BREXIT………..or not ?

10 Août

After all the months past since the acceptation of BREXIT by a very narrow majority of the British voters, after all the fastidious discussions led since then without any tangible result between the representatives of the two parties, it seems to me that it has become evident that the voting had been based on false appreciations and promises. A decision resulting of misleading information should be reviewed and the voters should get the right and the opportunity to reconsider their position and so vote again on basis of the knowledge of the real or at least probable result of their decision.

Two important aspects should as to me considered in the decision making:

1. The general political and economic situation of the world: The unification process engaged in Europe is constantly menaced on both sides, by the United States of America of Trump (but already under the former presidents!) at the west and by the Russia of Putin at the east, which both tend in their way to impeach this process.
It is evident that inside this global constellation none of the European countries, may they have in ancient times been as important and mighty as the British Empire, none is powerful enough to play any leading role in the world of today. This, for any of the European nations is only possible as part of a united continent. An independent Great Britain outside the European Union would only risk to become a kind of vassal of the United States of America. It would be a fatal mistake as to believe that the British Dominions such as Canada, Australia or New Zealand would be interested in a reviewed and updated economic association, their interests being now strongly focused on their own global neighbourhood and, as to Europe, on the European Union.

2. The strong cultural and historical European identity of Great Britain. Even if the worldwide presence and the importance of the British Empire confered to the British kingdom an outstanding position in the world since the Peace of Paris in 1763, its culture and its history relies it to the European continent with its Celtic and Germanic roots.
What would be the European philosophy without the so important contribution of the empiric philosophers John Locke and David Hume, what the built arts without the late English Gothic cathedrals, the Glasgow School of Art Nouveau or, more recently, the modern architects such as James Stirling, David Chipperfield or Norman Foster? What, before all, would be the European development towards democracy and human rights without the very first approaches, from the Magna Charta in 1215 to the Bill of Rights in 1689?
So, in spite of all the differences, especially in the judicial and political system, the absence for instance of a constitution, Great Britain, even in its insular situation, belongs to Europe. The above mentioned differences based on a different philosophical approach, should not be considered as differences but rather as complements to the more continental attitudes. These complements are essential to the unification of the European continent, which obviously has to be reviewed and redefined on a stronger and more democratic basement to which the absence of the British contribution would signify the lack of an important stone.

So, dear British friends, please reconsider your fallacious decision of 2016 and vote again in full lucidity and out of all demagogic influences, so to contribute to the success of the so important European Unification.

Hans Gutscher

LA DELIMITATION DE L’EUROPE VERS L’EST

6 Juil

Confronté avec les évènements qui ces jours secouent l’Ukraine il m’a semblé indiqué de rééditer mon blog de juillet 2018 dont l’objet et la conclusion reprennent de l’actualité face à la guerre qui est en cours entre la Russie et l’Ukraine. J’y ajoute cependant seul un chapitre additionnel concernant la seule Ukraine avec sa complexité tant historique que culturelle et démographique.

L’évolution de la guerre, notamment sur le plan géopolitique, un an après son début m’amène a compléter de nouveau ce blog qui ne perd rien de son actualité.

Si l’on veut conférer à l’Europe la qualité de continent que Larousse définit « comme vaste étendue de terre émergée »,le terme « émergée » utilisé dans cette définition implique une délimitation océanique au pourtour de cette « étendue ».Tel n’est manifestement pas le cas pour l’Europe qui est contigue à l’Asie ce qui nous amènerait plutôt à la comprendre comme une partie intégrante d’un continent Eurasie. Si maintenant, dans le cadre de l’unification européenne en cours, il nous importe d’en fixer la délimitation orientale vers la Russie qui s’étend à travers la Sibérie jusqu’aux confins orientaux de l’Asie, nous devons considérer les aspects geographiques, historiques et culturels afin d’arriver à formuler une proposition adaptée à l’état actuel de la région, proposition evidemment soumise aux évolutions notamment politiques d’un futur imprévisible.

1 ASPECTS GEOGRAPHIQUES

Si le sous-continent européen est clairement délimité sur ses façades maritimes au Sud (la mer mediterranéenne), à l’Ouest (l’Océan Atlantique) et au Nord (l’Océan Arctique), il se prolonge sans barriere naturelle notable sur son flanc oriental vers les vastes terres de la Russie et, plus loin, de la Sibérie. Il n’y a guère que la chaîne de montagnes de l’Oural qui crée une barrière naturelle du Nord au Sud, de la Mer de Barentz jusqu’aux steppes du Kazakhstan. Son point culminant situé dans sa partie Nord ne s’élève cependant qu’à 1894 m. Néanmoins, le Général de Gaulle avait en son temps parlé de « l’Europe de l’Atlantique jusqu’à l’Oural » et cette délimitation pourrait effectivement être admise sur le plan purement géographique, bien que de Gaulle voulait par là, certainement manifester sa vision d’une Russie intégrée dans l’Europe. Cette délimitation se heurte cependant, aujour-d’hui et depuis déjà le XVIe siècle à la dimension continentale d’une Russie qui s’étend de la Baltique jusqu’au Détroit de Béring. D’autres raisons d’ordre tant historique que culturel telles qu’elles sont developpées ci-dessous s’opposent également à cette délimitation correspondante à la chaîne de montagnes de l’Oural.

2 ASPECTS HISTORIQUES

Si les limites Ouest et Nord correspondaient dès le début de formation de ce qui est devenu l’Europe, avec leurs barrières à l’époque infranchissables des océans, la Mediterranée, mer intérieure à sa limite Sud, constituait jusqu’à la fin de l’Empire Romain un bassin d’échanges culturels et economiques, berceau de premières civilisations parmi les plus importantes du monde, egyptienne, assyrienne et grecque. Ce n’est qu’après les grandes migrations des IVe au VIe siècles, puis surtout après l’avènement de l’Islam et la conquête consécutive du littoral Sud de la Mediterranée par les Arabes qu’elle est devenue, en quelque sorte, la limite Sud de l’Europe, avec cependant encore des empiètements sur son territoire, à l’Ouest en Espagne jusqu’à 1492, et à l’Est suite à la conquête des Balkans par les Ottomans turcs dès la fin du XIVe siecle et jusqu’au début du XXe siècle.

La limite orientale de cette Europe en gestation n’a jamais été arrêtée pour de bien au milieu de cette immense plaine qui s’étend de la Pologne jusqu’en Sibérie. Cette limite déjà en soi difficile à définir s’est déplacée successivement au gré des invasions venant tant du Nord que de l’Est, voire encore des conquêtes militaires dans le cadre des innombrables guerres qui ont souvent eu comme théâtre des opérations ces vastes plaines propices au déploiement de grands corps d’armées. Ainsi ces terres basculèrent à plusieures reprises d’une appartenance au monde occidental à celle au monde asiatique.

Peuplée de tribus slaves l’immense territoire compris entre le Dnjepr et la Volga était parcouru dès le VIIIe siècle par des marchands scandinaves, les Varègues, sur leur chemin vers Byzance. Ces commerçants fondèrent les premières principautés russes autour de nouvelles villes, Novgorod au Nord et Kiev au centre de cet espace. Cette dernière ville fut élevée au rang de capitale en 882 par Oleg, fils de Riourik, fondateur de la dynastie à son nom, les Riourikides. Très rapidement, la Principauté de Kiev étendit sa souveraineté sur l’ensemble des territoires des slaves orientaux et ses dirigeants adoptèrent la religion et les structures politiques de l’Empire Byzantin. Sa situation et son identité culturelle l’opposèrent tout naturellement aux tribus voisins de l’Asie centrale. Ainsi la limite entre l’Europe et l’Asie en ces temps et jusqu’à l’invasion des Mongoles, peut être clairement située sur la frontière orientale de la Principauté de Kiev.

Avec l’invasion mongole sous Gengis Khan, puis son fils Batu et suite à la chute de la Principauté de Kiev en 1240 toute la vaste région y afférente tomba sous la domination de la Horde d’Or mongole et ainsi sous un régime despotique et sous une influence culturelle asiatique . La limite entre l’Europe et l’Asie se déplaça consécutivement vers les frontières des royaumes de Hongrie et de Pologne, cette dernière unie dès 1382 au Grand-Duché de Lituanie.

Ce n’est que vers la fin du XIVe siècle, avec l’émergence du Grand-Duché de Moscou et sa lente extension successive vers l’Est, au détriment des différents khanats mongoles et tatares, que la limite entre l’Europe et l’Asie fut de nouveau repoussée vers l’Est. Cette évolution trouva son aboutissement dès le règne de Pierre le Grand, tsar de Toutes les Russies en 1682, puis empereur dès 1721. Sous son influence l’attachement de l’Empire Russe à l’Europe se concrétisa sur les plans tant politique qu’économique et culturel, et ceci jusqu’à la Révolution d’Octobre en 1917. En parallèle et au contraire des autres puissances coloniales, séparées, elles, de leurs colonies par les océans, la Russie se créa un empire colonial contigu à son propre territoire en occupant tant la Sibérie que les états de l’Asie centrale.

