dépit de velléités antérieures, n’existe véritablement que depuis 1991.

b). que cet état nouvellement créé se compose de deux régions au passé historique et ainsi aux consciences politiques très différentes avec, à l’Ouest les terres ayant appartenues à des états à forte influence occidentale, la Pologne et l’Autriche-Hongrie, et à l’Est des régions ayant toujours appartenues à l’Empire Russe.

c). qu’ainsi une certaine tradition démocratique, aussi faible soit elle, n’existe que dans la partie occidentale du pays et qu’elle correspond aussi à la répartition démographique avec une majorité de Russophones dans le Donbass et la Crimée, cette dernière n’ayant été rattachée à l’Ukraine qu’en 1954 sous Khrouchtchev, Ukrainien lui-même.

Suite à ce que j’ai essayé de résumer ci-dessus et d’en ressortir l’essentiel qui caractérise ce nouvel état complexe et aujour d’hui déchiré, il me paraît évident qu’il ne pourra survivre que sous forme fédérale avec une autonomie large des différentes régions avant que celles-ci ne pourront trouver leur place à l’intérieur d’une Europe des Régions telle que j’ai essayé de la définir dans mon blog au même titre.

5. CONCLUSION

L’histoire européenne passée en revue sous l’angle des aspects politiques, culturels et religieux montrent clairement que de tous les temps ce que nous pouvons admettre comme limite entre les deux continents Europe et Asie a toujours été fluctuante et difficile à établir. Deux certitudes se dégagent cependant et délimitent aussi le champ de réflexion. Primo, la Russie avec son étendue géographique et sa superficie qui depasse celle de toute l’Europe, représente un sous-continent à elle seule et elle doit être considérée en quelque sorte comme un pont entre l’Europe et l’Asie. Secondo, la Turquie qui fait partie du monde musulman, empêtré dans un mouvement intégriste propre à cette religion aux forts accents politiques dès sa création et la conquête militaire consécutive des vastes territoires allant du Maroc aux Indes, ne saura faire partie d’une Europe à laquelle ne la relie guère que son passé successoral de Byzance. Comme la Russie, mais à une échelle nettement réduite, elle pourrait le cas échéant jouer un rôle de puissance de pont entre les deux continents.

La délimitation de l’Europe est ainsi assez clairement définie, avec cependant l’incertitude quant à l’appartenance des trois pays limitrophes devenus indépendants après la dissolution de l’Union Soviétique, la Biélorussie, l’Ukraine et la Moldavie. Vu sous l’angle historique et culturel cette Europe est toutefois, comme montré ci-dessus, divisée en deux parties, occidentale et orientale, qui, on le voit aujour-d’hui, n’apportent pas, et de loin, les mêmes dispositions pour l’unification de ce continent, à urgemment réviser sous la conjoncture actuelle. Il paraît évident que le noyau de l’Europe, le berceau des idées philosophiques et politiques qui font la particularité et forment l’identité de ce continent, doit redéfinir ses structures et son organisation, si possible sous une forme régionale et fédérale, et de conférer aux états de l’Est européen un statut de pays associés avec la possibilité d’intégration ultérieure dès qu’ils auront aplani leurs différences conflictuelles et adopté clairement les bases identitaires et constitutionnelles de cette Union Européenne de demain. L’Europe à deux vitesses dont il est de plus en plus question depuis un certain temps deviendra ainsi réalité. Les pays situés géographiquement mais aussi politiquement entre le noyau de l’Europe et la Russie avec son glacis eurasiatique auront le temps de s’imprégner des valeurs essentielles de l’Europe et de les adopter clairement avant d’y entrer après l’adhesion sans ambiguités des populations, au préalable consultées par voie démocratique. A l’état actuel, ce groupe de pays comprendra certainement les pays balkaniques, la Hongrie, les Républiques Tchèque et Slovaque et la Pologne. Sous condition que chacun de ces pays auront ultérieurement le choix d’adhérer à l’une ou l’autre de ces entités politiques, les trois pays Biélorussie, Ukraine et Moldavie, pourraient egalement faire partie de ce groupe. Cette disposition serait toutefois conditionnée par une normalisation des relations entre l’Europe et la Russie et notamment la dissolution de l’OTAN qui, au fait, n’a plus de raison d’être depuis la dissolution du Pacte de Varsovie.

