LA LIBERTE INDIVIDUELLE: ESSAI D’UN ETAT DES LIEUX

4 Août

Précisons d’emblée que les réflexions qui suivent portent sur la seule liberté de l’individu dans ses relations avec les autres au sein de la société humaine. Elles ne se prononcent donc pas sur la liberté intérieure de l’humain, son indépendance vis-à-vis de ses désirs, de ses choix personnels et de ses conditions de vie physiques et mentales. Dans les deux cas de libertés, cependant, pour sa liberté en société comme pour sa liberté intérieure personnelle, elles appellent, pour se développer et pour s’affirmer, à l’acceptation de limites et de contraintes librement consenties. Autrement dit, il ne peut avoir de liberté sans la discipline qui doit être principalement basée sur le respect des libertés des autres.

L’article IV de la « Déclaration des droits de l’homme et du citoyen » d’août 1789 précise bien : « La liberté consiste à faire tout ce qui ne nuit pas à autrui ».

Si nous regardons maintenant la situation actuelle de la liberté de l’humain dans ses rapports avec les autres, nous distinguons ci-après dans ses relations les aspects suivants:

liberté et nombre, liberté et anonymat, liberté et économie, liberté et formation, liberté et information.

LIBERTE ET NOMBRE

Si comme cela est précisé dans la « Déclaration des droits de l’homme et du citoyen » précitée, la liberté de chaque humain se limite au point de rencontre avec celle de l’autre, il est évident que, sur un plan purement mathématique, le champ que l’on peut ainsi attribuer à la liberté de chacun diminue en fonction de l’accroissement de la population sur une surface donnée et limitée, celle de la terre. Les effets de la surpopulation se traduisent également dans le choix des régimes politiques qui nous mènent petit à petit, à travers le monde et sous différentes formes, vers des régimes autoritaires, à première vue seules capables de gérer avec efficacité des entités politiques aux populations en surnombre.

Déjà Montesquieu précisa dans son « Esprits des lois » que la démocratie comme système politique ne pouvait s’adapter qu’aux communautés politiques de petite taille. Or, comme ces dernières, là où elles existent encore, sont de plus en plus menacées dans leur survie, elles ont tendance à disparaître, sauf si les grandes entités politiques ne sauront se recomposer de petites unités, régions ou départements. Celles-ci gouvernées démocratiquement, délègueraient volontairement les grandes décisions à l’entité politique supérieure à laquelle elles auraient librement consenti d’appartenir.

En conclusion pour cet aspect, force est de constater que le nombre croissant des humains sur la terre comporte le risque de voir leur liberté diminuée, voire même menacée pour l’essentiel.

LIBERTE ET ANONYMAT

La préservation de son anonymat à l’intérieur de la société humaine, c’est-à-dire sa liberté de mouvement et de pensée, représente une partie essentielle de la liberté de l’humain. Avec l’évolution technique des procédés et des équipements de surveillance, amplement mis en pratique par les autorités politiques à travers le monde entier, cette partie essentielle de la liberté individuelle est de plus en plus diminuée et le contrôle de ses mouvements, comportements et actions de plus en plus renforcé. Les caméras et les logiciels dits de « traçage » rendent notre vie quotidienne transparente et ainsi soumise à une surveillance permanente et efficace au profit d’autorités de moins en moins respectueuses de la liberté de l’individu, liberté qui risque,  pour certaines,  de les déranger dans leur volonté de gouvernance totalitaire.

LIBERTE ET ECONOMIE

De simple sujet devenu, au cours des derniers siècles citoyen responsable, ceci au moins dans le monde occidental, l’être humain, sous l’influence de plus en plus écrasante des puissances économiques qui en réalité gouvernent le monde, est ramené successivement au simple rôle de consommateur de leur produits. Les espaces de rencontres sociales, autrefois représentés par les places publiques, lieux de culte et de culture, sont, sous cette influence et hélas, avec un succès indéniable, déplacés vers les centres commerciaux où l’échange d’idées et d’opinions laisse forcément la place à celui d’achat  et de vente de biens de consommation. Ceux-ci, dans bien des secteurs et notamment celui de l’informatique sont conçus, par la précarité des matériaux utilisés et par leur formatage intelligent, de telle sorte que leur remplacement devient inévitable à une cadence de plus en plus rapprochée.

LIBERTE ET FORMATION

Si normalement un être humain développe son identité par la connaissance et la confrontation d’idées et de pensées diverses, en partant de celles qui lui sont transmises d’abord dans son foyer parental, puis à l’école, il les confronte ensuite avec d’autres venues d’ailleurs pour se créer sa propre pensée. Aujour-d’hui, dans le but décrit ci-dessus, les disciplines scolaires qui sont à la base du développement d’un individu sur le plan intellectuel, comme le sont la philosophie, l’histoire, la sociologie et les disciplines créatives, donc artistiques, sont soit ramenées à un strict minimum, soit carrément supprimées. Par ce bais-là, l’être humain est formé pour devenir l’outil manuel ou intellectuel au service des puissances économiques, et en même temps et avant tout, le consommateur  de leurs produits.

Aujour-d’hui cette démarche englobe même le domaine de la santé dont tous les intervenants, de la simple infirmière jusqu’au médecin et au responsable politique concerné, oeuvrent de plus en plus au profit moins des malades que des industries médicales et pharmaceutiques qui les rendent habilement dépendants de leurs productions.

LIBERTE ET INFORMATION

La mainmise des puissances économiques sur les domaines de la consommation et de la formation s’étend également sur celui de l’information. Celui-ci est de plus en plus uniformisé et alimenté depuis des agences de distribution de nouvelles et de leurs commentaires financées et ainsi controlées par les puissances économiques. Elles sont dotées de journalistes engagés par celles-mêmes et mis ainsi sous leur obédiance. Par ailleurs, les supports de l’information et de sa distribution étant largement financés par les annonces publicitaires, ceci les rend directement dépendants de ces mêmes puissances économiques.

CONCLUSION

Les quelques réflexions figurant ci-dessus mettent en évidence que nos libertés individuelles à l’intérieur de la société humaine sont gravement menacées par la surpopulation d’un côté, puis par la mainmise de plus en plus accrue et déterminante des puissances économiques sur les centres décisionnels du monde entier. Quand certaines statistiques démontrent que la fortune individuelle de l’un ou de l’autre des acteurs principaux à l’intérieur des puissances économiques dépassent les budgets annuels de certains pays, notamment africains, il est évident que leur pouvoir prend des dimensions inquiétantes pour le bien-être de la société humaine. Pour celui-ci seul un sursaut populaire sur le plan politique et aux dimensions mondiales, accompagné d’un sérieux frein à la surpopulation de la terre, pourrait renverser cette évolution désastreuse et rendre à nous tous cette liberté en voie de perdition.

Mais n’en sommes nous encore capables ?

 

Hans Gutscher

Doi Saket, Chiang Mai, 04 . 08. 2020

 

QUI PROFITE DE LA PANDEMIE COVID -19

29 Mai

Comme cela se produit lors de n’importe-quelle crise qui frappe l’humanité à l’échelle mondiale, que ce soit une guerre, une crise économique ou, en l’occurrence actuellement, une pandémie, il y a des acteurs dans la société humaine qui y trouvent leur intérêt ou/et profit. Cela se confirme également dans le cadre de la pandémie en cours qui sévit depuis le début de cette année à travers le monde entier. Quels sont ces profiteurs et dans quels domaines sont ils actifs ? Nous en dressons une liste ci-après, une liste certes pas exhaustive, mais qui cherche à les identifier, eux et leurs motifs et intérêts.