Avec l’avènement d’un régime communiste et la transformation de l’Empire Russe en Union Soviétique, une nouvelle puissance continentale se constitua entre l’Europe et l’Asie, attachée par son etendue plutôt à cette dernière, mais par son fondement idéologique et culturel nettement à la première. Cet état immense qui fut transformé après la chute du Mur de Berlin et l’effondrement du régime communiste, en la Fédération Russe d’aujour-d’hui, se place dès lors comme une entité politique à part entre les deux continents dont elle ne pourra être intégrée ni à l’un ni à l’autre. La limite de l’Europe correspond dès lors à la frontière occidentale de cette puisssance mondiale au territoire de laquelle il y a lieu d’associer, au moins pour le moment et en dépit des conflits en cours en Ukraine, les trois états indépendants mais sous influence russe que sont la Biélorussie, l’Ukraine et la Moldavie et qui appartiennent, les trois, à la CEI, Communaute des Etats Indépendants, créée en 1991 sur initiative de la Russie.

3 ASPECTS CULTURELS ET RELIGIEUX

Si la culture que nous pouvons admettre aujour-d’hui comme européenne a pris ses racines dans la philosophie greco-romaine, dans l’apport religieux judéo-chrétien, provenant, ne l’oublions pas, du Moyen-Orient, puis des philosophies du Siècle des Lumières et des siècles consécutifs, l’impact et la présence de ces apports à travers l’histoire restent très différents d’une région à l’autre. Une Europe née des structures politiques urbaines, amenant une première démocratisation et développées principalement autour de son noyau situé de part et d’autre du Rhin et sur un axe Nord_-Sud des Flandres jusqu’en Lombardie, s’oppose à une Europe restée longtemps agricole et féodale sur la partie orientale et la périphérie Sud du continent. Encore aujour-d’hui nous constatons un assez net clivage culturel, politique et spirituel entre une Europe occidentale s’étendant du bassin Méditerranéen jusqu’aux pays Scandinaves et une Europe orientale allant des Balkans jusqu’au Nord de la Pologne, voire de la Lituanie. Déjà amorcée par les évolutions politiques différentes ce clivage s’était concrétisé sur le plan de la réorganisation de l’Europe après la Révolution Française et les Guerres Napoléoniennes, puis surtout comme aboutissement du Congrès de Vienne en 1815. L’Europe , à l’epoque, fut nettement séparée entre, à l’Ouest et au Nord, des monarchies constitutionnelles et des républiques, s’opposant à l’Est aux grandes monarchies absolutistes et autoritaires qu’étaient la Prusse, la Russie et l’Autriche-Hongrie. Ces régimes autoritaires ont laissé la place, après leur effondrement consécutif à la Première Guerre Mondiale à des dictatures, soit militaires soit communistes qui ont culminé par l’installation du fameux « Rideau de Fer » qui avait séparé l’Europe entre 1947 et 1989. Cette fracture se reflète aujour-d’hui et probablement encore pour longtemps entre les pays de l’Europe de l’Ouest et ceux de la partie orientale. Ces derniers restent encore empêtrés dans des velléités antidémocratiques et nationalistes, voire même des conflits régionaux, interethniques ou religieux comme dans les années 1990 dans l’ancienne Yougoslavie. Ceux-ci, hélas, sont souvent appuyés par les églises respectives, comme aujour-d’hui encore le conflit juridique en Pologne par l’église catholique du pays.

4. LE CAS PARTICULIER DE L’UKRAINE

L’histoire de cette région du monde est aussi complexe que l’est encore aujour d’hui son état actuel. Formée comme première entité politique russe dès le IXe siècle sous l’égide des Varègues, commerçants scandinaves qui occupaient les voies fluviales vers Byzance, cette principauté se dévelopait autour de sa capitale Kiew et s’étendait de la Mer Baltique jusque vers la région côtière de la Mer Noire, occupée par les Petchénègues. L’invasion mongole mit fin à cette principauté en 1223 à la bataille de la Kalka. Le régime de la Horde d’Or qui s’y établit ensuite ne résistait cependant pas à l’avancée du Royaume de Pologne, réunie ensuite avec la Lithuanie, royaume qui s’étendait à son apogée sous les Jagellons de la Mer Baltique jusqu’à Odessa. Le déclin de cet empire polono-lithuanien et son partage consécutif vers la fin du XVIIIe siècle repartit les terres confisquées appartenant aujour d’hui à l’Ukraine entre la Russie tsariste et l’Autriche-Hongrie. Ce partage entre ces regions durait jusqu’à la fin de la Première Guerre Mondiale suite à laquelle la majeure partie en fut intégrée à la nouvelle République de Pologne, mis à part la Ruthénie Subcarpatique integrée, elle, à la Tchecoslovaquie. Tous ces territoires furent ensuite, en 1945, à la fin de la Deuxième Guerre Mondiale, intégrés à l’Union Sovietique à l’interieur de laquelle fut créée la République Socialiste Soviétique autonome d’Ukraine.

La situation actuelle résulte maintenant de l’effondrement de l’Union Soviétique qui a vu la création de plusieurs états indépendants et notamment de celui de l’Ukraine , avec cependant, sa participation à la CEI Communauté d’Etats Indépendants créée sous la houlette de la Russie.

On constate à la lecture de l’histoire complexe de cette vaste région aux confins de l’Europe:

a). qu’un état Ukrainien indépendant, en dépit de velléités antérieures, n’existe véritablement que depuis 1991.

b). que cet état nouvellement créé se compose de deux régions au passé historique et ainsi aux consciences politiques très différentes avec, à l’Ouest les terres ayant appartenues à des états à forte influence occidentale, la Pologne et l’Autriche-Hongrie, et à l’Est des régions ayant toujours appartenues à l’Empire Russe.

c). qu’ainsi une certaine tradition démocratique, aussi faible soit elle, n’existe que dans la partie occidentale du pays et qu’elle correspond aussi à la répartition démographique avec une majorité de Russophones dans le Donbass et la Crimée, cette dernière n’ayant été rattachée à l’Ukraine qu’en 1954 sous Khrouchtchev, Ukrainien lui-même.

Suite à ce que j’ai essayé de résumer ci-dessus et d’en ressortir l’essentiel qui caractérise ce nouvel état complexe et aujour d’hui déchiré, il me paraît évident qu’il ne pourra survivre que sous forme fédérale avec une autonomie large des différentes régions avant que celles-ci ne pourront trouver leur place à l’intérieur d’une Europe des Régions telle que j’ai essayé de la définir dans mon blog au même titre.

5. CONCLUSION

L’histoire européenne passée en revue sous l’angle des aspects politiques, culturels et religieux montrent clairement que de tous les temps ce que nous pouvons admettre comme limite entre les deux continents Europe et Asie a toujours été fluctuante et difficile à établir. Deux certitudes se dégagent cependant et délimitent aussi le champ de réflexion. Primo, la Russie avec son étendue géographique et sa superficie qui depasse celle de toute l’Europe, représente un sous-continent à elle seule et elle doit être considérée en quelque sorte comme un pont entre l’Europe et l’Asie. Secondo, la Turquie qui fait partie du monde musulman, empêtré dans un mouvement intégriste propre à cette religion aux forts accents politiques dès sa création et la conquête militaire consécutive des vastes territoires allant du Maroc aux Indes, ne saura faire partie d’une Europe à laquelle ne la relie guère que son passé successoral de Byzance. Comme la Russie, mais à une échelle nettement réduite, elle pourrait le cas échéant jouer un rôle de puissance de pont entre les deux continents.

La délimitation de l’Europe est ainsi assez clairement définie, avec cependant l’incertitude quant à l’appartenance des trois pays limitrophes devenus indépendants après la dissolution de l’Union Soviétique, la Biélorussie, l’Ukraine et la Moldavie. Vu sous l’angle historique et culturel cette Europe est toutefois, comme montré ci-dessus, divisée en deux parties, occidentale et orientale, qui, on le voit aujour-d’hui, n’apportent pas, et de loin, les mêmes dispositions pour l’unification de ce continent, à urgemment réviser sous la conjoncture actuelle. Il paraît évident que le noyau de l’Europe, le berceau des idées philosophiques et politiques qui font la particularité et forment l’identité de ce continent, doit redéfinir ses structures et son organisation, si possible sous une forme régionale et fédérale, et de conférer aux états de l’Est européen un statut de pays associés avec la possibilité d’intégration ultérieure dès qu’ils auront aplani leurs différences conflictuelles et adopté clairement les bases identitaires et constitutionnelles de cette Union Européenne de demain. L’Europe à deux vitesses dont il est de plus en plus question depuis un certain temps deviendra ainsi réalité. Les pays situés géographiquement mais aussi politiquement entre le noyau de l’Europe et la Russie avec son glacis eurasiatique auront le temps de s’imprégner des valeurs essentielles de l’Europe et de les adopter clairement avant d’y entrer après l’adhesion sans ambiguités des populations, au préalable consultées par voie démocratique. A l’état actuel, ce groupe de pays comprendra certainement les pays balkaniques, la Hongrie, les Républiques Tchèque et Slovaque et la Pologne. Sous condition que chacun de ces pays auront ultérieurement le choix d’adhérer à l’une ou l’autre de ces entités politiques, les trois pays Biélorussie, Ukraine et Moldavie, pourraient egalement faire partie de ce groupe. Cette disposition serait toutefois conditionnée par une normalisation des relations entre l’Europe et la Russie et notamment la dissolution de l’OTAN qui, au fait, n’a plus de raison d’être depuis la dissolution du Pacte de Varsovie.