COMPLEMENT DU 24.02.2023

La guerre en cours en Ukraine, depuis 2014 comme guerre civile dans le Donbass, puis en guerre ouverte entre les deux pays, l’Ukraine et la Russie suite à l’invasion par cette dernière du territoire Ukrainien, a amené les sanctions économiques, dont la Russie est frappée par les Etats-Unis d’Amérique et l’Union Européenne suivant l’instigation de la première. Ces sanctions ont maintenant comme résultat manifeste la réorientation de la Russie vers l’Asie dont l’écrasante majorité des pays, comme ailleurs également ceux d’Afrique et d’Amérique Latine n’a pas appliqué ces sanctions.S’y ajoute comme argument important pour cette réorientation le changement géopolitique et surtout géoéconomique consécutifs à cette guerre et ces sanctions, changement qui crée un nouvel ordre financier global dans lequel de nouveaux instruments et de nouvelles institutions se forment en opposition et en concurrence à ceux et à celles actuellement en cours et qui remontent aux accords de Bretton Woods, conclus après la Deuxième Guerre Mondiale et qui imposent l’ USdollar comme monnaie de référence mondiale.

En conclusion force est de constater que la Russie sous la pression occidentale, orchestrée, rappelos-le, par les Etats-Unis d’Amérique, s’est maintenant clairement orientée vers l’Asie et n’est plus en mesure de jouer ce rôle souhaitable de lien entre l’Europe et l’Asie, rôle qu’elle ne pourra retrouver qu’une fois une véritable union européenne sera constitiuée selon le paragraphe précédent du présent blog et qu’elle sera libérée de la tutelle USaméricaine.

Dans ce nouveau contexte il paraît de plus en plus difficile de limiter l’Europe sur son flanc oriental, ceci d’autant plus que l’Ukraine dans son entité politique présente une diversité ethnographique importante avec notamment, à l’Est, une minorité russe importante de près de 25% de sa population totale. Par ailleurs les liens historiques, tant cultureks qu’économiques, religieux et même familiaux de ce pays avec la Russie rendent son déplacement vers une entité occidentale, même à deux vitesses comme développée ci-dessus, contraire à sa veritable identité.

Hans Gutscher
Chiang Mai, Thailand

document complété le 07. 03. 2022, puis le 24.02.2023

L’IMPORTANCE DE L’IDENTITE PERSONNELLE DANS LA REFONTE DE L’EUROPE UNIE

15 Juin

Ce texte est complémentaire aux contributions antérieures contenues dans ce même blog, à savoir:
– Vers une Europe des Régions
– Une constitution pour l’Europe

INTRODUCTION

Si, comme cela avait été développé dans les textes précités, une nouvelle unification de l’Europe, une Europe des Régions, devrait se définir et se créer du bas vers le haut, des unités politiques locales et régionales vers le gouvernement central, le rôle de chaque citoyen, voire même habitant revêt une importance capitale.
En effet, pour arriver à la cohésion et une unification stable de ce continent, aujour-d’hui encore trop divisé, il sera essentiel que la grande majorité de ses habitants fasse sienne en premier lieu une identité européenne et seulement ensuite, comme part de cette première, une identité nationale, voire, à l’avenir, régionale.