SUR LE PLAN POLITIQUE :

  1. LES REGIMES AUTORITAIRES:                                                                                              qui, soit dit en passant, sont largement majoritaires dans le monde. Quelle aubaine en effet pour ces régimes que de diriger et gouverner leurs pays avec des frontières fermées, des débats parlementaires pratiquement suspendus, des droit humains comme notamment celui des libertés d’opinion, de mobilité et de réunion, sensiblement réduits, voire même abolis, des groupes entières de la population, classés « sensibles » carrément mis sous quarantaine, et j’en passe.
  2. LES PARTIS POLITIQUES OU SIMPLES GROUPEMENTS ET SECTES EXTREMISTES dont les idées, pour trouver un appui large auprès du public y ont toujours introduit l’image et l’identité d’un coupable chargé de tous les maux qui frappent et inquiètent les gens, et qui l’expose ainsi à leur haine et à leur agressivité et qui, par ce procédé simplifie à l’absurde l’explication de la crise et, implicitement, les moyens avancés pour y remédier: on bannit, voire élimine carrément les « coupables », qu’ils aient été et le sont toujours souvent les juifs, ou ailleurs dans le monde musulman certaines sectes chrétiennes, ou maintenant, dans le cadre de la pandémie en cours, les Chinois pour les uns comme ressortissants du pays dans lequel la pandémie a débuté, les Occidentaux pour les Asiatiques parce qu’ils ne se protègent souvent pas par des masques faciaux, voire un peu partout, tout simplement les immigrés, donc en bref les etrangers, de tous horizons.
  3. LES PARTIS ET MOUVEMENTS SOUVERAINISTES                                                                qui applaudissent et voient dans la fermeture des frontières le premier et décisif pas vers la réalisation de leurs objectifs de retour des états à un stade et à une identité historico-économique largement dépassés par l’évolution du monde et de son réseau relationnel d’interdépendance

SUR LE PLAN ECONOMIQUE:

4. LES GRANDS GROUPES PHARMACEUTIQUES                                                                                  qui se lancent évidemment avec entrain dans la recherche, puis la production et la            vente-distribution des techniques et moyens de dépistage, de prévention et de                      guérison de cette pandémie qui leur font miroiter des profits financiers                                mirobolants.

5. LES GRANDS GROUPES AGISSANT DANS LE DOMAINE DE LA SURVEILLANCE                      qui voient dans cette pandemie et de la politique consecutive basee sur la peur                    generalisee, suivie par l’ecrasante majorite des gouvernements une occasion revee            de developper et de promulguer tous moyens de surveillance et de controle                          ininterrompus des mouvements et agissements de tout individu, ceci dans le but, le            seul officiellement avoue, de protection du peuple, par depistage et par tracage,                  mot devenu « a la mode », des virus.

SUR LE PLAN PROFESSIONNEL

6. LES « EXPERTS » DE TOUTE PROVENANCE                                                                                         liés de près ou de loin à la pandémie en cours. Qu’ils soient ou se découvrent tout-             d’un-coup des spécialistes dans tel ou autre domaine en relation avec la pandémie             Covid-19, ils occupent largement l’espace des medias et se mettent en avant au                     détriment des innombrables médecins, infirmières et autres soignants qui                           accomplissent un travail anonyme et admirable dans tous les centres hospitaliers et           de soins à travers le monde entier, ceci en lutte directe et dangereuse contre ce                   virus.

En bref et en conclusion nous devons hélas constater que la pandémie qui affecte actuellement le monde en son entier, profite un peu partout aux dirigeants des pays à réduire, temporairement qu’ils disent, des droits humains, à introduire des mesures de surveillance et de contrôle et d’ainsi restreindre nos libertés d’expression, de reunion et de mouvements. Ces mesures et techniques de surveillance ont un bel avenir devant eux, ceci au détriment de droits et de lois qu’il nous avait pris des siecles et des luttes sociales à acquerir. La société de surveillance nous attend hélas dans un futur proche et inquiétant.

Hans Gutscher

Doi Saket, le 3o mai 2020

COVID-19: LES PIEGES DE L’INFORMATION

29 Avr

De tout temps l’information communiquée par écrit autant que par les différents moyens de l’audiovisuel est orientée par l’auteur dans une direction ou l’autre, notamment par le choix des sujets et de l’importance qu’il leur donne. Ainsi, et cela dans une mesure encore guère vue, cette orientation fait donner à la pandémie du Covid-19 une place prédominante dans l’information à travers le monde entier. Des statistiques detaillées pour chacun des près de 200 pays affectés par le virus, donc de pratiquement la totalité de l’univers, nous renseigne, jour apres jour, de l’évolution de la pandémie. Les commentaires y afférents occupent largement l’espace des publications pour n’en laisser qu’une infime place aux autres informations, qu’il s’agisse des guerres intérieures et désordres qui frappent si durement le Proche-Orient dans son ensemble, mais aussi l’Afrique Centrale, ou, qu’ailleurs, il s’agisse des crises économiques comme celle qui affecte le Venezuela. Ces sujets inquiétants qui frappent le monde par ci, par là, ont presque disparus à l’intérieur de la presse et ainsi largement de la conscience du public qui n’en est pas directement concerné. La pandémie du Covid-19, par l’influence de la presse mondiale, sous toutes ses formes de communication, a ainsi pris , avec l’appui tacite ou voulu des instances politiques, la place prédominante pour ne pas dire écrasante, dans notre appréciation de l’état actuel de notre planète.

Or, toute statistique pour avoir une valeur réelle, devrait être mise en relation avec d’autres relevés comparables, tant sur le plan purement quantitatif qu’ en ce qui concerne son impact sur l’état général, sanitaire, économique, culturel et social de l’humanité dans son ensemble. Tel n’est aujour-d’hui pas le cas en ce qui concerne la pandémie en cours. La première comparaison qui devrait s’imposer, serait la comparaison des chiffres avec ceux des grippes saisonales courantes, le Covid-19 représentant un virus appartenant à la famille de ceux qui provoquent année après année les grippes saisonnales. Des médecins allemands ont relevé à ce titre, qu’en Allemagne, en moyen, ces dernières provoquent pour chaque année environs 20 000 à 25000 décès. Ceux reliés à la pandémie en cours selon le relevé officiel du 27 avril se montent, pour l’Allemagne, a 6126 morts. D’autres comparaisons relatives à d’autres causes de décès qui frappent regulièrement l’humanité permettraient également de situer ceux reliés à Covid-19 dans un contexte général et ainsi leur donner le poids effectif qu’ils ont sur la santé des humains. Ces comparaisons pourraient porter sur les nombres de morts résultant des accidents de la circulation ou encore de l’utilisation des armes à feu individuelles et privées. Cette dernière comparaison serait évidemment particulièrement intéressant pour les Etats-Unis d’Amérique où l’année passée, le nombre de décès y relatif était de l’ordre de 38 000 personnes, suicides et meurtres confondus. D’autres comparaisons pourraient porter sur les statistiques concernant la faim dans le monde ou encore les victimes des guerres civiles et régionales qui sévissent par ci, par là. Ces comparaisons, à ne pas douter, donneraient une valeur plus modeste au chiffre de 212 498 décès dus à la pandémie en cours, qui a lui seul parait énorme.

Une autre question concerne les chiffres avancés eux’mêmes. Comme l’ont relevé plusieurs médecins, et notamment le médecin légiste de la Ville de Hambourg, après autopsie des cadavres, aucun des morts comptabilisés à Hambourg, affectés effectivement par le virus Covid-19, n’est mort directement par la contamination avec ce virus, mais pour des causes autres, comme arrêts cardiaques,voire des séquelles de maladies dont ces personnes souffraient déjà avant la contagion. Nous sommes donc confrontés avec des chiffres de décès de personnes affectées par le virus Cofid-19, sans que pour autant et pour un grand nombre d’entre elles, leur mort soit directement imputable à cette contagion. A relever également, à ce titre, que la moyenne d’âge des personnes décédées dans les pays Allemagne, France et Suisse, se situe, pour chacun de ces trois pays, au-dessus de quatre-vingt ans.

Nous pouvons donc conclure de ces quelques réflexions que l’importance de la pandémie Covid-19 devrait être revue dans un contexte plus général et non pas de façon dissociée et particulière. Il est à souhaiter, par ailleurs, que des statistiques aussi detaillées que celles actuellement publiées pur la pandémie même, soient ultérieurement établies et promulguées concernant les effets des restrictions en cours.