COMPLEMENT DU 24.02.2023

La guerre en cours en Ukraine, depuis 2014 comme guerre civile dans le Donbass, puis en guerre ouverte entre les deux pays, l’Ukraine et la Russie suite à l’invasion par cette dernière du territoire Ukrainien, a amené les sanctions économiques, dont la Russie est frappée par les Etats-Unis d’Amérique et l’Union Européenne suivant l’instigation de la première. Ces sanctions ont maintenant comme résultat manifeste la réorientation de la Russie vers l’Asie dont l’écrasante majorité des pays, comme ailleurs également ceux d’Afrique et d’Amérique Latine n’a pas appliqué ces sanctions.S’y ajoute comme argument important pour cette réorientation le changement géopolitique et surtout géoéconomique consécutifs à cette guerre et ces sanctions, changement qui crée un nouvel ordre financier global dans lequel de nouveaux instruments et de nouvelles institutions se forment en opposition et en concurrence à ceux et à celles actuellement en cours et qui remontent aux accords de Bretton Woods, conclus après la Deuxième Guerre Mondiale et qui imposent l’ USdollar comme monnaie de référence mondiale.

En conclusion force est de constater que la Russie sous la pression occidentale, orchestrée, rappelos-le, par les Etats-Unis d’Amérique, s’est maintenant clairement orientée vers l’Asie et n’est plus en mesure de jouer ce rôle souhaitable de lien entre l’Europe et l’Asie, rôle qu’elle ne pourra retrouver qu’une fois une véritable union européenne sera constitiuée selon le paragraphe précédent du présent blog et qu’elle sera libérée de la tutelle USaméricaine.

Dans ce nouveau contexte il paraît de plus en plus difficile de limiter l’Europe sur son flanc oriental, ceci d’autant plus que l’Ukraine dans son entité politique présente une diversité ethnographique importante avec notamment, à l’Est, une minorité russe importante de près de 25% de sa population totale. Par ailleurs les liens historiques, tant cultureks qu’économiques, religieux et même familiaux de ce pays avec la Russie rendent son déplacement vers une entité occidentale, même à deux vitesses comme développée ci-dessus, contraire à sa veritable identité.

Hans Gutscher
Chiang Mai, Thailand

document complété le 07. 03. 2022, puis le 24.02.2023

L’IMPORTANCE DE L’IDENTITE PERSONNELLE DANS LA REFONTE DE L’EUROPE UNIE

15 Juin

Ce texte est complémentaire aux contributions antérieures contenues dans ce même blog, à savoir:
– Vers une Europe des Régions
– Une constitution pour l’Europe

INTRODUCTION

Si, comme cela avait été développé dans les textes précités, une nouvelle unification de l’Europe, une Europe des Régions, devrait se définir et se créer du bas vers le haut, des unités politiques locales et régionales vers le gouvernement central, le rôle de chaque citoyen, voire même habitant revêt une importance capitale.
En effet, pour arriver à la cohésion et une unification stable de ce continent, aujour-d’hui encore trop divisé, il sera essentiel que la grande majorité de ses habitants fasse sienne en premier lieu une identité européenne et seulement ensuite, comme part de cette première, une identité nationale, voire, à l’avenir, régionale.

CREATION D’UNE IDENTITE EUROPEENNE

Pour y arriver tant le monde politique que celui de l’enseignement sont sollicités, surtout ce deuxième, dont le rôle est déterminant à plusieurs titres et dans plusieurs domaines, à savoir:

– l’enseignement de l’histoire
il devra en tout premier lieu abandonner la notion d' »histoire nationale » dont
le terme même ne concerne qu’une période limitée, les nations ne s’étant
développées comme entités politiques qu’à partir de la fin du XVIIIe siècle.
Mettre en évidence les développements historiques qui finalement ont conduit
vers l’entité européenne que nous connaissons aujour-d’hui et qui peuvent être
résumés comme suit:
– la naissance des premières civilisations autour du bassin de la Méditerranée
– la constitution de l’Empire Romain et sa délimitation orientale vers l’Asie,
repoussée ultérieurement vers l’Ouest sous l’Empire Ottoman.
– les grandes migrations venant du Nord et la constitution consécutive des
royaumes issus de l’amalgame entre les habitants romains et les envahisseurs
germaniques et slaves
– la naissance de l’Islam, religion à forte connotation politicomilitaire et
son expansion au Sud d’une Europe devenue chrétienne dans sa majorité
– la découverte, par les Européens, d’autres parties lointaines du monde
(Amériques, Océanie, Afrique australe, Sibérie), et l’émigration massive
d’Européens vers ces régions
– la fin du féodalisme et l’avènement des nations après les Guerres
Napoléoniennes et durant tout le XIXe et le début du XXe siècles
– Les désastres des deux Guerres Mondiales et les efforts consécutifs
d’unification du continent, notamment après la liquidation de l’antagonisme
idéologique qui durant près d’un demi-siècle avait coupé le continent en
deux parties opposées
Il devra mettre en évidence, par ailleurs, l’importance et le rôle bénéfique
des migrations qui, au fond, sont à la base de la formation de l’homme
européen d’aujour-d’hui. Y participe aussi la migration des idées et des
croyances dont la plus importante pour l’Europe, le christianisme, est née au
Moyen-Orient.

– l’enseignement de la philosophie

enseignement de l’histoire et du développement des courants philsophiques sur
le continent européen, avec la présentation comparative de leurs grands
courants et des tendances prédominants, d’une époque à l’autre, de même que
des idéologies qui, pour certaines, en résultèrent.

Il faudra également mettre en évidence tant les apports extérieurs à ces
développements (p.ex. le bouddhisme dans l’oeuvre de Schopenhauer), que les
différences fondamentales qui les séparent des philosophies extérieures
à l’Europe, notamment la compréhension diamétralement opposée du monde et de
l’humanité entre l’Europe et l’Extrême-Orient:
Partant des individus, l’Occident, l’Europe, comprend l’humanité comme la
totalité, l’addition, de ceux-ci, là où l’Extrême-Orient part de l’humanité
dans son ensemble dont l’individu ne représente qu’une part infime.
La valeur de chaque individu s’en ressent sensiblement différente.

L’enseignement de ces deux disciplines, soutenu par les dispositions politiques, devraient réveiller en tout Européen la conscience de sa particularité, donc de son identité continentale propre, qui au-delà de toutes les différences qui séparent, à l’intérieur du continent, les peuples qui le composent, le distingue dans une plus ou moins grande mesure des autres parties du monde, de ses concurrents proches et lointains. Il se reconnaîtra dans les qualités que son histoire, à travers ses innombrables conflits meurtriers, et ses penseurs, a travers leurs fréquentes disputes et confrontations lui ont léguées comme capital intellectuel précieux et identitaire et dont les composants les plus importants peuvent etre résumés comme suit:
– l’individualisme dans la communauté
– la liberté de pensée et d’expression
– la laicité avec comme conséquence, l’ouverture d’esprit
– la culture du dialogue et de la tolérance reciproque
– la confrontation des idées et la culture du consensus, voire du compromis
– la démocratie basée sur le dialogue et la séparation des pouvoirs
– l’entr’aide communautaire et sociale
– l’industrie et l’inventivité

CONCLUSION

Seul le réveil chez tout individu habitant ce continent de son attachement aux valeurs et aux acquis de ce dernier permettra de créer la base solide sur laquelle pourra se bâtir une Europe véritablement unie, pas seulement dans ses institutions mais dans le coeur même de chacun de ses habitants.

Hans Gutscher
Chiang Mai
15.06.2018

UNE CONSTITUTION POUR L’EUROPE

3 Mai

Ce texte est complémentaire à une contribution antérieure dans ce même blog: « Vers une Europe des Régions ».

CONSTITUTION ( selon Larousse) :
« Ensemble des textes fondamentaux qui établissent la forme d’un gouvernement, règlent les rapports entre gouvernants et gouvernés, et déterminent l’organisation des pouvoirs publics. »

1. ETAT ACTUEL

L’Union Européenne, en sa forme actuelle, est composée de 28, voire 27 (après le BREXIT) états-membres qui disposent, prèsque chacun, de sa constitution nationale. Le souci de doter cette union d’une base et d’un projet politiques valables pour l’ensemble des ses états-membres s’est fait sentir depuis bien des années et a fait l’objet de conventions dès le début du millénaire dans le cadre de réformes entreprises depuis et qui sont toujours en cours actuellement. En 2004 elles ont abouti en un simple « Traité établissant une constitution pour l’Europe. On en est encore là aujour-d’hui et le projet a pris le pas sur les problèmes actuels qui dominent à juste titre les débats au sein de l’UE.

2. LA NECESSITE D’ETABLIR UNE CONSTITUTION

Chaque constitution d’un ensemble politique, nation, région ou même canton ou « Land » (pour l’Allemagne), en définit sa nature et son identité et, par là même, celle de ses adhérents, citoyens ou habitants. Son absence pour l’Union Européenne dans sa forme actuelle d’union d’états-nations indépendants, contribue largement aux conflits qui perturbent les relations entre ses dirigeants et ses habitants. Ces derniers, de plus en plus fréquemment, ne se reconnaissent guère dans des décisions arrêtées par une commission et des chefs d’états qui, ces derniers, dans leurs actions, veillent souvent en premier lieu aux intérêts des nations qu’ils représentent. Les brèches ainsi ouvertes permettent aussi aux partis et mouvements souverainistes et populistes d’aggraver le conflit entre l’Union et ses citoyens. D’où urgence d’agir contre cette évolution désastreuse en proposant un véritable projet commun que les peuples concernés seront invités à discuter, à amender tout en le comparant dans le cadre d’échanges entr’eux, puis finalement de l’adopter et ainsi de s’y identifier.