CREATION D’UNE IDENTITE EUROPEENNE

Pour y arriver tant le monde politique que celui de l’enseignement sont sollicités, surtout ce deuxième, dont le rôle est déterminant à plusieurs titres et dans plusieurs domaines, à savoir:

– l’enseignement de l’histoire
il devra en tout premier lieu abandonner la notion d' »histoire nationale » dont
le terme même ne concerne qu’une période limitée, les nations ne s’étant
développées comme entités politiques qu’à partir de la fin du XVIIIe siècle.
Mettre en évidence les développements historiques qui finalement ont conduit
vers l’entité européenne que nous connaissons aujour-d’hui et qui peuvent être
résumés comme suit:
– la naissance des premières civilisations autour du bassin de la Méditerranée
– la constitution de l’Empire Romain et sa délimitation orientale vers l’Asie,
repoussée ultérieurement vers l’Ouest sous l’Empire Ottoman.
– les grandes migrations venant du Nord et la constitution consécutive des
royaumes issus de l’amalgame entre les habitants romains et les envahisseurs
germaniques et slaves
– la naissance de l’Islam, religion à forte connotation politicomilitaire et
son expansion au Sud d’une Europe devenue chrétienne dans sa majorité
– la découverte, par les Européens, d’autres parties lointaines du monde
(Amériques, Océanie, Afrique australe, Sibérie), et l’émigration massive
d’Européens vers ces régions
– la fin du féodalisme et l’avènement des nations après les Guerres
Napoléoniennes et durant tout le XIXe et le début du XXe siècles
– Les désastres des deux Guerres Mondiales et les efforts consécutifs
d’unification du continent, notamment après la liquidation de l’antagonisme
idéologique qui durant près d’un demi-siècle avait coupé le continent en
deux parties opposées
Il devra mettre en évidence, par ailleurs, l’importance et le rôle bénéfique
des migrations qui, au fond, sont à la base de la formation de l’homme
européen d’aujour-d’hui. Y participe aussi la migration des idées et des
croyances dont la plus importante pour l’Europe, le christianisme, est née au
Moyen-Orient.

– l’enseignement de la philosophie

enseignement de l’histoire et du développement des courants philsophiques sur
le continent européen, avec la présentation comparative de leurs grands
courants et des tendances prédominants, d’une époque à l’autre, de même que
des idéologies qui, pour certaines, en résultèrent.

Il faudra également mettre en évidence tant les apports extérieurs à ces
développements (p.ex. le bouddhisme dans l’oeuvre de Schopenhauer), que les
différences fondamentales qui les séparent des philosophies extérieures
à l’Europe, notamment la compréhension diamétralement opposée du monde et de
l’humanité entre l’Europe et l’Extrême-Orient:
Partant des individus, l’Occident, l’Europe, comprend l’humanité comme la
totalité, l’addition, de ceux-ci, là où l’Extrême-Orient part de l’humanité
dans son ensemble dont l’individu ne représente qu’une part infime.
La valeur de chaque individu s’en ressent sensiblement différente.

L’enseignement de ces deux disciplines, soutenu par les dispositions politiques, devraient réveiller en tout Européen la conscience de sa particularité, donc de son identité continentale propre, qui au-delà de toutes les différences qui séparent, à l’intérieur du continent, les peuples qui le composent, le distingue dans une plus ou moins grande mesure des autres parties du monde, de ses concurrents proches et lointains. Il se reconnaîtra dans les qualités que son histoire, à travers ses innombrables conflits meurtriers, et ses penseurs, a travers leurs fréquentes disputes et confrontations lui ont léguées comme capital intellectuel précieux et identitaire et dont les composants les plus importants peuvent etre résumés comme suit:
– l’individualisme dans la communauté
– la liberté de pensée et d’expression
– la laicité avec comme conséquence, l’ouverture d’esprit
– la culture du dialogue et de la tolérance reciproque
– la confrontation des idées et la culture du consensus, voire du compromis
– la démocratie basée sur le dialogue et la séparation des pouvoirs
– l’entr’aide communautaire et sociale
– l’industrie et l’inventivité

CONCLUSION

Seul le réveil chez tout individu habitant ce continent de son attachement aux valeurs et aux acquis de ce dernier permettra de créer la base solide sur laquelle pourra se bâtir une Europe véritablement unie, pas seulement dans ses institutions mais dans le coeur même de chacun de ses habitants.