Rappelons pour terminer que la pandémie de la « Grippe Espagnole » qui avait sévi  à travers le monde entre 1918 et 1920 avait provoqué, selon les chiffres très vagues que nous connaissons aujour-d’hui entre 50 et près de 100 millions de morts.

 

Hans Gutscher                                                                                                                            Doi Saket, Chiang Mai, 29.04.2020

APOCALYPSE

25 Fév

L’actuelle évolution du monde, de son environnement naturel et de ses habitants souffre d’une détérioration accélérée telle que la disparition prévisible de l’homo sapiens, considérée encore il y a peu de temps comme purement fantaisiste, est maintenant sérieusement envisagée à plus ou moins long terme. Les menaces les plus importantes qui pèsent aujour-d’hui sur l’avenir et ainsi sur la survie de l’humain sont résumées ci-après en dix points qui nous paraissent être décisifs. Ils sont décrits dans l’ordre de leur importance.

1. SURPOPULATION ET DENSIFICATION DE LA POPULATION DANS DES MEGALOPOLES

Notre planète étant confinée dans sa forme et dans son contenu, toute accroissement de son peuplement par les humains et consécutivement de l’exploitation de ses ressources approche les limites du supportable, limites qui sont aujour-d’hui perceptibles pour un plus ou moins proche avenir.

Par ailleurs la densification de l’urbanisation de l’espace et le regroupement des humains dans des mégalopoles qui ressemblent plus à des parcages qu’à des habitations provoquent d’autres nuisances telles que décrites ci-après, comme par exemple l’aliénation générale de l’humain. Cette densification conduit à établir des régimes politiques et économiques autoritaires et centralisés qui, incontrôlables eux-mêmes permettent de contrôler les grandes masses parquées dans ces mégalopoles sans visage et sans âme.

2. POLLUTION ET CHANGEMENT CLIMATIQUE

Le changement climatique étant largement lié à la pollution, l’humain pour sa survie devrait impérativement se préoccuper de celle-ci et changer radicalement son mode de vie. Or, en le voulant et en s’y résignant, ce qui, entre parenthèses n’est de loin pas le cas aujour-d’hui, il entrerait en conflit avec des intérêts à court terme et aux objectifs désastreux des puissants acteurs économiques de ce monde. Pour citer un exemple parmi des centaines, pensons seulement à la puissante industrie de conditionnement et d’emballage qui, pour des raisons prétendument d’hygiène, nous impose des emballages plastiques des denrées alimentaires et de tout autres marchandises qui ensuite, après usage, polluent la terre, les cours d’eau et l’air lors de leur combustion, elle-même source de pollution par son procédé même. S’y ajoutent tant d’autres polluants tant manufacturés que chimiques dont ce n’est pas le lieu ici de faire toute l’énumeration.

3. CONCENTRATION DES POUVOIRS POLITIQUES ET ECONOMIQUES

Prônant à travers le monde les vertus et la justice d’un régime dit « démocratique », les véritables décideurs, peu nombreux mais d’autant plus puissants dans ce monde, l’oriente, lui et ses habitants, vers des organisations et des mécanismes propices à leurs intérêts à court et à long terme. Les dirigeants politiques en première ligne ne forment que le masque extérieur de ces puissances occultes qui les dirigent par le financement de leurs actions et campagnes électorales, par le lobbying dans les parlements et, hélas, aussi par l’appui d’une presse diffusée par tous les moyens techniques de transmission moderne et dépendant, pour la plupart des medias, de ces mêmes puissances. Pour l’apparence celles-ci laissent au grand public l’illusion d’un régime démocratique dans lequel il aurait un pouvoir de choix et de codécision, par le moyen d’élections, voire même de référenda dont, par ailleurs, les décisions sont ensuite souvent faussées lors de l’élaboration du cadre législatif y afférent et, là de nouveau, sous la pression et l’influence des véritables puissants du monde.

4. CONSUMERISME ET SURPRODUCTION

Dans l’intérêt de nouveau de ces puissances économiques qui nous gouvernent en réalité et qui conditionnent notre quotidien, nous sommes poussés par tous les moyens, publicitaires, pseudoscientifiques et autres, vers une consommation de biens matériels et de supports informatiques, dont la durée de vie ou de fonctionnement, voire de consommation, est volontairement réduite, afin d’accélérer leur élimination et leur remplacement consécutif. Dans cette course effrénée vers le propagé « mieux ». « plus performant », « plus satisfaisant » et cétéra, l’esprit de compétition et de dépassement est constamment promu et et entretenu, et ceci dès l’enfance, dès l’entrée de tout être humain dans cet univers dévastateur de la consommation à outrance. Autant que des biens sont produits en surabondance, autant en résultent évidemment des déchets y consécutifs dont le recyclage partiel, meme s’il est en nette progression, n’arrive à absorber qu’une quantité insuffisante.

5. CONSENTEMENT DIRIGE PAR LES PUISSANTS ET LES MEDIAS.

Comme déjà énoncé ci-dessus, la dépendance des medias, sous toutes leurs formes, des véritables puissants de ce monde procure à ces derniers un soutien appréciable auprès du grand public, soutien qui les aide à le manipuler dans leur intérêt. Les médias dépendent aujour-d’hui pour la majeure partie de leurs revenus de la publicité et ainsi indirectement des puissances économiques qui nous gouvernent. Certains de ces médias et pas des moindres sont directement propriétés de puissants, tels Rupert Murdoch, magnat de plusieurs publications anglo-saxonnes, ou évidemment les promoteurs et propriétaires de médias informatisés comme en premier lieu Google et Facebook. L’influence de ces derniers, par leur voies de communication planétaire, sont énormes et arrivent même a constituer des menaces pour certains à l’intérieur même du cercle restreint des puissants de ce monde et incitent ces derniers à chercher à les mettre à leur service et les englober dans leurs empires économico-politiques.

6. ALIENATION DE L’HUMAIN DANS SES RAPPORTS SOCIAUX ET DE TRAVAIL.

La dissociation de l’exécutant, le travailleur ou l’opérateur, et l’objet, la marchandise ou la prestation de service, et ceci dans la grande majorité de l’activité humaine d’aujour-d’hui, de même que l’appauvrissement et l’abstraction des rapports entre humains par la digitalisation et le remplacement des contacts personnels par des rapports virtuels, crée aujour-d’hui dans de plus en plus de domaines cette aliénation générale de l’humain avec souvent des troubles psychiques consécutifs. Paradoxalement le plus le monde compte d’habitants le plus chacun d’entr’eux devient esseulé et, comme conséquence, le tissu social qui permet une saine cohabitation lentement mais inexorablement se dissout pour un jour être réduit à néant et disparaître. Par ce lent processus on ouvre grande la porte vers la déshumanisation de nos rapports sociaux et ainsi vers la criminalité généralisée, les désordres psychiques, les suicides et le désoeuvrement.

7. BRUTALISATION DES RAPPORTS ENTRE HUMAINS.

Comme développé ci-dessus, l’aliénation générale et la lente dissolution des tissus sociaux conduisent déjà aujour-d’hui à la brutalisation des rapports entre humains dont de plus en plus optent souvent pour une certaine fuite en avant par des actes violents, voire même criminels, ceci pour essayer de sortir de leur solitude et de leur désoeuvrement. C’est la voix des impuissants et des laissés-pour-compte qui se manifeste à une échelle et à une fréquence de plus en plus inquiétantes. Des groupements ou partis politiques, voir aussi des associations religieuses intégristes, agissant pour beaucoup d’entr’eux dans l’illégalité, tirent honteusement profit de cette situation déplorable et recrutent des adeptes parmi ces gens de plus en plus nombreux pour les endoctriner et puis s’en servir au profit de leurs objectifs obscures et néfastes. Il en est de comparable pour les puissants économiques de notre monde qui ne cherchent qu’à exploiter, jusqu’à leur endettement, tous les humains réduits au rôle de simple consommateurs de leurs marchandises ou servises comme supports de leur puissance.