3. BASES ET CONTENUS ESSENTIELS

Une constitution Européenne devra évidemment être établie sur la base des origines et des expériences historiques des républiques et monarchies constitutionnelles anciennes en partant de la Démocratie Athénienne du Ve siècle a.c. Elle sera basée en priorité sur les acquis et les principes établis par les philosophes européens des XVIIe et XIXe siècles (notamment Montesquieu, Hobbes, Sieyès), mais elle devra aussi refléter et tenir compte des récentes évolutions, notamment celle consécutive aux migrations en cours et qui touche la composition de sa population.

Les contenus et principes suivants me paraissent être essentiels:

– respect des droits de l’homme selon la « Convention Européenne de Sauvegarde des Droits de l’Homme et des Libertés Fondamentales », conclue à Rome le 04.01.1950.

– régime de démocratie indirecte par représentation et précision des institutions y correspondants.

– la séparation des pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire.

– la laicité et ainsi la séparation stricte entre politique et religieux, les différentes associations religieuses relevant du droit privé et devant s’engager à respecter dans leurs actions les prescriptions de la constitution, en s’abstenant notamment à propager dans leurs discours toutes prescriptions d’ordre politique, telles que celles contenues dans la Charia islamique.

– le respect des différentes cultures qui composent l’union, avec leurs langues, coutumes et traditions.

– le règlement et les limites de droit référendaire

-le règlement de l’exclusion d’états ou régions membres de l’union en cas de non-respect de la constitution.

Cette liste n’est évidemment pas exhaustive, mais elle est censée mettre en avant les éléments essentiels dans le but de définir une identité Europeenne, basée tant sur l’histoire et les acquis philosophiques des siècles passés que de l’evolution en cours, une identité ainsi susceptible d’être adoptée par la grande majorité des habitants de ce continent.

4. SURVEILLANCE DU RESPECT DE LA CONSTITUTION

Comme c’est le cas dans la plupart des états-nations actuels, une cour constitutionnelle Européenne devra être instituée et chargée de surveiller le respect de la conformité avec la constitution Européenne, de toute disposition juridique subordonnée, que ce soit au niveau des constitutions d’états ou de régions membres ou de simples lois. Le contrôle devra intervenir à priori, avant la mise en votation d’un texte par un parlement ou, dans le cas de référenda par le peuple.

5. CONCLUSION

Le présent essai doit se lire en complément à ma proposition de base « Vers une Europe des Régions » et il devra susciter le sentiment d’urgence de réveiller une identité véritablement Européenne au delà de nos frontières actuelles afin d’être à même de constituer une unité continentale forte, soutenue par ses habitants, et à égalité avec les grandes unités politiques du moment et de demain, telles les Etats-Unis d’Amérique, la Chine, l’Inde et la Russie.

Hans Gutscher
Chiang Mai
04.05.2018

LA SUISSE COMME LABORATOIRE POUR UN CONTINENT EUROPEEN REORGANISE EN EUROPE DES REGIONS.

9 Mar

Ce texte est complémentare à une contribution antérieure dans ce même blog: « Vers une Europe des régions ».

1. INTRODUCTION

A première vue et compte tenu de ses différentes parties linguistiques et culturelles, la division de la Suisse actuelle en régions, voire l’intégration de ses parties linguistiques dans des régions limitrophes à culture identique paraît s’imposer. Ce qui ainsi se présente comme une solution quasiment logique se heurte cependant au régime de démocratie semi-directe qui constitue, sur le plan politique, la particularité de ce pays situé au centre même du continent. Même menacé aujour-d’hui par les actions démagogiques et destructrices d’un parti politique et de son leader charismatique, ce régime, par ses mécanismes de consultations populaires a fait et continue, heureusement, de faire ses preuves et il permet aux citoyens de ce pays de s’y reconnaître et de s’y identifier. Il offre par ailleurs l’illustration d’une cohabitation, certes souvent difficile mais durable, de différentes cultures et mentalités, alémanique, française et italienne à laquelle on peut associer la très faible minorité romanche.

2. BREF APERCU HISTORIQUE

Des ses débuts, d’abord à partir de 1291 comme état autonome à l’intérieur du Saint Empire Romain Germanique, puis à partir de son indépendance obtenue dans le cadre des Traités de Westphalie en 1648, la Suisse s’est constituée, petit à petit, sur une base fédérale. Partant du noyau central créé autour du Lac des Quatre Cantons et du Col du St. Gothard, ce pays a trouvé sa configuration actuelle par l’adjonction, voire la simple association de villes libres et de leurs régions environnantes. A ses débuts presqu’exclusivement alémanique, la Suisse a trouvé, dès le XVe siècle son identité pluriculturelle par l’envahissement des vallées transalpines comme notamment le Tessin, de même que de l’actuel Canton de Vaud, envahi par les Bernois en 1536. Son organisation actuelle remonte à l’Acte de Médiation de 1803 qui comprenait notamment la création de nouveaux cantons indépendants dans les régions gérées avant, soit par l’ensemble des Confédérés, comme le Tessin, soit par l’un d’entr’eux comme le canton de Vaud, autrefois sous domination Bernoise. Confirmée au Congrès de Vienne en 1815 qui, par ailleurs, conféra à la Suisse son statut de pays neutre au centre de l’Europe, la Confédération Helvétique s’est dotée en 1848 d’une constitution qui depuis a été révisée à plusieurs reprises, mais de façon significative en 1874 ( droit de référendum ), en 1891 ( droit d’initiative populaire) , puis en 1999 par une refonte complète. Tant dans ses institutions que dans sa constitution la Confédération Helvétique a veillé à créer le meilleur équilibre possible entre ses différentes composantes culturelles de même qu’entre cantons urbains et cantons ruraux, équilibre poursuivi même au sein du gouvernement pour lequel la règle s’est établie qu’au minimum deux ministres sur les sept qui le composent soient ressortissants d’un des cantons latins. Cette organisation qui, en outre, concède une assez grande autonomie aux cantons, fonctionne maintenant depuis bientôt deux siècles et donne à cette entité politique pluriculturelle une cohésion et une adhérence de sa population assez exemplaires. Il serait donc vain, dans le présent comme dans un futur prévisible, d’envisager une dissection de ce pays en plusieures régions, correspondant par exemple aux différentes composantes culturelles, tant le système particulier de démocratie semi-directe est ancré dans le conscient de la population.

3. LA SUISSE COMME LABORATOIRE POLITIQUE

L’Europe multiculturelle réorganisée en Europe des Régions sera confrontée, à grande échelle, aux problèmes comparables à celles que la Confédération Helvétique avait rencontrés dès sa création. Si ces problèmes ont trouvé, pour leur essentiel, des solutions en somme satisfaisantes, celles-ci doivent et devront être constamment redéfinies et adaptées à l’évolution sociale et politique du moment. Dans ce sens, la Suisse pourrait prendre le rôle d’un laboratoire politique pour l’ensemble d’une Europe fédéraliste dont elle représenterait, en quelque sorte, une préfiguration à échelle réduite. Avec une population actuelle d’environs 8 millions d’habitants, la Confédération a la dimension d’une région moyenne, échelle qui permet l’introduction d’une démocratie semi-directe à l’image de celle de la Suisse. Les impulsions et les suggestions que ce pays pourrait apporter aux autres regions européennes devraient être actives autant que réactives dans ce sens que des retours de résultats d’expériences devraient pouvoir inciter à des adaptations des principes de base et de permettre constamment d’affiner les mécanismes démocratiques et, ainsi, de les rendre conformes aux évolutions de l’époque.
Les domaines pour lesquels la Confédération Helvétique pourrait, sur la base de ses expériences acquises de longue date, servir de laboratoire ou de banc d’essais sont les suivants:
– cohabitation pluriculturelle et purilinguistique
– procédés de démocratie directe: référenda et initiatives populaires
– coalitions gouvernementales basées sur un principe de consensus
– formation de majorités non pas figées mais constituées au cas par cas sur
chaque sujet en déliberation
– mise à l’enquête préliminaire des projets de lois et autres.
– répartition des compétences parmi les differents niveaux politiques: communes
– districts ou départements ou cantons – régions
– limitation, voire extension des droits civiques: ensemble des citoyens ou
extension sur l’ensembles des habitants
– législations locales au niveaux des communes et des districts
– introduction des nouvelles techniques informatiques dans les processus de
votation et d’élections
– règles pour le financement des partis politiques et pour le lobbying:
limitation et transparence
– introduction future d’un revenu minimal garanti pour chaque habitant, avec ses
règles d’application et de limitation
Cette liste n’est évidemment pas exhaustive elle devrait être élargie, voire simplement adaptée aux évolutions futures, aujour-d’hui imprévisibles tant sur le plan socio-politiques que purement technique.

4. CONCLUSION

La proposition esquissée ci-dessus pourrait permettre à la Confédération Helvétique, aujour-d’hui confinée dans un isolationnisme politique inconfortable et totalement contraire à son ouverture économique de trouver une formule d’intégration dans une Unione Européenne à repenser et à reconstruire sur de nouvelles bases, dans ce continent où elle occupe géographiquement une place centrale au coeur des Alpes et à la source d’eaux fluviales qui alimentent autant la Mer du Nord et la Méditerranée que la lointaine Mer Noire. Par ce nouveau rôle ce pays pourrait apporter à l’unification du continent auquel il appartient, des impulsions nouvelles et avant tout le fruit des expériences si particulières de son régime de démocratie semi-directe.

