Membre de votre parti dès 1972, quand je rentrai en Suisse après huit années passées à Paris, je l’avais quitté en 1992 après le rejet, par votation, du peuple suisse d’adhérer à l’Espace Economique Européen et, au préalable, la prise de position, très ambigue de votre parti à ce sujet. Fervent adepte d’une union européenne dont, à l’époque, on était loin de pouvoir prévoir l’évolution déplorable vers une forme de dictature bureaucratique qui est la sienne aujourd’hui. Cette évolution, puis dans ce contexte celle de votre parti, aux convictions originales duquel je reste profondément attaché ,m’incitent à soulever les questions suivantes :
Si l’on se rappelle maintenant la particularité politique de la Suisse qui est basée sur les trois piliers qui sont, la structure confédérale qui réunit 26 cantons autonomes dans les domaines fiscale, sanitaire et éducative, puis sa démocratie directe, obligatoire pour des questions constitutionnelles et possibles par référenda ou initiatives populaires pour les autres questions, puis, pour terminer, sa neutralité armée et, par là, son indépendance, et si ensuite on observe l’attitude de votre parti à l’égard de ces trois aspects fondamentaux qui caractérisent notre pays, elle soulève les questions suivantes qui me préoccupent profondément:
Concernant la structure confédérale de la Suisse qui trouve son expression dans le Conseil des Etats et l’obligation de majorité des cantons dans les votations importantes, j’ai du mal à comprendre le refus du PS à soutenir cette obligation dans la future votation relative aux nouveaux accords avec l’Union Européenne qui sont d’une importance capitale pour l’avenir de notre pays.
L’importance carrément vitale de ce projet d’accord, injustement intitulé « Bilatérales III », et l’attitude à moi incompréhensible du PS à ce sujet se manifeste en premier lieu dans ce qui concerne la démocratie directe et, par elle, la particularité principale de notre système politique qui se diffère, par là, de ceux de tous les pays qui composent l’Union Européenne. Cette particularité, étant unique au monde, donne au pays son identité fondamentale qui lui permet de réunir en son sein trois cultures et quatre langues différentes et d’en assurer la cohésion. Or, l’accord proposé par le gouvernement et qui sera soumis à la votation populaire imposerait à la Suisse d’adopter automatiquement tous les lois et règlements élaborés et rédigés à Bruxelles sans la collaboration de notre pays. Cette dispositionj est commandée, en plus, par une commission, un genre de gouvernement non élu, sans véritable base légale, juste confirmée par un parlement aux droits très limités, une commission dérivant actuellement, en plus, vers une attitude et ainsi une politique dictatoriales. Cette disposition est parfaitement contraire à notre démocratie directe qu’elle réduirait, petit à petit, à zéro. Alors je ne comprends pas le soutien du PS à ce projet d’accord, profitable peut-être dans un premier temps sur le plan purement économique, mais désastreux pour l’identité même du pays.
Sur un autre plan, toute démocratie doit assurer, en son sein, la liberté absolue et d’opinion et d’expression. La variété des idées, leur confrontation et évaluation dans une démarche dialectique qui partant de la thèse et de l’antithèse permet d’arriver à la synthèse. Cette variété d’opinions et cette démarche sont essentielles pour toute démocratie. Or, en automne 2025 notre compatriote Jacques Baud, publiciste politique, ancien fonctionnaire de notre pays et ancien colonel à l’armée suisse, fut frappé de sanctions décidées par la Commission de l’Union Européenne sur demande d’une seule réunion des ministres des affaires étrangères des pays membres, sans aucune procédure légale et sans le droit de défense de l’accusé. Or, à ma connaissance aucune démarche, aucune prise de position, ni aucune invitation à notre gouvernement à intervenir énergiquement à Bruxelles pour défendre notre compatriote, ne s’est manifestée du côté du PS. Pourtant il y va, là, d’un droit humain fondamental et déterminant pour toute démocratie et il n’y va pas seulement de la liberté d’opinion, mais aussi de la liberté de mouvement et de l’utilisation de ses propres ressources, dans l’occurrence d’un citoyen suisse.
En ce qui concerne la neutralité et l’indépendance de la suisse, cet aspect primordial pour le positionnement de notre pays dans le monde, elles ont été malheureusement négligées , donc mis en question durant ces dernières années, comme l’illustre l’adoption intégrale des sanctions exercées à l’encontre de la Russie par les USA et l’UE, la fourniture d’équipemments militaires à des pays belligérants, à l’OTAN et à travers elle à l’Ukraine et à Israel, l’organisation d’une conférence de paix ridicule, à laquelle on invitait un belligérant, mais pas son adversaire. S’y ajoute notre dépendance des USA pour des armements importants que nous avons commandés auprès de leur gouvernement (!), notamment les avions de combat F35 et les défenses aériennes Patriot qui ne pourront être utlisés qu’avec l’accord du fournisseur. Là aussi je ne vois aucune intervention du PS, ni au parlement, ni encore moins au niiveau du gouvernement où, il faut bien l’admettre ,le parti n’est représenté que par deux faibles membres, sans grande influence.
Ces différents points que je soulève ici, et qui me font craindre pour l’avenir de notre pays et son extraordinaire et admirable conception, m’incitent à espérer que le Parti Socialiste Suisse se rende compte de la sévérité de la situation et de l’urgence de clarifier sa position en se rappelant ses origines et son attachement traditionnel à la justice sociale à l’intérieur de notre pays, ainsi qu’ à son imndépendance de pays neutre au centre de l’Europe.
Hans Gutscher, Chiang Mai, le 09.08.2026
ésastreux