8. AGGRAVATION DES DIFFERENCES SOCIALES.

La concentration des pouvoirs économiques et implicitement, même dans les démocraties d’aujour-d’hui, du pouvoir politique dans les mains d’une trçs faible minorité, souvent à tort appelée « élite », minorité pratiquement incontrôlable et effectivement incontrôlée, accentue dangereusement les inégalités entre ce groupe et la grande masse des humains qui est de plus en plus au service de ce dernier et en  dépendent sous les formes les plus diverses, salariés, soustraitants, serviteurs, profiteurs d’aides financières ou simples relations profitables. Les couches dites « moyennes » de la société qui par une certaine indépendance économique et une conscience éthique garantissaient jadis la cohésion sociale sont en net recul et à bien des endroits elles ont pratiquement disparu.

9. UTILITARISME DANS L’EDUCATION.

Pour s’assurer de la pérennite de leur puissance la minorité citée et décrite ci-dessus intervient avec leurs moyens financiers quasi inépuisables directement ou indirectement dans l’éducation, puis la formation professionnelle des jeunes, et ceci dès leur bas âge. Cette action prend les formes les plus diverses, d’une simple influence du législatif sur le plan politique, ceci par lobbyisme ou aides financières, voire carrément par corruption, et allant jusqu’à l’achat d’universités ou d’écoles professionnelles existantes, voire la création de nouvelles universités ou d’écoles professionnelles, celles-ci souvent au sein de leurs propres entreprises. Il est évident que par cette intrusion dans un domaine en principe public, cette minorité de puissants arrive à modifier ou tout au moins influencer les programmes scolaires et les orientations professionnelles des jeunes, ceci à son propre avantage en formamt ainsi les foules endoctrinées et utiles à son usage et à ses intérêts. Dans un premier temps toutes les disciplines jugées par cette minorité inutiles ou même dangereuses pour ses intérêts sont soit réduites jusqu’à l’insignifiance, soit tout simplement écartées des programmes scolaires. Il s’agit là , en premier, des disciplines qui incitent à l’imagination et à la création non contrôlées et à la libre pensee, philosophique et/ou socio-économique.

10. LE DEVELOPPEMENT D’UNE INTELLIGENCE ARTIFICIELLE.

Le vieux rêve de l’humanité de se reproduire artificiellement et scientifiquement, l’HOMUNCULUS de Goethe, est aujour-d’hui repris et activé en force par les puissants de ce monde et les scientifiques et politiques à leur service. Quoi de plus tentant que d’arriver à créer un être vivant conçu et agissant sous leurs directives et pour leurs objectifs. L’humain avec son côté toujours et en dépit de tout imprévisible, serait ainsi remplacé, petit à petit, par un semblant à l’image et à l’action voulues par les puissants de ce monde. Mais si demain ces nouveaux êtres créés par l’humain développaient effectivement toutes les facettes de notre intelligence, donc également le doute et la contestation, la création et la pensée libre, ils risqueraient de se diriger contre les puissants qui les ont créés, puis les supplanter et dominer à leur tour. Ceux-ci seraient alors reduits au rôle d’apprentis sorciers, comme évoqué par le même Goethe dans son celèbre poème « Der Zauberlehrling ».

 

Hans Gutscher, politorg.blog

Doi Saket, 25.02,2020

LES RAPPORTS DE L’HOMME AVEC L’AIR, L’EAU ET LA TERRE, LES BASES ELEMENTAIRES DE SA VIE. ETAT ACTUEL ET ESQUISSE DE RAPPORTS SOUHAITABLES.

14 Déc

Les trois éléments principaux Air – Eau – Terre, conditionnent et assurent la vie humaine sur notre globe. Leur quantité et surtout leur qualité sont aujour-d’hui autant diminuées  que détériorées suite principalement à la surpopulation et aux activités humaines soumises aux lois de croissance et de profit. Ce sont ces activités qui nous intéressent ci-après en premier lieu. Nous les traiteront éléments par élément en résumant très brièvement la situation actuelle en faisant ressortir les dangers pour la survie humaine. Puis nous esquisserons des propositions qui à notre sens pourraient y apporter des remèdes et nous amener à une meilleure gestion de nos ressources naturelles. Dans nos considérations nous tiendrons compte d’un paramètre décisif qui s’est introduit dès la naissance des premières civilisations dans notre rapport avec les éléments naturels: la propriété.

L’AIR

L’atmosphère terrestre qui englobe notre planète et qui nous apporte son mélange de gaz nécessaire pour notre vie, et qui filtre le rayonnement solaire pour notre bénéfice ne connaît évidemment que des frontières symboliques. Celles-ci, principalement juridiques et correspondant aux limites territoriales politiques règlent le survol de l’espace aérien. Les flux d’air résultant des effets climatiques et météorologiques ne connaissent évidemment pas de barrières et transfèrent tant les nuages avec leurs charges pluvieuses bénéfiques ou désastreuses que des quantités d’air pollué voire même toxique d’un endroit de la terre, d’un pays ou territoire à un autre et, par ailleurs, dans l’atmosphère en général. Ce sont ces dernières qui sont et qui deviennent de plus en plus inquiétantes et qui exercent une influence néfaste sur les conditions de vie humaine sur terre. A travers le globe les zones ainsi polluées sont plus concentrées et ainsi plus préoccupantes au-dessus des grandes agglomérations, notamment en Europe occidentale et dans l’Extrême-Orient, de même qu’en Amérique du Nord au-dessus des Grands Lacs et des centres urbains des côtes Nord-Est et de Pacifique.

Compte tenu de l’absence dans l’air de frontières et de compartimentages, il n’y a, pour pallier à ces problèmes lanscinants de pollution que des conventions et règlements à l’échelle globale. Ceux-ci donnent lieu depuis plus de vingt ans déjà à des réunions mondiales dont les résultats sont par leur caractère de compromis plutôt décevants. Quand elles aboutissent comme à Paris en 2015 à une convention et un engagement global, les signatures par la presque totalité des pays ne garantissent hélas jamais ni le respect ni surtout le suivi des engagements pris. Dans ce domaine comme dans bien d’autres qui de plus en plus compromettent la vie sur terre, il y aurait lieu d’instaurer une juridiction pénale telle qu’elle existe pour les crimes de génocide et, en général, de crimes dits « contre l’humanité ». Comme le Tribunal Pénal International (TPI) à La Haye, un tribunal analogue sous l’autorité des Nations Unies devrait être constitué et accompagné d’un collège d’experts mondialement reconnus pour traiter et juger des crimes d’ordre écologique contre l’humanité.

L’EAU

Si pour l’air il n’existent pratiquement que des frontières juridiques de survol, pour l’eau qui est déjà reliée à la surface de la terre celles-ci existent bel et bien, notamment pour les cours d’eau intérieurs à la terre, ainsi pour les rivières, les lacs et les canaux créés par l’humain. Des frontières sont tracées au milieu des surfaces d’eaux, fluviales ou lacustres qui séparent deux pays, mais également dans les mers et les océans où les différents pays étendent leurs eaux territoriales sur une distance fixée par eux-mêmes (pour la France: 12 milles). Comme l’air, mais à l’intérieur de leurs cours fixés par la nature les voies d’eaux transportent un nombre d’effluents souvent toxiques de même que des déchets qui couvrent des surfaces d’eau parfois impressionnantes. Ces déchets soit aboutissent dans les océans soit qu’ils s’infiltrent dans les nappes souterraines et polluent ainsi la terre environnante.

Comme pour les crimes écologiques liés à l’air, ceux liés à l’eau, le même tribunal international devrait être constitué et entrer en action. Celui-ci pour la partie relative à l’eau devrait également trancher les différends résultant des problèmes interétatiques des barrages qui à bien des endroits dans le monde comme par exemple dans la vallée du Mekong perturbe, voire même menace l’écosystème liée à ce fleuve qui est vital surtout pour les pays situés en aval du fleuve comme le Cambodge et surtout le Vietnam.