Hans Gutscher, 09.03.2018

LA DEMOCRATIE EN CRISE

4 Fév

INTRODUCTION

Si l’Human Security Report Project, à Vancouver, évaluait, dans son rapport « Guerre et Paix au XXe siècle » le nombre de démocraties dans le monde à 88 états sur un total de 195, on doit se demander sur quels critères cette appréciation avait été établie. Il ne suffit en effet pas d’admettre comme critère le fait que des élections aient eu lieu, et que consécutivement les institutions habituelles d’une démocratie à l’occidentale aient été constituées. Nous savons tous pertinemment que dans bon nombre de pays les votes sont achetés et les parlementaires et les ministres corrompus, et que dans d’autres les partis d’opposition sont purement et simplement interdits, et leurs leaders souvent emprisonnés. Ailleurs, dans nos pays de culture occidentale que nous pouvons admettre comme régimes démocratiques, ceux-ci sont aujour d’hui menacés à bien des endroits, dans leur fondement culturel et philosophique, par des phénomènes que le présent exposé essaie d’énumerer,puis de tracer des solutions pour l’avenir.

DEFINITION DU TERME « DEMOCRATIE » ET SES DIFFERENTES APPLICATIONS

Le terme « démocratie ». composé des mots grecs anciens « demos »: territoire, et implicitement peuple ou ensemble des citoyens correspondant, et « kratos »: pouvoir, désigne un régime politique, dans lequel le pouvoir est exercé par le peuple, soit directement, entièrement ou partiellement, soit indirectement par représentation. La plupart des democraties actuelles correspondent à cette dernière formule où le peuple, voire les citoyens, exercent le pouvoir par intermédiaire de ses représentants élus qui forment le parlement, dans la plupart des cas à deux chambres, dont la majorite constitue ensuite le gouvernement qui peut être révoqué par motion de censure. Une particularité est représentée par les Etats-Unis d’Amérique et la France qui connaissent un régime présidentiel avec le président élu par le peuple, soit directement comme en France, soit par des électeurs, élus eux par le peuple, comme cela est le cas aux Etats-Unis d’Amérique. Si des démocraties directes, dans lesquelles le peuple exerce directement le pouvoir législatif et élit lui-même le gouvernement ne peuvent être fonctionnelles que dans des unités politiques à faible population, comme aujour d’hui encore dans deux cantons suisses avec leurs « Landsgemeinden », la Confédération Helvétique connait un régime de démocratie semi-directe, avec des possibilités, pour ses citoyens, d’engager des référenda, voire même des initiatives populaires, relatives à différentes questions de la politique courante ou à des projets de lois ou articles de la constitution. Dans tous les cas de figure, le droit de vote se limite aux citoyens du pays ayant passé l’âge de majorité politique, ceci à de très rares exceptions d’unités politiques à petites dimensions qui accordent le droit de vote à l’ensemble de la population, donc y compris les étrangers qui vivent sur leur sol.
Ce qui par ailleurs caractérise l’ensemble des régimes démocratiques et qui en constitue un des fondements essentiels, réside dans la séparation des pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire telle qu’elle avait été définie par Montesquieu en 1748 dans son ouvrage phare « De l’Esprit des Lois ».

BREF ABREGE HISTORIQUE

Si pour nous occidentaux la démocratie avait pris ses racines dans les écrits philosophiques, notamment de Platon, et dans la constitution de la Cité d’Athènes dans la Grèce Antique du Ve siècle av. J.C., pour trouver ensuite sa prolongation, sous une forme cependant très oligarchique, dans la République Romaine, des formes de démocraties existaient apparemment au paravent et ailleurs, dans des villes-états sumériennes et phéniciennes.
Nous ne trouvons ensuite durant toute l’époque romaine impériale, puis le Moyen-Age et son féodalisme guère de systèmes démocratiques et, si déjà, limités sur un niveau régional, à des entités politiques à taille réduite comme des villes libres du Saint-Empire.
L’idée de la démocratie a refait surface et pris son chemin lentement depuis la fin du XVIIe siècle avec le développement et ensuite l’instrumentalisation du système parlementaire en Angleterre. En parallèle ses fondements philosophiques furent repris et développés par les philosophes du Siècle des Lumières, tels que Locke, Montesquieu et de Tocqueville, relayés ensuite aux XIXe et XXe siècles par les apports, souvent critiques, de Sieyès, Marx, Popper, Chomsky, Ricoeur et d’autres. Partant des premières expériences du parlementarisme en Angleterre, différents régimes démocratiques ont vu le jour dès la fin du XVIIIe siècle autour de l’Atlantique et en premier lieu aux Etats-Unis d’Amérique dès leur indépendance, puis en France sous la première république. Les idées de la Révolution Française furent promulguées au début du XIXe siècle à travers toute l’Europe et les colonies d’Outre mer.
Le régime parlementaires telle que nous le connaissons aujour d’hui s’est introduit dès la fin de la Première Guerre Mondiale dans la plupart des pays d’Europe, vite contré cependant dans plusieurs pays par des régimes dictatoriaux fascistes autant que communistes. Répandue depuis la fin de la Deuxième Guerre Mondiale à travers le monde entier, en Afrique et en Asie comme fruit de la colonisation, la démocratie représentative a aussi réduit son caractère oligarchique en introduisant le droit de vote pour les deux sexes.
Une exception de taille à cette règle est représentée par la Chine Populaire qui en dépit de ses révolutions et de la fin consécutive de son régime impérial a gardé son fondement philosophique qui résulte des réflexions de Confucius qui ont empreint l’organisation de l’état en y respectant la hiérarchie sociale établie en partant du cadre familial jusqu’à la pointe de l’état. D’après Confucius la position hiérarchique doit être fondée sur le savoir et les mérites et non sur la filiation, dans quel sens il faut comprendre sa phrase communiquée dans les « Entretiens avec Confucius »: « Si deux personnes marchent ensemble avec moi, il y en a au moins une qui peut me servir de maître ».

SCHEMA SEQUENTIEL DES MENACES QUI PESENT SUR LA DEMOCRATIE

1. L’ascendant de l’économique sur le politique
– donc d’un domaine, celui de l’économie, qui ne connait qu’à quelques exceptions près, aucune démarche démocratique qui se traduirait par la participation des ouvriers, employés, collaborateurs à la marche de leur société ou entreprise
– un domaine, en plus, dont les décideurs les plus importants sont de grandes sociétés multinationales qui, par leurs implantations planétaires, sont à même de contourner, voire d’influencer les décisions politiques et les lois consécutives d’un pays ou d’un autre.
– en parallèle, dégradation de l’être humain, ramené à une simple « ressource humaine » au même titre que les ressources matérielles et informatiques.
– et ainsi, dans le but de former des hommes et des femmes pour devenir les « outils » demandés par l’économie, importance accrue conférée dans les écoles, aux sciences naturelles, techniques et informatiques aux détriment des sciences dites « humaines », propres à développer chez l’être humain son sens critique et créatif. Dans ce but, de plus en plus, participation financière des grandes multinationales dans la création de laboratoires, voire même d’universités, dont elles peuvent ainsi influencer l’orientation et le choix des enseignants.

2. En conséquence, désarroi, voire même peur, d’une majorité grandissante des hommes et des femmes vis-à-vis de la globalisation et de l’inégalité de plus en plus inquiétante entre riches et pauvres, tant à l’intérieur de chaque pays qu’entre ces derniers au niveau global, déséquilibre planétaire qui provoque les migrations importantes dont nous ne voyons aujour d’hui que le début.
– en conséquence montée en puissance de partis et de mouvements populistes, voire pour plusieurs d’entr’eux même fascistes, selon le catalogue des caractéristiques établi par Umberto Eco dans son livre « Cinq Qustions de Morale ». Ces mouvements et partis luttent notamment contre la séparation des pouvoirs et le parlementarisme dont ils se servent pourtant jusqu’à l’arrivée au pouvoir (voir la NSDAP en 1933!).
– ainsi, des masses de plus en plus importantes se réfugient en quelque sorte dans ces mouvements et partis qui leur offrent des solutions simplistes aux problèmes compliqués de l’époque, un retour aux anciennes valeurs et une identité nationale et culturelle perdue, de même que l’image d’un ennemi commun, juif autrefois et de nouveau aujour-d’hui, ou maintenant en Europe le musulman ou l’UE comme institution, et, toujours et dans tous les cas, l’intellectuel. De plus, l’individu déstabilisé y trouve l’assurance et la protection du groupe.

3. la désingularisation de l’individu (terme utilisé par la philosophe française Cynthia Fleury) comme conséquence des deux évolutions développées ci-dessus, l’être humain étant confiné dans un moule conçu et mise en pratique d’abord dans les écoles, puis dans la vie active de tout-le-monde, auquel répondent l’intégration des individus dans des groupes formés et mis sous tutelle par des mouvements et partis politiques fascisants qui, par leur négation des règles démocratiques oeuvrent dans le sens des grandes multinationales. Ces deux acteurs, économique et politique, prennent en otage les médias, par le poids financier de la publicité le premier, par le poids des utilisateurs endoctrinés et mobilisés le deuxième.