Hans Gutscher
Chiang Mai
15.06.2018

UNE CONSTITUTION POUR L’EUROPE

3 Mai

Ce texte est complémentaire à une contribution antérieure dans ce même blog: « Vers une Europe des Régions ».

CONSTITUTION ( selon Larousse) :
« Ensemble des textes fondamentaux qui établissent la forme d’un gouvernement, règlent les rapports entre gouvernants et gouvernés, et déterminent l’organisation des pouvoirs publics. »

1. ETAT ACTUEL

L’Union Européenne, en sa forme actuelle, est composée de 28, voire 27 (après le BREXIT) états-membres qui disposent, prèsque chacun, de sa constitution nationale. Le souci de doter cette union d’une base et d’un projet politiques valables pour l’ensemble des ses états-membres s’est fait sentir depuis bien des années et a fait l’objet de conventions dès le début du millénaire dans le cadre de réformes entreprises depuis et qui sont toujours en cours actuellement. En 2004 elles ont abouti en un simple « Traité établissant une constitution pour l’Europe. On en est encore là aujour-d’hui et le projet a pris le pas sur les problèmes actuels qui dominent à juste titre les débats au sein de l’UE.

2. LA NECESSITE D’ETABLIR UNE CONSTITUTION

Chaque constitution d’un ensemble politique, nation, région ou même canton ou « Land » (pour l’Allemagne), en définit sa nature et son identité et, par là même, celle de ses adhérents, citoyens ou habitants. Son absence pour l’Union Européenne dans sa forme actuelle d’union d’états-nations indépendants, contribue largement aux conflits qui perturbent les relations entre ses dirigeants et ses habitants. Ces derniers, de plus en plus fréquemment, ne se reconnaissent guère dans des décisions arrêtées par une commission et des chefs d’états qui, ces derniers, dans leurs actions, veillent souvent en premier lieu aux intérêts des nations qu’ils représentent. Les brèches ainsi ouvertes permettent aussi aux partis et mouvements souverainistes et populistes d’aggraver le conflit entre l’Union et ses citoyens. D’où urgence d’agir contre cette évolution désastreuse en proposant un véritable projet commun que les peuples concernés seront invités à discuter, à amender tout en le comparant dans le cadre d’échanges entr’eux, puis finalement de l’adopter et ainsi de s’y identifier.

3. BASES ET CONTENUS ESSENTIELS

Une constitution Européenne devra évidemment être établie sur la base des origines et des expériences historiques des républiques et monarchies constitutionnelles anciennes en partant de la Démocratie Athénienne du Ve siècle a.c. Elle sera basée en priorité sur les acquis et les principes établis par les philosophes européens des XVIIe et XIXe siècles (notamment Montesquieu, Hobbes, Sieyès), mais elle devra aussi refléter et tenir compte des récentes évolutions, notamment celle consécutive aux migrations en cours et qui touche la composition de sa population.

Les contenus et principes suivants me paraissent être essentiels:

– respect des droits de l’homme selon la « Convention Européenne de Sauvegarde des Droits de l’Homme et des Libertés Fondamentales », conclue à Rome le 04.01.1950.

– régime de démocratie indirecte par représentation et précision des institutions y correspondants.

– la séparation des pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire.

– la laicité et ainsi la séparation stricte entre politique et religieux, les différentes associations religieuses relevant du droit privé et devant s’engager à respecter dans leurs actions les prescriptions de la constitution, en s’abstenant notamment à propager dans leurs discours toutes prescriptions d’ordre politique, telles que celles contenues dans la Charia islamique.

– le respect des différentes cultures qui composent l’union, avec leurs langues, coutumes et traditions.

– le règlement et les limites de droit référendaire

-le règlement de l’exclusion d’états ou régions membres de l’union en cas de non-respect de la constitution.

Cette liste n’est évidemment pas exhaustive, mais elle est censée mettre en avant les éléments essentiels dans le but de définir une identité Europeenne, basée tant sur l’histoire et les acquis philosophiques des siècles passés que de l’evolution en cours, une identité ainsi susceptible d’être adoptée par la grande majorité des habitants de ce continent.