LA TERRE

Pour la terre la situation et les problèmes sont beaucoup plus compliqués que pour les deux premiers éléments puisque la propriété du sol les conditionnent dans une large mesure. Celle-ci s’est développée sur terre dès le début de l’agriculture et de la création d’habitats fixes et consécutivement de premières cultures urbaines. Petit à petit elle a entraîné comme suite logique une répartition des richesses et de pouvoirs économiques et politiques et ainsi une structuration de la société humaine. Aujour-d’hui suite notamment à la surpopulation de notre planète, les écarts entre les couches sociales qui se sont ainsi formées deviennent quasiment abyssaux tant entre les individus qu’entre les entreprises et sociétés et des états mêmes. Sur le plan économique ils se manifestent par un écart de plus en plus grand entre sociétés multinationales et petites et moyennes entreprises individuelles ou collectives. Sur le plan politique, et de longue date, l’histoire a créé puis fait disparaître des empires qui dominaient et qui dominent voire même absorbent des pays limitrophes. Ainsi la propriété terrienne est devenue la base essentielle de richesse et de pouvoir, à tel point que déjà vers le milieu du XIXe siècle le philosophe français Pierre-Josephe Proudhon a formulé sa célèbre phrase: « La propriété, c’est le vol ».

Il serait évidemment utopique que de croire que l’on pourrait résoudre le problème des déséquilibres et de la surexploitation de la terre par une simple et, par son caractère radical, révolutionnaire expropriation de toutes les propriétés privées. L’histoire et, en son sein, l’expérience de la révolution communiste tant en Union Soviétique que dans la Chine Populaire de Mao Tse Tung a démontré les résultats catastrophiques d’un tel bouleversement. Les mesures envisageables, pour justement ne pas être révolutionnaires, sont forcément progressives et distinctes selon la nature de la propriété. Nous distinguons ainsi:  1. la propriété privée de terrains appartenant à des particuliers,  2. la propriété privée de terrains appartenant à des sociétés ou coopératives,  3. la propriété privée de terrains dont le soussol est exploité ou exploitable dans le futur,  4. la propriété privée de terrains d’intérêt culturel général, soit par leur site particulier, soit par la valeur des aménagements historiques construits.

Si maintenant le dernier groupe 4 est normalement régie par la legislation en vigueur concernant la protection des monuments et des sites, allant du cadre local jusqu’au patrimoine culturel mondial protégé par l’UNESCO, les autres catégories de propriété privée 1 – 3 soulèvent la question générale de leur rapport avec les instances politiques censées les règler et surveiller. Partant d’une situation idéale mais parfaitement utopique d’un remplacement pur et simple de la propriété privée par un droit de superficie limité dans le temps et renouvelable, octroyé et surveillé par ailleurs par les instances politiques concernées, nous ne pouvons qu’esquisser des procédures qui permettraient de s’y rapprocher petit à petit. Ces procédures selon catégories pourraient se présenter comme suit:

Nous commençons par la dernière catégorie no. 3 dont le cas est le plus simple a règler: S’agissant  de propriétaires de terrains qui par leur activité et leur importance contribuent pour leur plupart largement à la pollution environnementale il y aurait lieu, dans l’intérêt de la communauté, de nationaliser  ces terrains.

Il peut y être de même pour les terrains appartenant à des sociétés privées d’importance capitale pour leur impact sur l’aménagement du territoire local ou régional.

Les petites et moyennes entreprises propriétaires de terrains devraient être traités à l’identique comme les particuliers de la première catégorie. Pour ces petits propriétaires la procédure envisageable représente certainement le cas le plus difficile. Il ne peut en effet pas être question d’exproprier ces particuliers, mais plutôt de créer des conditions et des mécanismes économiques, mais surtout politiques et juridiques qui inciteraient ces propriétaires à échanger leur titre de propriété contre un droit de superficie, le terrain même devenant propriété de la communauté, commune ou région.

Il est évident que pour l’ensemble de ces catégories tout cas de pollution des terres devra être traité par le même tribunal pénal international contre les crimes d’ordre écologique contre l’humanité comme cela est esquissé ci-dessus pour l’air et l’eau.

CONCLUSION

En conclusion, pour pallier aux menaces de détérioration qui pèsent sur les trois éléments air – eau – terre, nous avons ci-dessus esquissé les trois procédures qui nous paraissent pouvoir constituer une réponse au moins partielle à ce problème crucial puisqu’existentiel pour l’humanité. Elles sont résumées comme suit :

  • création d’un tribunal pénal international sous l’égide de l’ONU et en analogie avec le TPI existant contre les génocides, pour traiter les crimes d’ordre écologique contre l’humanité.
  • nationalisation de tous les terrains appartenant à des sociétés d’importance régionale ou internationale, notamment celles dont l’activité porte sur l’exploitation des richesses naturelles, puis octroi d’un droit de superficie limité dans le temps aux conditions dont le respect et le suivi devraient être strictement controlés.
  • création sur le plan politique de mesures d’incitation aux particuliers d’échanger leur propriété privée contre un droit de superficie tel que proposé ci-dessus.

 

Chiang Mai, le 14 décembre 2019

Hans Gutscher, politorg.blog

 

 

 

 

LES DEUX ATTITUDES QUI MENACENT NOTRE MONDE PRINCIPALEMENT: L’ILLUSION DE SURVIE ET LE DIKTAT DE LA CROISSANCE

7 Déc
  1. L’ILLUSION DE SURVIE

Si pour tous les composants de notre environnement, qu’ils soient naturels ou manufacturés, voire simplement conçus par l’humain, nous reconnaissons et admettons leur finitude comme seule vérité incontestable dans notre univers, l’humain, en ce qui concerne sa propre existence et sa base vitale, s’étendant jusqu’y compris souvent même son cadre politique et social, a beaucoup de mal à  l’admettre. Le néant, inimaginable par définition, est difficilement admissible comme fin et aboutissement de sa propre vie. Ainsi l’humain, à travers ses différentes religions s’est imaginé un au-delà comme cadre pour une vie après la mort. Les croyances qui se sont développées sur cette base ont souvent servi et servent encore aux différentes églises ou congrégations et en premier lieu à leurs dirigeants à dominer leurs ouailles et à conditionner leur vie. A ce titre la promesse formulée par la doctrine chrétienne qui prône que « les derniers seront dans l’au-delà les premiers et les premiers les derniers » a certainement atteint le sommet du cynisme et elle a permis à d’innombrables dirigeants, ecclésiastiques, voire même politiques, de dominer et exploiter leurs sujets.

Cette croyance de survie s’étend pour la plupart des humains à leur cadre de vie et à notre planète dans son ensemble. Qui parmi le commun des mortels peut et est prêt à s’imaginer la dissolution de sa patrie, de sa couche sociale ou de l’organisation administrative qui sont les siens et auxquels il s’identifie?

En ce qui concerne cependant l’environnement naturel dans lequel nous vivons, la récente evolution qui de plus en plus et de plus en plus rapidement arrive jusqu’à compromettre la base de toute vie sur terre, elle nous amène à admettre et entrevoir la finitude de toute vie sur la planète et ainsi aussi, mais de façon très abstraite, de la nôtre. Cette échéance probable paraît toutefois aujour-d’hui aussi lointaine que l’écrasante majorité d’entre nous ne se sent pas concernée personnellement et beaucoup se réfugient dans la simple négation des faits alarmants, pourtant vérifiés et analysés par le monde scientifique, pratiquement dans son ensemble.

2. LE DIKTAT DE LA CROISSANCE

La planète Terre dans sa forme géométrique, par sa surface développée, par sa substance et son contenu est limitée et sa qualité de subsistance vitale pour les plantes, pour les animaux et pour les humains qui y vivent, dépend d’un équilibre vulnérable. En contradiction totale à cette vérité pourtant évidente et simple, l’humain s’est soumis, poussé par ailleurs par ses dirigeants tant politiques que religieux et économiques, au dogme de croissance et ce qui est pire, de croissance purement mathématique, donc quantitative, rarement qualitative.