4. Le conflit inévitable entre notre compréhension occidentale de la démocratie, avec ses sources et son fondement philosophique purement européens, et d’autres cultures, notamment asiatiques, dont l’assise culturelle et, à l’intérieur d’elle, leurs traditions politiques sont très différentes. Celles-ci sont fortement empreintes du Confucianisme en Chine et ailleurs en Extrême-Orient, dans d’autres contrées par des systèmes claniques toujours vivantes sous des formes actualisées.

REMEDES ENVISAGEABLES ET EVOLUTION SOUHAITEE POUR L’AVENIR DES DEMOCRATIES

Comme nous l’avons constaté dans le chapitre précédant et comme cela s’avère courant pour toute évolution dans ce domaine, la résistance et le combat contre les menaces doivent commencer dans les écoles et les universités et ils doivent être basés sur une révision et une réadoption des valeurs philosophiques surtout éthiques qui conditionnent tous les systèmes démocratiques. Ceux-ci, forcément au pluriel, doivent être redéfinies localement afin de tenir compte des différences culturelles et traditionnelles qui doivent constituer leur fondement pour qu’ils puissent être adoptés pleinement par les populations concernées.
En parallèle, et pour faire contrepoids aux grandes multinationales, aux fameux « global players », nos états, pour leur plupart de dimensions trop petites en face de ces puissances économiques, devront se regrouper dans des unités à échelle continentale. Celles-ci devront cependant être construites sur la base d’entités régionales à petites dimensions dans lesquelles chaque citoyen pourra se reconnaître à travers son identité culturelle acquise soit par naissance, soit par adoption. Réconforté dans son appartenance à une entité politique à laquelle il peut s’identifier, il sera prêt à en déléguer les pouvoirs indispensables pour leur activité à des instances suprarégionales, voire continentales.
L’essentiel dans cette évolution souhaitée sera de définir clairement, et ceci sur un plan mondial, son assise éthique, puis de la faire communiquer à tous les citoyens dès le début de la scolarisation, et ainsi de lui conférer son rôle de fil conducteur pour toutes nos actions. Cette démarche pourrait profiter des nouveaux reseaux de communication informatisée, le forum moderne d’échange d’idées et de formation de mouvements populaires, ce nouveau forum qui ne connaît ni frontières, ni distances à parcourir. Cependant, pour qu’il devienne dynamique et qu’il conduise à une participation active d’une majorité d’hommes et de femmes, il devra être alimenté par des projets phares rassembleurs et enthousiasmants, porteurs de promesses pour l’ensemble du monde, ne serait ce que pour la simple survie de l’humanité menacée dans son existance par sa propre faute.

CONCLUSION

Si le présent exposé essaie simplement de dresser l’état, certes non exhaustif, des problèmes que rencontrent aujour-d’hui nos démocraties, puis d’esquisser des voies pour en sortir et de sauver ce précieux acquis de notre culture, seul l’avenir avec ses imprévisibles nous montrera la voie qu’empruntera notre société pour sa réorganisation. Nous ne pouvons qu’espérer qu’elle se dégagera d’une inspiration et d’une volonté populaire et qu’ainsi elle ne soit pas octroyée par quelques individus ou organismes qui s’empareraient du pouvoir, que finalement la démocratie l’emporte sur la dictature.

Hans Gutscher, Chiang Mai

VERS UN NOUVEAU CENTRE DU MONDE

11 Jan

INTRODUCTION:

A partir de l’époque à laquelle les premiers empires avaient pris connaissance, l’un de l’autre, et que des relations culturelles et surtout commerciales s’étaient établies entr’eux, le monde a vu naître un centre de gravité à l’intérieur duquel richesses et découvertes se sont concentrées. Les considérations qui suivent se proposent d’en résumer les étapes historiques et d’esquisser, pour le futur du monde, l’aboutissement des changements profonds qui se dessinent dès le début de notre XXIe siècle.

BREF APERCU HISTORIQUE

Les centres du monde se sont développes, l’un après l’autre, lelong des axes commerciaux majeurs qui resultèrent souvent des évolutions techniques des moyens de locomotion et de transport et qui virent naître en leur sein et/ou à leur départ la concentration de richesses et de développements techniques et culturelles, puis consécutivement la constitution d’empires qui dominèrent le monde. Le premier axe ainsi constitué au cours du IIe siècle avant J.C.fut certainement la célèbre Route de la Soie qui reliait l’Empire des Hans en Chine à l’Empire Romain, puis dès la disparition de ce dernier en 476 après J.C. l’Empire de Byzance. Ce centre du monde formé par cet axe commercial qui reliait les deux empires les plus puissants de l’époque a vu naître tout au long de son histoire d’autres empires comme celui des Sassanides en Perse autant que des cités florissantes telles que Samarcande, Boukhara et autres. Sa sécurité étant affectée dès l’invasion des armées islamiques et leur victoire, en 751 après J.C. sur l’armée chinoise à Talas, puis dès la fin du XIIe siecle par les invasions mongoles, la Route de la Soie perdait de son attrait. Le commerce entre l’Europe et l’Asie Orientale, de plus en plus maritime, en empruntant la route du Golfe Persique, était cependant maintenu mais il passa, du côté européen, après la décadence de Byzance, successivement entre les mains des grandes entités politiques et commerciales, tant du côté de la Méditerranée, avec les cités-républiques de Gênes et de Venise, que du côté de la Mer Baltique et de celle du Nord avec la Hanse Teutonique et son comptoir à Bruges. La Chine des Mings, repliée sur elle-même, et l’Empire de Byzance en plein déclin, le centre du monde se concentra sur ces villes européennes, points d’arrivée, de distribution et de départ des marchandises et y provoqua l’accumulation de richesses et le développement d’une activité importante, tant commerciale que culturelle et inventive. Cette évolution marqua le début de la domination européenne sur le monde, évolution qui devint effective à partir de la fin du XVe siècle avec le développement de navires performants qui permirent d’affranchir les océans et la découverte des Amériques, de même que le contournement de l’Afrique.
En conséquence, les centres du monde successifs se déplacèrent vers les grandes cités portuaires de la Côte Atlantique, d’abord vers Anvers et Amsterdam, puis pour une longue période vers Londres, la capitale du puissant Empire Britannique. Le centre du monde s’était ainsi déplacé des mers intérieures de l’Europe vers l’Atlantique qu’il traversa vers la fin du XIXe siecle pour s’établir, jusqu’à aujour d’hui à New York, puis également Los Angeles sur la Côte Pacifique. Le dernier président des Etats-Unis d’Amérique, Barack Obama, avait bien pressenti ce transfert de l’Atlantique vers le Pacifique en appuyant la création d’un espace de libre échange autour de cet océan, traité aujour-d’hui abandonné par le nouveau président des Etats-Unis. Tel est aujour-d’hui l’état du monde avec un centre de part et d’autre de l’Océan Pacifique, avec d’un côté les Etats-Unis d’Amérique, actuellement encore première puissance du monde, relayés à court ou à moyen terme par la Chine, puissance montante de l’aute côté de l’océan.

L’AXE COMMERCIAL CHINE-EUROPE: NOUVEAU CENTRE DU MONDE.

L’avènement de la Chine comme première puissance, demain, du monde, le repli actuel sur eux-mêmes des Eats-Unis d’Amérique laissent apparaître comme probable le transfert du centre du monde d’un côté à l’autre du Pacifique. Il s’affirme aussi par les projets d’infrastructure à échelle continentale que les dirigeants chinois ont conçus, programmés et déjà, partiellement, mis en route. En premier lieu, il s’agit là, de la remise en valeur, avec les moyens de la technique moderne, de l’ancienne Route de la Soie. Elle sera doublée, sur son flanc Sud, par des liaisons tant maritimes que terrestres, ces dernières notamment par l’Asian Highway Nr. 1 qui reliera Singapour à Istanbul. Ces grands axes commerciaux, une fois réalisés, passeront à travers des pays parmi les plus puissants de demain, depuis la Chine consécutivement par l’Inde, au Sud, les républiques turciques de l’Asie Centrale au Nord, puis par l’Iran et la Turquie, pour aboutir, finalement, en Europe. Mais quelle Europe, c’est là la question cruciale. Pour se mettre en valeur et à égalité avec les grands pays qui s’inscrivent sur cet axe commercial et qui prendront, de ce fait, un essor et une importance considérables, l’Europe devra se redéfinir comme entité politique cohérente et dirigée par des instances suprarégionales appuyées sur une volonté populaire forte et consensuelle. Pour y arriver elle devra se libérer de son découpage en nations dont aucune, déjà au stade actuel et encore plus fortement à l’avenir, ne saura se prévaloir à elle seule comme l’équivalent des puissances déjà établies, Chine et Inde, voire montantes, Iran et Turquie. L’Europe devra dépasser ses frontières et différences intérieures et mettre l’accent sur ses valeurs communes immenses tant socio-culturelles que techniques et politico-philosophiques, qualités qui la caractérisent et qui peuvent lui conférer, à l’extrémité occidentale de ce grand axe, le contrepoids et le partenariat avec et à la Chine située à l’autre extrémité.
Le futur centre du monde se dessinera alors comme cette liaison continentale entre l’Extrême Orient et l’Occident, entre la Chine et l’Europe unifiée. Ce nouveau centre du monde englobera ainsi les deux continents, l’Europe et l’Asie, dont la frontière n’a jamais pu etre définie à satisfaction. Il en formera de ce fait ce seul continent Eurasie avec ses limites maritimes naturelles au pourtour. Cette évolution probable, voire prévisible, laissera derrière elle une Afrique qui restera encore longtemps seul pourvoyeur de ses richesses naturelles immenses et un continent américain relégué au deuxième rang dans ce monde redéfini. On verra que tant Wall Street que Silicon Valley se transfèreront aisément.