4. SURVEILLANCE DU RESPECT DE LA CONSTITUTION

Comme c’est le cas dans la plupart des états-nations actuels, une cour constitutionnelle Européenne devra être instituée et chargée de surveiller le respect de la conformité avec la constitution Européenne, de toute disposition juridique subordonnée, que ce soit au niveau des constitutions d’états ou de régions membres ou de simples lois. Le contrôle devra intervenir à priori, avant la mise en votation d’un texte par un parlement ou, dans le cas de référenda par le peuple.

5. CONCLUSION

Le présent essai doit se lire en complément à ma proposition de base « Vers une Europe des Régions » et il devra susciter le sentiment d’urgence de réveiller une identité véritablement Européenne au delà de nos frontières actuelles afin d’être à même de constituer une unité continentale forte, soutenue par ses habitants, et à égalité avec les grandes unités politiques du moment et de demain, telles les Etats-Unis d’Amérique, la Chine, l’Inde et la Russie.

Hans Gutscher
Chiang Mai
04.05.2018

LA SUISSE COMME LABORATOIRE POUR UN CONTINENT EUROPEEN REORGANISE EN EUROPE DES REGIONS.

9 Mar

Ce texte est complémentare à une contribution antérieure dans ce même blog: « Vers une Europe des régions ».

1. INTRODUCTION

A première vue et compte tenu de ses différentes parties linguistiques et culturelles, la division de la Suisse actuelle en régions, voire l’intégration de ses parties linguistiques dans des régions limitrophes à culture identique paraît s’imposer. Ce qui ainsi se présente comme une solution quasiment logique se heurte cependant au régime de démocratie semi-directe qui constitue, sur le plan politique, la particularité de ce pays situé au centre même du continent. Même menacé aujour-d’hui par les actions démagogiques et destructrices d’un parti politique et de son leader charismatique, ce régime, par ses mécanismes de consultations populaires a fait et continue, heureusement, de faire ses preuves et il permet aux citoyens de ce pays de s’y reconnaître et de s’y identifier. Il offre par ailleurs l’illustration d’une cohabitation, certes souvent difficile mais durable, de différentes cultures et mentalités, alémanique, française et italienne à laquelle on peut associer la très faible minorité romanche.

2. BREF APERCU HISTORIQUE

Des ses débuts, d’abord à partir de 1291 comme état autonome à l’intérieur du Saint Empire Romain Germanique, puis à partir de son indépendance obtenue dans le cadre des Traités de Westphalie en 1648, la Suisse s’est constituée, petit à petit, sur une base fédérale. Partant du noyau central créé autour du Lac des Quatre Cantons et du Col du St. Gothard, ce pays a trouvé sa configuration actuelle par l’adjonction, voire la simple association de villes libres et de leurs régions environnantes. A ses débuts presqu’exclusivement alémanique, la Suisse a trouvé, dès le XVe siècle son identité pluriculturelle par l’envahissement des vallées transalpines comme notamment le Tessin, de même que de l’actuel Canton de Vaud, envahi par les Bernois en 1536. Son organisation actuelle remonte à l’Acte de Médiation de 1803 qui comprenait notamment la création de nouveaux cantons indépendants dans les régions gérées avant, soit par l’ensemble des Confédérés, comme le Tessin, soit par l’un d’entr’eux comme le canton de Vaud, autrefois sous domination Bernoise. Confirmée au Congrès de Vienne en 1815 qui, par ailleurs, conféra à la Suisse son statut de pays neutre au centre de l’Europe, la Confédération Helvétique s’est dotée en 1848 d’une constitution qui depuis a été révisée à plusieurs reprises, mais de façon significative en 1874 ( droit de référendum ), en 1891 ( droit d’initiative populaire) , puis en 1999 par une refonte complète. Tant dans ses institutions que dans sa constitution la Confédération Helvétique a veillé à créer le meilleur équilibre possible entre ses différentes composantes culturelles de même qu’entre cantons urbains et cantons ruraux, équilibre poursuivi même au sein du gouvernement pour lequel la règle s’est établie qu’au minimum deux ministres sur les sept qui le composent soient ressortissants d’un des cantons latins. Cette organisation qui, en outre, concède une assez grande autonomie aux cantons, fonctionne maintenant depuis bientôt deux siècles et donne à cette entité politique pluriculturelle une cohésion et une adhérence de sa population assez exemplaires. Il serait donc vain, dans le présent comme dans un futur prévisible, d’envisager une dissection de ce pays en plusieures régions, correspondant par exemple aux différentes composantes culturelles, tant le système particulier de démocratie semi-directe est ancré dans le conscient de la population.