Cette tendance fatidique s’est accentuée depuis l’industrialisation, puis surtout dans des proportions dramatiques depuis le néolibéralisme promu dès les années 1980 par les deux leaders anglosaxons Ronald Reagan et Margaret Thatcher. Tous les résultats, financiers s’entend bien, d’une société commerciale doivent augmenter d’année en année, de même que le PIB de chaque pays. Le rendement de tout collaborateur doit progresser constamment. La vente d’un produit quelconque doit s’inscrire dans une courbe ascendante. Cette tendance va jusqu’au domaine sportif où un athlète est astreint à dépasser ses performances d’une compétition à l’autre. Toute courbe d’évolution inversée dans n’importe quel domaine, est considérée pratiquement comme une déconvenue à corriger au plus vite, voire, sur le plan individuel, à simplement éliminer.

Ainsi ce capital précieux, la Terre, qui nous est confié avec ses produits naturels est exploité au-delà de ses potentialités et nous arrivons aujour-d’hui à consommer les produits annuels que nous pouvons en tirer, comparables aux intérêts sur un capital, de plus en plus tôt dans l’année, actuellement au début du mois d’aôut! Au delà de cette date nous consommons en quelque sorte une part du capital même. N’importe quel capitaliste, et par le système dominant nous le sommes tous, actifs ou passifs, devrait se rendre à l’évidence de l’aberration et du danger existentiel d’une telle situation.

3  CONCLUSION

L’humain d’ aujour-d’hui, enfermé dans ces deux dogmes, pourtant contradictoires, la négation de la finitude de sa propre existence, tant sur le plan individuel que celui de l’espèce, et sa dépendance du diktat de la croissance dans tous les domaines, se rend petit à petit compte de ce dilemme pratiquement insoluble. Pour en sortir, les mesures qui s’imposent paraissent cependant, dans l’état actuel du monde, plutôt irréalisables. Elles peuvent être résumées comme suit:

  • Abandon des croyances fallacieuses qui promettent à l’humain une vie après la mort. Acceptation de la finitude de notre vie et, par là, concentration sur celle-ci et non, comme y sont invités notamment les adeptes des religions chrétienne et musulmane, sur une vie après la mort, fictive et inventée de toutes pièces.
  • Rejet du dogme de la croissance et du consumérisme consécutif qui y est lié. Recherche d’une augmentation qualitative de notre vie , sur les plans culturel et social notamment.
  • Frein de la surpopulation avec toutes ses conséquences désastreuses comme l’appauvrissement, l’insalubrité des quartiers pauvres  avec leurs suites de création de taudis, d’épidemies, d’illétrisme et en général, de la surconsommation liée au nombre.
  • Renforcement des pouvoirs politiques au détriment de ceux de l’économie globalisée et, particulièrement, des grandes multinationales. Rendons à la politique et, par elle, aux populations qu’elle représente, le pouvoir de décision sur la totalité des problèmes à résoudre dans le monde.

 

Hans Gutscher

Doi Saket, le 7 decembre 2019

 

LES MENACES PRINCIPAUX QUE L’HUMANITE DOIT AFFRONTER EN CE DEBUT DE SIECLE

5 Avr

LA SURPOPULATION

Nous commençons là par l’enjeu de loin le plus important qui conditionne en large mesure ceux qui suivent ci-après: la surpopulation. Si l’on considère que le globe avec ses richesses sur terre, sur mers et dans ses sous-sols est limité, il devrait etre évident pour tout un chacun d’entre nous que cette finalité doit trouver son correspondant au niveau de la population sur terre qui ainsi doit être contenue, voire même diminuée du moment que les ressources que le monde produit annuellement sont, depuis quelques années, déjà consommées et absorbées en été.

Nombreux sont ceux qui reprocheront à cet impératif que l’équilibre entre les tranches d’âge parmi la population soit indispensable pour assurer le financement des prestations sociales. Il devient évident que ces dernières devront trouver d’autres sources de financement que celui, actuel, des prélèvements sur la masse salariale. Les solutions existent et elles sont traitées ci-après sous « Justice et cohésion sociale ».

En première priorité la liberté décisionnelle de gérer sa propre vie, tant le contrôle des naissances que son arrêt librement décidé, devra être assurée à chaque individu et ainsi faire partie des droits humains. Aucune entrave à cette liberté ne devra être tolérée, notamment de la part des institutions religieuses dont les représentants devront être interdits de diaboliser toute forme de limitation des naissances et de suicide assisté. Il appartiendra à l’école, non pas d’imposer un comportement ou autre, mais d’informer sur les différentes pratiques et de sensibiliser les élèves et étudiants sur le danger imminent de la surpopulation sur terre et des conséquences désastreuses qui en découleront.

Ailleurs, il appartiendra au monde médical de retrouver ou de redéfinir son éthique professionnelle pour servir en premier lieu le patient et non pas la pure recherche scientifique pour elle-même comme cela est souvent le cas aujour-d’hui. Les pratiquants devront ainsi arrêter de prolonger dans ce dernier but et souvent à l’insu des patients, des vies qui, soyons honnêtes, ne méritent plus cette dénomination même.

CLIMAT ET ENVIRONNEMENT

Le changement climatique dû en grande partie aux activités humaines et à ses conséquences désastreuses pour l’environnement sont largement connus, éprouvés scientifiquement et admis par une large majorité de la population à l’exception de quelques irréductibles dont le nombre va heureusement en diminuant. Il n’y a donc pas à y revenir ici, d’autant plus que cela ne pourrait se faire que sous forme de résumé et de façon peu compétente.

Les formes, l’ampleur et les cadres d’actions dans ce domaine peuvent cependant être discutés et esquissés comme cela est proposé ci-après:

Les grandes conférences planétaires qui se suivent à un rythme de plus en plus rapproché et qui se terminent toujours par des résolutions fortement applaudies mais jamais respectées ne nous  avancent manifestement pas dans cet enjeu vital pour l’avenir même de notre espèce. Les actions, pour être efficaces, devront descendre à une échelle nettement plus réduite et ainsi plus proche des habitants qui, eux-mêmes, se sentiront directement concernés et engagés. Ensuite, par regroupement et coordination de ces foyers régionaux un mouvement planétaire pourra en sortir. Il sera porté par les populations et non plus par des politiciens qui ne pensent finalement, souvent en premier lieu, qu’à leur réélection. Les Etats-Unis d’Amérique donnent ici un bon exemple, avec, d’un côté, une politique environnementale désastreuse au niveau national, mais de l’autre côté, dans ce même domaine, une législation et un comportement individuel et publique des plus stricts dans quelques-uns de ses états, comme notamment la Californie.

Un autre exemple encourageant est donné actuellement par le mouvement des jeunes qui manifestent chaque vendredi dans les rues de bon nombre de grandes villes à travers toute la planète, mouvement initié par l’action en solitaire d’une étudiante suédoise de seize ans d’âge devant le parlement à Stockholm. Pour la naissance et la propagation de tels mouvements les réseaux sociaux jouent et joueront de plus en plus un rôle prédominant.

D’un autre côté il est évident que sur le plan individuel chacun d’entre nous et en premier lieu les plus fortunés, doit et devra s’astreindre à fournir sa contribution personnelle, notamment dans les domaines traités ci-dessous. Dans notre vie de tous les jours la consommation dans laquelle nous nous sommes laissés enfermer doit être substituée par la jouissance librement consentie.

LES MIGRATIONS

Rappelons tout-d’abord qu’à travers l’histoire mondiale il y eut toujours des migrations d’envergure parmi lesquelles plusieures ont donné naissance à de nouvelles cultures et à de nouvelles entités politiques (migrations des tribus germaniques et slaves, migrations arabes et mongoles à travers l’Eurasie, des Bantous en Afrique australe, de même que l’envahissement des deux Amériques par les Européens). Précisons également ici que nous ne parlons pas des vagues de réfugiés politiques, voire victimes de guerres, migrations à caractère temporaire, donc limitées dans le temps. Nous ne nous intéressons ici que des migrations en masse qui s’étalent sur une plus ou moins longue période et qui conduisent normalement à un établissement permanent des émigrés dans leur lieu d’immigration et ainsi, soit à leur integration dans les populations autochtones, soit à l’élimination de ces dernières.