CONCLUSION

Si la constitution de ce nouveau centre du monde sous forme d’un axe commercial à travers l’Eurasie prend son depart avec force et vitesse à son extrémité orientale, en Chine, il appartient à l’Europe, de l’autre côté, de s’affirmer comme contrepoids et complément, sinon démographique ce qui est impossible, mais commercial et culturel, et de susciter et de promouvoir la rencontre de deux des plus anciennes cultures du monde, ceci, espérons le, pour le plus grand bien de l’humanité dans un monde dans lequel les hommes devront se comprendre comme part de la nature et abandonner cette illusion suicidaire d’une nature au service de l’homme.

Hans Gutscher, Chiang Mai

VERS UNE EUROPE DES REGIONS ?

10 Déc

TEXTE REACTUALISE PLUS DE 5 ANS APRES SA REDACTION INITIALE ET AU VU DES EVENEMENTS IMPORTANTS ET SOUVENT DRAMATIQUES QUI ONT SECOUE ET QUI SECOUENT TOUJOURS NOTRE CONTINENT, PAR AILL;EURS SI PARTICULIER ET SI ATTRAYANT.

 » C’est le tissu de la vie sociale qu’il s’agit de reconstituer dans toute l’Europe;  et les variétés du tissu préfigurant les organes en formation ». Denis de Rougemont, dans « L’Avenir c’est notre affaire », paru chez Stock en 1977.

1.INTRODUCTION.

Les récents évènements survenus en Europe, notamment les votations en Ecosse, puis en Catalogne, pour ou contre l’indépendance de ces régions, mais aussi récemment, pour ou contre une autonomie accrue, en Italie du Nord, ont clairement mis en évidence les fissures de plus en plus profondes qui lézardent les états nations de notre continent. Affaiblie par ces évolutions, mais également par la recrudescence de mouvements antidémocratiques dans les pays de l’Europe Orientale, l’Union Européenne affronte une crise structurelle, actuellement encore aggravée par la crise gouvernementale en Allemagne, son état membre le plus important.

Pour sauver et redéfinir sur de nouvelles bases l’unité européennne et ainsi d’assurer à notre continent le rôle important qui devrait lui revenir dans le monde, il parait inévitable de remettre en question sa structure actuelle, de l’analyser, puis d’essayer d’en définir une nouvelle avec l’assentiment des peuples qui composent l’Europe.

Les idées qui sont présentées ci-dessous se proposent d’apporter à cette discussion indispensable leur modeste contribution.

2. EVOLUTION HISTORIQUE ET ETAT ACTUEL.

L’origine du terme « Nation » pour désigner une entité politique ne remonte guère plus loin qu’au XVIIIe siècle durnt lequel il s’est introduit notamment en France, durant la Révolution Française, puis, petit à petit, durant le XIXe siècle dans toute l’Europe. Sa définition, basée au début sur une entité éthnique et culturelle, a conduit à la structure politique de l’Europe d’aujour d’hui, en partant du Congrès de Vienne, puis du démembrement des empires pluriéthinques de l »Autriche-Hongrie et de l’Empire Ottoman après la Première Guerre Mondiale, et pour finir, des dernières corrections créées par la dissolution de l’Union Soviétique et celle de l’ancienne Yougoslavie. Les nouvelles migrations provoquées tant par des guerres locales, que par des déséquilibres économiques ont cependant mis en question l’unite éthnique et culturelle qui était à la base du terme « Nation ». La définition la plus rapprochante de la réalité actuelle est probablement celle donnée par le Grand Robert, à savoir: « Nation: Groupe humain, généralement assez vaste, qui se caractérise par la conscience de son unité et la volonté de vivre en commun ».

Laccent est donc mis sur une volonté populaire qui, toutefois, était formée, durant tout le XIXe puis le XXe siècle par force propagande développée par les dirigeants des différents pays composant l’Europe et qui a culminée dans les mouvements nationalistes de triste memoire. Si l’on regarde aujour d’hui la configuration des nations qui composent l’Europe, force est de constater qu’à bien des endroits les frontières ne représentent que le résultat des innombrables guerres qui ont secoué et meurtri ce vieux continent, et qu’elles ne reflètent ainsi que l’aboutissement de luttes entre les anciennes dynasties, voire communautés religieuses pour la domination de telle ou autre territoire. Comment comprendre autrement des frontières contre nature qui, par exemple, séparent les Basques entre la France et l’Espagne, ou encore les Tyroliens entre l’Autriche et l’Italie. Les fissures dans le tissu des nations qui s’étaient manifestées vers la fin du XXe siècle et qui ont conduit à de nouvelles entités politiques, tant en Tchecoslovaquie qu’en Yougoslavie, apparaissent, petit à petit, ailleurs en Europe et mettent en cause les entités nationales que nous connaissons aujour-d’hui et dans lesquelles les populations ne se reconnaissent de moins en moins, ni dans les gouvernements respectifs, ni encore moins dans les instances qui sont à la tête de l’Union Européenne. Celle-ci souffre par ailleurs de la disproportion en taille, et ainsi en poids économique et, par là, en pouvoir décisionnel entre les différentes nations qui la composent. Il n’est ainsi pas admissible que l’Union Européenne dans son entité soit actuellement pratiquement paralysée par une crise ministérielle en Allemagne et qu’elle soit ainsi quasiment absente sur le parquet de la diplomatie internationale.

Partout en Europe, le malaise s’est installé parmi ses populations et entre celles-ci et leurs gouvernements. Le risque est grand que ce malaise s’accentue et qu’il conduise à de nouveaux mouvements nationalistes qui menaceraient de nouveau la paix en Europe. Ce risque est grand et il nous impose de réfléchir tous à une réorganisation politique de ce continent.

3. VERS UNE EUROPE DES REGIONS.

Comme nous l’avons démontré ci-dessus l’actuelle Europe des Nations souffre des trois maux suivants qui se précisent , voire s’agravent de jour en jour:

  • tendance vers une autonomie accrue, voire l’indépendance même de plus en plus de régions ou même d’anciens pays indépendants comme notamment l’Ecosse.
  • déséquilibre entre les différentes nations, avec des pays démographiquement et économiquements « forts » comme l’Allemagne, la France et l’Italie et des petits pays « faibles » , tels que Malte, Chypre, Pays Baltes, etc.
  • aliénation entre les instances dirigeantes et les populations d’où déficit démocratique montant.

Nous sommes donc essentiellement confrontés à un problème d’échelle qui résulte de la taille des nations qui, en fait, se sont formées, à travers des siècles, par des guerres successives, au détriment ou au profit d’autres. Leurs frontières résultent de reflexions principalement militaires, quelque fois aussi économiques, mais guère culturelles, et surtout sans  consultation, à quelques exceptions mineures près, des populations concernées.

Il y a donc lieu de se détacher, petit à petit, de la notion de « nation » et de réorganiser l’Europe sur la base d’entités politiques à taille plus ou moins comparables, définies sur la base de considérations économiques, culturelles et historiques et créées par la volonté de la majorité des populations concernées. Le processus politique ne doit plus être dicté et décrété de haut vers le bas mais initié et construit du bas vers le haut.

Des régions ainsi définies remplaceront les nations actuelles et délègueront aux instances dirigeantes Européennes les pouvoirs necessaires pour assurer à l’Europe son rôle et son poids vis-à-vis des autres grandes entités politiques du monde, comme les USA, la Russie, la Chine, etc, mais aussi vis-à-vis des grandes entreprises globales et leurs groupes de pression.

Ces régions, dont la population devrait se situer pour chacune entre 5 et 15 millions d’habitants se formeront autour de centres d’intérêts communs, économiques et/ou culturels, autour de grandes métropoles, voire de cours d’eaux, de bassins, d’estuaires ou d’autres. Pour une population totale d’environs 5oo millions, ces régions seraient approximativement au nombre d’une cinquantaine, ce qui correspond sensiblement au nombre d’états des USA, entité politique qui a fait ses preuves depuis plus de deux siècles.

4. LA STRUCTURE ENVISAGEABLE D’UNE FUTURE EUROPE DES REGIONS.

Une fois les régions établies et les pouvoirs a déléguer à des instances suprarégionales, donc Europeennes, définis, la nouvelle Union Européenne ainsi créée devra être organisée sur une base fédéraliste, en s’inspirant des exemples donnés tant par les USA que par la Confédération Helvétique.

Le législatif comprendra ainsi deux chambres :

  • la première, correspondant au House of representatifs des USA, voire au Conseil National Suisse, composée des députés régionaux en proportion avec leurs nombre d’électeurs.
  • la deuxième, correspondant au Senat aux USA, voire au Conseil des Etats en Suisse, composée de deux représentants par region.

Cette double représentation, l’une proportionnelle au nombre d’habitants, l’autre à la représentation égale pour chaque région, permettra, comme cela est le cas dans les deux états cités en référence, une atténuation d’éventuelles disproportions au niveau du poids démographique entre les régions.