3. LA SUISSE COMME LABORATOIRE POLITIQUE

L’Europe multiculturelle réorganisée en Europe des Régions sera confrontée, à grande échelle, aux problèmes comparables à celles que la Confédération Helvétique avait rencontrés dès sa création. Si ces problèmes ont trouvé, pour leur essentiel, des solutions en somme satisfaisantes, celles-ci doivent et devront être constamment redéfinies et adaptées à l’évolution sociale et politique du moment. Dans ce sens, la Suisse pourrait prendre le rôle d’un laboratoire politique pour l’ensemble d’une Europe fédéraliste dont elle représenterait, en quelque sorte, une préfiguration à échelle réduite. Avec une population actuelle d’environs 8 millions d’habitants, la Confédération a la dimension d’une région moyenne, échelle qui permet l’introduction d’une démocratie semi-directe à l’image de celle de la Suisse. Les impulsions et les suggestions que ce pays pourrait apporter aux autres regions européennes devraient être actives autant que réactives dans ce sens que des retours de résultats d’expériences devraient pouvoir inciter à des adaptations des principes de base et de permettre constamment d’affiner les mécanismes démocratiques et, ainsi, de les rendre conformes aux évolutions de l’époque.
Les domaines pour lesquels la Confédération Helvétique pourrait, sur la base de ses expériences acquises de longue date, servir de laboratoire ou de banc d’essais sont les suivants:
– cohabitation pluriculturelle et purilinguistique
– procédés de démocratie directe: référenda et initiatives populaires
– coalitions gouvernementales basées sur un principe de consensus
– formation de majorités non pas figées mais constituées au cas par cas sur
chaque sujet en déliberation
– mise à l’enquête préliminaire des projets de lois et autres.
– répartition des compétences parmi les differents niveaux politiques: communes
– districts ou départements ou cantons – régions
– limitation, voire extension des droits civiques: ensemble des citoyens ou
extension sur l’ensembles des habitants
– législations locales au niveaux des communes et des districts
– introduction des nouvelles techniques informatiques dans les processus de
votation et d’élections
– règles pour le financement des partis politiques et pour le lobbying:
limitation et transparence
– introduction future d’un revenu minimal garanti pour chaque habitant, avec ses
règles d’application et de limitation
Cette liste n’est évidemment pas exhaustive elle devrait être élargie, voire simplement adaptée aux évolutions futures, aujour-d’hui imprévisibles tant sur le plan socio-politiques que purement technique.

4. CONCLUSION

La proposition esquissée ci-dessus pourrait permettre à la Confédération Helvétique, aujour-d’hui confinée dans un isolationnisme politique inconfortable et totalement contraire à son ouverture économique de trouver une formule d’intégration dans une Unione Européenne à repenser et à reconstruire sur de nouvelles bases, dans ce continent où elle occupe géographiquement une place centrale au coeur des Alpes et à la source d’eaux fluviales qui alimentent autant la Mer du Nord et la Méditerranée que la lointaine Mer Noire. Par ce nouveau rôle ce pays pourrait apporter à l’unification du continent auquel il appartient, des impulsions nouvelles et avant tout le fruit des expériences si particulières de son régime de démocratie semi-directe.

Hans Gutscher, 09.03.2018