Si aujour-d’hui le monde se présente, suite aux évolutions techniques, comme une unité dans laquelle les distances ont perdu de leur impact et que les populations sont interconnectées, nous disposons de moyens d’influence et d’action pour pouvoir canaliser, voire diminuer ces flux de migration, tant par l’information, afin de contrecarrer les contre-vérités et fausses promesses, que par la création, dans les pays de provenance des migrants, de meilleures conditions d’existence. Cependant la migration de loin la plus importante qui nous attend sera celle provoquée par les changements climatiques et notamment la montée du niveau des océans qui rendra de grandes surfaces de la terre parmi les plus peuplées, tout simplement inhabitables. Cette migration prévisible qui mettra en route des millions de gens à travers le monde demande dès à présent des réflexions intenses et des préparatifs décisifs portant sur un réaménagement futur de la terre, ceci sur le plan tant des cultures des sols que de leurs aménagement urbanistique et de leurs infrastructures. Les mélanges de populations qui en résulteront inévitablement ne devront pas être considérés comme une mence pour notre identité mais plutôt comme le développement de nouvelles formes de cultures de synthese, voire simplement d’apports culturels, et ainsi une chance de renouveau pour l’humanité dans son ensemble. Ils pourront également conduire vers un réaménagement du monde base tant sur les nouvelles conditions climatiques que des connaissances nouvellement acquises dans le domaine de l’écologie.

ALIMENTATION ET SANTE

Ces deux aspects de notre vie quotidienne étant étroitement liés, ils sont traités ci-après ensemble et en interdépendance.Il est notoire que la qualité de l’alimentation a une influence directe sur le développement de bon nombre de maladies, notamment vasculaires, mais également cancereuses et meme démentielles. L’industrialisation de la nourriture, l’introduction d’agents chimiques, soit par le traitement des sols, soit par adjonction directement dans le processus de son conditionnement, sont largement responsables du développement des déséquilibres alimentaires, puis à l’obésité et aux maladies consécutives sus-mentionnées. S’y ajoute, notamment dans les pays occidentaux la surconsommation de graisses, de viandes et d’aliments sucrés. La qualité de la nourriture, son équilibre et son dosage sont donc essentiels pour notre santé et en constituent, associés aux exercices physiques indispensables, les fondements de notre bien-être general.

C’est là, précisément, que notre monde de la santé, médecins, soignants, hôpitaux, mais aussi l’industrie pharmaceutique pèchent par leur préférence, économiquement compréhensible, du traitement des effets plutôt que des causes des maladies. Par ailleurs, on ne peut s’empêcher d’avoir l’impression que dans les grands hopitaux universitaires et dans les laboratoires pharmaceutiques, la médecine est de plus en plus au service de la recherche médicale pure plutôt qu’à celui du patient qui, me dira-t-on, profitera évidemment de ces découvertes que cependant on lui impose plutôt que propose. Le choix entre différents traitements, du plus simple au plus sophistiqué, le choix finalement, en cas de cas grave, entre un prolongement à tout prix et un arrêt consenti de sa vie, devra faire partie partout dans le monde des droits humains élémentaires.

Les assurances maladies devront être modulées en conséquence et permettre à l’assuré de choisir entre des couvertures variées.   Les coûts de la santé, exorbitants dans bon nombre de pays, pourront ainsi être sensiblement diminués, ceci au profit de la communauté mais évidemment à première vue au détriment des profits, financiers ceux-ci, du monde médical et en premier lieu de l’industrie pharmaceutique. Ceux-ci devront retrouver leur noblesse en servant l’être humain en premier avant la recherche pure et onéreuse.

ENSEIGNEMENT ET FORMATION

L’évolution de l’enseignement dans les écoles primaires, professionnelles et universitaires du monde entier conduit de plus en plus, sous la pression et l’ingérence des pouvoirs économiques à former des exécutants techniques et scientifiques plutôt que des citoyens critiques, créatifs et indépendants. Les ressortissants de ces écoles sont intégrés dans un univers économique constamment analysé et révisé par une élite de décideurs qui grâce à l’importance  et à la taille de leurs sociétés arrive à échapper aux contrôles politiques pourtant indispensables.

Afin d’établir l’équilibre entre les sciences dites « humaines », les disciplines philosophiques, artistiques et socio-politiques, d’un côté, et les disciplines purement techniques et scientifiques de l’autrè, il sera indispensable de redonner aux premières la place qui leur revient dans la formation souhaitable d’individus, techniquement et scientifiquement qualifiés certes, mais également cultivés, créatifs et critiques et ainsi socialement et politiquement intégrés et engagés. Dans cet objectif il faudra donc surtout empêcher le financement d’universités par des sociétés privées qui en toute logique auront tendance à orienter l’enseignement vers leurs profit et intérêt. Là, comme ailleurs, le politique devra reprendre le dessus sur le purement économique, l’intérêt publique sur celui d’une minorité économiquement puissante.

LIBERTES INDIVIDUELLES

Celles-ci portant tant sur les convictions intimes et strictement personnelles que sur l’adhérence à des croyances ou idéologies de tous horizons, elles devraient être garanties et respectées dans le cadre de leur affichage et propagation sous condition du respect essentiel du principe que toute tolérance doit impérativement s’arrêter vis-à-vis de tout individu ou communauté qui prône l’intolérance.

Les libertés individuelles essentielles devront être assurées, là où ce n’est pas ou pas encore le cas, par des lois correspondantes, puis défendues dans ce cadre législatif, par les organes de surveillance et d’appel nécessaires. Chaque individu sur cette terre devrait être défendu contre des contraintes d’origine tant religieuse que doctrinaire, voire même familiale. Il est cependant évident que ces libertés doivent s’inscrire dans un cadre constitutionnel consenti ou voté par une majorité de la population et qu’elles y trouveront leur limites et, en corrélation, les devoirs et engagements à respecter par un chacun vis-à-vis de la société.

GESTION ET REPARTITION DES ,RICHESSES

Le monde de l’économie présente aujour-d’hui des déséquilibres inquiétants au niveau de la répartition des richesses entre les différents états, mais également entre les revenus individuels au sein des entreprises et sociétés privées mais aussi, dans une moindre mesure, publiques. S’il n’est pas admissible que les pays riches, producteurs principalement de services et de hautes technologies, en retirent des revenus nationaux qui représentent un multiple de ceux des pays pauvres aux simples richesses naturelles et agricoles, il n’est pas admissible non plus, qu’à l’intérieur d’une même entreprise ou société les revenus des quelques dirigeants représentent jusqu’à un centuple, voire même plus, des basses salaires de cette même société.Il est urgent que dans les deux cas des règlements internationaux et une politique globale soit établis et respectés, ceci dans le but d’amoindrir ces différences flagrantes et d’arriver, voire de rétablir un meilleur équilibre à travers le monde jusqu’à l’intérieur même des grandes entreprises et sociétés. Dans le premier cas, la répartition des richesses entre pays, si à l’intérieur de plusieurs d’entr’eux des fonds de solidarité existent entre les différentes régions, tel devrait pouvoir être introduit à l’échelle globale, entre pays riches et pays pauvres (à l’exemple de l’Union Européenne qui pratique déjà ce type de fond de solidarité). En ce qui concerne les différences de revenus et de salaires à l’intérieur des entreprises multinationales des règles ayant force de lois devront limiter l’écart maximal entre  les revenus du haut et du bas de l’échelle.

Dans l’ensemble il sera urgent que les pouvoirs politiques, expression des peuples souverains, reprennent le dessus sur les pouvoirs économiques détenus par une élite peu nombreuse mais démesurément puissante.