Si dans la première chambre des fractions selon partis ou tendances politiques s’organiseront à l’image des parlements Européens actuels, il serait envisageable, voire souhaitable, d’organiser des fractions représentant des intérêts économiques comparables de certains groupes de régions (p.ex. régions autour de la Mer Baltique, régions méditerranéennes, etc.) à l’intérieur de la deuxième chambre. Cette disposition permettrait de contrebalancer le poids des considérations purement idéologiques ou/et partisanes qui aujour d’hui faussent et alourdissent souvent le débat politique et le font dévier des vrais problèmes qui préoccupent les populations. Le gouvernement central européen, élu par les deux chambres du parlement européen, gouvernement de préférence de coalition, devra refléter les majorités et les poids respectifs des composantes tant politiques que géoéconomiques des deux chambres.

Construite ainsi de bas vers le haut en passant par des échelons intermédiaires de groupes d’intérêts communs, cette nouvelle entité politique Européenne devra permettre à l’ensemble de ses populations de s’y reconnaitre et d’y adhérer pleinement. Elle donnera ainsi à ce continent la force et le rayonnement nécessaires pour se mettre à égalité avec les autres puissances politiques du monde, mais aussi et surtout les puissances économiques des « global players », entreprises et sociétés dites multinationales dans les domaines industriels, financiers et de recherche et techniques de l’avenir.

5. EVOLUTION ENVISAGEABLE DANS LE TEMPS.

La transformation  de l’Europe actuelle des Nations en Europe des Régions devrait pouvoir s’effectuer de façon évolutive en deux opérations successives:

  • A: remplacement des instances directeurs actuelles par un véritable gouvernement élu par le parlement européen, après réorganisation de ce dernier en deux chambres selon le schéma esquissé ci-dessus, comprenant un « Sénat » ou conseil des états, composé de deux représentants par pays membre actuel, puis successivement par région nouvellement créé.
  • B: constitution successive des différentes régions, en partant des embryons qui existent déjà, par ci, par là, notamment des régions autonomes à l’intérieur des nations actuelles, comme p.ex. le Frioul et le Val d’Aoste en Italie.

Comme indiqué ci-dessus, cette transformation du continent devra se faire du bas vers le haut, de façon évolutive et dans la paix. Les populations elles-mêmes devront s’identifier à leurs régions et exercer, par voix parlementaire, autant que possible, leur pression pour obtenir de plus en plus d’autonomie, puis d’indépendance à l’intérieur de cette nouvelle structure d’une Europe redevenue forte et influente à l’intérieur des grandes entités tant politiques qu’économiques du monde.

6. LA NATURE DES REGIONS.

Les nouvelles régions à créer seront des entités politiques qui regrouperont des populations qui y trouveront en premier lieu un intérêt économique commun, mais aussi des identités culturelles, géographiques, sociales et historiques auxquelles elles pourront adhérer. Elles pourront de prime abord s’organiser autour:

  • d’une grande métropole (p.ex le Grand Paris)
  • d’un bassin fluvial (p.ex. la Regio Basilensis, de part et d’autre du Rhin)
  • d’un massif montagneux (p.ex. Massif Central, les Carpathes)
  • d’un ancien pôle industriel (p.ex. la Ruhr, les Midlands)

Elles pourront, dans de rares cas, aussi simplement reprendre les actuelles limites de petits pays existants tels que les Pays Baltes, des îles comme Malte, etc.

Ces régions pourront ensuite se regrouper dans des entités à intérêts comparables pour leur faire valoir leurs intérêts spécifiques, à l’intérieur de la chambre des régions à créer. A titre d’illustration, on pourrait ainsi s’imaginer des groupes de régions autour de la Mer Baltique, de la Méditerranée orientale et occidentale, de massifs montagneux comme les Alpes, les Carpathes, des grandes plaines de l’Europe orientale, etc.

7. REPARTITION DES CHARGES ET DES COMPETENCES.

Il est évident que si les domaines qui concernent et règlent notre vie de tous les jours sont et devront être du ressort de chaque région, celles-ci seront amenées à déléguer les pouvoirs indispensables aux instances européennes pour leur donner les moyens à leur politique vis-à-vis de l’extérieur du continent, mais aussi en son intérieur au niveau de la coordination entre les régions et leur concordance entre les décisions législatives. Ainsi les compétences relatifs aux domaines  suivants devront être déléguées au pouvoir central Européen:

  • politique extérieure, y compris les relations diplomatiques
  • protection des frontières et des migrations, armée et police européenne
  • questions et cour constitutionnelles
  • politique financière avec banque centrale et monnaie unique avec surveillance stricte des règles y afférentes
  • infrastructure intercontinentale, liaisons terrestres, aériennes, fluviales et maritimes, reseaux énergétiques et politique environnementale.
  • établissement de standards techniques et homologations, relations avec les entreprises transcontinentales.
  • coordination entre les régions et/ou groupes de régions dans leurs domaines et compétences régionales (formation, sécurité, environnement, infrastructure locale, santé, etc. )

Par contre la proximité des services quotidiens tels que cités ci-dessus est essentielle pour chaque habitant pour son identification avec son lieu de séjour et de travail, village, quartier ou/et région, puis par délégation avec l’ensemble, avec ce continent rebâti depuis ses cellules de base, avec le consentiment de ses habitants.

7. CONCLUSION.

La présente esquisse d’une réorganisation de l’Europe selon une conception fédéraliste, sa mutation d’une Europe des Nations en une Europe des Régions, se propose de contribuer à un examen critique de l’état actuel de ce continent.

Ce projet propose de créer de nouvelles structures bâties de bas vers le haut, des cellules de base vers des instances centrales, auxquelles tous les habitants pourront ainsi s’identifier dans des processus véritablement démocratiques, de créer ainsi une Europe dans laquelle un chacun pourra se reconnaître pour le bien et le rayonnemnt de notre continent.

REACTUALISATION DU 14 JUILLET 2025

La relecture de mon blog de 2017, au vu de l’évolution géopolitique importante qui s’est produite depuis cette date et l’état préoccupant, approchant même sa dissolution, de l’Union Européenne m’amène aux réflections suivantes:

  1. Ma vision d’une Europe des Régions et non pas des nations, ni formant au surplus un nouvel état centralisé, reste pour moi valable et soiuhaitable dans les grandes lignes.
  2. Le développement vers la centralisation du pouvoir, débuté sous la présidence de la Commission Européenne sous Jacques De;lors entre 1985 et 1995, centraliisation toujours en cours, voire même accentuée, sous la présidence actuelle de Ursula von der Leyen, ce développement suscite ces derniers temps un retour vers le nationalisme dans la plupart des états membres de l’Union Européenne.
  3. Dès lors, l’affirmation des unités identitaires régionales ne pourra s’établir que sur la base et dans le cadre des identités nationales reconfirmées. Beaucoup des états actuels présentent, par leur petite dimension tant géographique que démographique, les dimensions des futures régions. Ces derniéres ne devront donc être créées qu’à l’intérieur des grandes nations qui sont la France, l’Allemagne, l’Italie, l’Espagne, voire encore la Pologne et la Roumanie. 
  4. Les structures politiques d’une future nouvelle Union Européenne devront respecter et s’établir sur la base des principes suivants qui sont élémentaires pour toute structure politique d’ordre démocratique: A. la séparation stricte des pouvoirs législatif, exécutif et juridique, B. la limitation d’un gouvernement central (aujour d’hui la Commissiom de l »UE) nécessaire pour la représentation de cette nouvelle union confédérale des pays et regions européennes, sur le plan des relations internationales en face tant des superpuissances établies que des entreprises multinationales à pouvoir et importance économique mondial, C. création d’un parlement à deux chambres à l’example du parlement suisse, avec une chambre réunissant des députés élus en proportionnelle dans chacun des états membres, et une chambre des états avec pour chaque membre, deux représentants, D. le gouvernement centtral sera élu par le parlement sur base des résultats de votations populaires et sur proposition d’un premier-ministre désigné par les forces gagnantes dans les élctions, comme d’ailleurs cela se pratique dans la majorité des états européens actuels.

Par ces nouvelles structures et par la limitation, mais en même temps par le renforcement des pouvoirs tant du gouvernement central que de celui des gouvernements régionaux, cette nouvelle Union Européenne sera à même de renforcer son image d’un ensemble géopolitique riche par sa grande diversité tant géographique que culturelle et sociale et affirmer son identité particulière de la « DIVERSITE DANS L’UNION » et ainsi rayonner à travers le monde entier.

réactualisé le 14.07.2025       Hans Gutscher, Doi Saket

Hans Gutscher

 

 

 

 

 

 

 

PROJECT FOR ENERGETICALLY AUTONOMOUS HOUSING UNITS

14 Fév

perspective 1 perspective 2 perspective 3

In consideration of the actual problem of energy supply due to the present war in Ukraine and the western coubtrie’s sanctions against Russia, I thought it indicated to republish my blog « Autonodomus: project for energetically autonomous houses » from february 2013, reviewed and completed with the detailed project design, so to contribute to the actual efforts of reducing the world wide energy consumption. The below showed housing units which are projected so to get full autonomy in energy supply, by using the local natural resources, sunshine, wind and water, by combining up today technologies with regional housing tradition. We are looking for partners for the detailed technical approach as well as for its implementation in the creation of prototypes. Persons interested please contact Hans Gutscher, architect by e-mail gutlampang@outlook.com

 

Chiang Mai, le 14.01,2023 Hans Gutscher, Chiang Mai, Doi Saket, Thailand

architect FIT Zurich, Switzerland

gutlampang@outlook.com

with the collaboration of Raquel Vega, architect, Renens, Switzerland

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Restauration de batiments anciens: Questions de methode, Restoration of ancient buildings: Methodological questions.

9 Fév