GOUVERNANCE POLITICO-ECONOMIQUE

Si aujour-d’hui nous devons constater partout une aliénation grandissante entre gouvernants et populations, celle-ci résulte en général du développement d’administrations surdimensionnées qui, déconnectées des peuples, agissent dans des vases clos et imperméables. Il n’y a guère que les lobbies des grandes sociétés multinationales qui cherchent et qui réussissent souvent à les influencer, voire même dans de rares cas, les dominer. Il en est de même, sinon de façon plus inquiétante encore, en ce qui concerne les gouvernants qui, nommés pour une période limitée, sont dépendants autant de leur administrations en place que de la pression des lobbies multinationales.

Ailleurs, dans l’organisation internationale du monde d’aujour-d’hui, telle qu’elle résulte de l’évolution historique à travers les siècles, force est de constater un déséquilibre flagrant entre des entités politiques de tailles extrêmement différentes qui se traduisent forcément par des tentations de domination de petits états par les superpuissances, voire des tentatives de division, par ces dernières, entre des états regroupés dans des communautés telle que l’Union Européenne. Cette mise à profit de divisions existantes à entretenir ou à développer entre petites nations est également pratiquée par les grandes sociétés multinationales qui, dans leurs actions ne trouvent des contrepoids politiques qu’au niveau des superpuissances.

Nous nous trouvons donc confrontés à deux phénomènes inquiétants: l’aliénation des populations vis-à-vis de leurs instances dirigeantes et administratives et le déséquilibre tant entre les divers états à tailles différentes qu’entre la plupart de ceux-ci et les grandes sociétés multinationales. La réponse à ces deux aspects doit être différenciée à l’extrême, par des mesures à première vue contradictoires, mais en fin de compte complémentaires et prometteuses pour l’avenir.

L’aliénation des populations appelle un rapprochement de ces dernières à ses dirigeants et à ses administrations. Le remède est de ce fait à rechercher dans des structures politiques de petite échelle auxquelles chaque citoyen en s’y reconnaissant peut adhérer. Les déséquilibres entre les nations et l’impuissance de la plupart d’entr’elles vis-à-vis des grandes sociétés multinationales appelle de son côté au regroupement local des petites entités politiques, régions ou agglomérations urbaines, dans des communautés d’états subordonnées, dotées des pouvoirs nécessaires par délégation, ceci dans le but d’organiser le monde de demain dans des ensembles politiques de la taille des superpuissances actuelles que sont les Etats-Unis d’Amérique, la Chine, la Russie et l’Inde. Ce regroupement permettra la suprématie du politique sur l’économique et ainsi le contrôle de ce dernier au profit des populations du monde.

JUSTICE ET COHESION SOCIALE

Si le principe d’entr’aide sociale et les institutions créées de longue date et après d’âpres luttes dans ce domaine sont dans leur principe indiscutables, leur financement devient de plus en plus précaire. Financées principalement par des prélèvements opérés sur les salaires et autres revenus du travail, le financement des prestations sociales, assurances, rentes et allocations, souffre petit à petit de la diminution des masses salariales due d’une part au vieillissement général des populations et d’autre part de la robotisation en cours d’une part importante du travail. Des économistes ont calculé et avancé un nouveau mode de financement des prestations sociales, non plus par prélèvement sur les revenus du travail mais sur les transferts et autres opérations financières. L’importance de celles-ci est largement tributaire de l’évolution démographique et touche à plus ou moins grande envergure l’ensemble de la population. Ainsi ce mode de prélèvement empêcherait de créer des tensions, autrement prévisibles, entre les jeunes générations payeurs, de moins en moins nombreuses, et les personnes âgées, bénéficiaires des rentes, elles par contre, de plus en plus nombreuses.

Une autre disposition en discussion, expérimenté récemment en Finlande, consiste à introduire un revenu généralisé fixe qui remplacerait une bonne partie des prestations sociales minimales comme rentes vieillesse, allocations chômage ou perte de gain, et elle permettrait ainsi de reduire sensiblement les frais administratives y afférentes. Le financement de ce revenu de base remplaçant bon nombre de prestations sociales ferait logiquement partie de celui de ces dernières.

CONCLUSION

Pour tous ces problèmes qui hantent le monde d’aujour-d’hui, tels qu’ils sont énoncés et traités dans ce chapitre de mon blog, il y a dans les réponses esquissées ci-dessus, quelques principes fondamentaux qui se dégagent et qui sont résumés comme suit:

ECHELLE ET PROPORTIONS: réagir tant à petite échelle, par rapprochement, qu’à grande échelle, par regroupement.

EQUILIBRE ET EGALITE: éliminer ou au moins adoucir les grandes déséquilibres et différences qui caractérisent le monde actuel.

POLITIQUE ET ECONOMIQUE: assurer voire même redonner la préséance du politique sur l’économique, sortir du diktat des multinationales

HUMAINS ET NATURE: comprendre que le premier fait partie intégrante de la deuxième et que les deux sont réciproquement conditionnés par leur propre finalité.

INDIVIDUS ET SOCIETE: élargir les libertés humaines dans le cadre de la société, mais en y ajoutant le droit de disposer en entier de sa propre vie, de sa gestion et de sa fin.

Que les énoncés et les propos de ce chapitre puissent servir de très modeste apport aux réflexions des quelques lecteurs et au delà. Qu’ils temoignent de l’inquiétude, cependant sans découragement, de son auteur.

 

Chiang Mai, 05.04.2019 , Hans Gutscher

 

 

 

 

 

L’ETAT DE L’EUROPE EN CE DEBUT D’ANNEE 2019: ESSAI D’UN INVENTAIRE

2 Fév

Quand en ce début d’année nous nous penchons sur l’état du vieux continent nous y découvrons des signes de désaccords,  de fissurations et de déséquilibres inquiétants entre les différents pays, comme même à l’int3rieur de certains d’entr’eux. Pourtant, sur le plan mondial, l’Union Européenne représente une puissance économique à niveau égal avec celles de la Chine ou des Etats-unis d’Amérique. Par contre, celle-ci ne trouve pas son équivalent sur les plans politique et militaire ce qui affaiblit le poids de l’Europe dans le contexte mondial. Si nous regardons maintenant de plus près les différents aspects de cette situation nous pouvons les distinguer et préciser comme suit:

I.  DISPARITES HISTORIQUES ET CULTURELLES ET EN CONSEQUENCE IDENTITES POLITIQUES DIFFERENTES ENTRE LES PAYS EUROPEENS:

Sous ce premier aspect, dont les suivants sont quelque peu consecutifs, nous distinguons grosso modo trois groupes de pays, voire régions, à savoir:

  • A:  les pays du centre de l’Europe qui correspondent à peu de différences près à l’étendue de l’ancien Saint-Empire avec ses états autonomes, avec ses villes libres et ses différentes formes de gouvernance, d’où de vieilles traditions d’autogestion locale et de fédéralisme consécutif. Nous mettons dans ce groupe les pays suivants: Pays-Bas, Belgique, Luxembourg, Allemagne ( avec des réserves concernant sa partie orientale qui avait subi l’influence de l’absolutisme prussien, puis du communisme), Suisse, Autriche, Tchéquie (l’ancienne Bohème) et le Nord de l’Italie (jusqu’à la barriere formée par les anciens Etats Pontificaux qui avait coupé l’Italie en deux parties). Nous y ajoutons les Pays Scandinaves et Baltes (à l’exception  de la Lituanie) avec, pour les premiers, leurs vieilles traditions de stortings ( « thing » = instance législative et judiciaire, assemblée des hommes libres), et pour les deuxièmes, leur appartenance à la Hanse Teutonique avec sa tradition de villes libres du Saint-Empire.
  • B.  les pays de l’Europe occidentale, anciennes monarchies absolutistes, puis parlementaires, restés cependant dans leurs structures politiques et dans les rapports de leurs citoyens vis-à-vis de l’état centralistes et autoritaires. Nous trouvons dans ce groupe la France, l’Italie du Sud (il Mezzogiorno, ancien royaume des Deux-Siciles), l’Espagne, et le Portugal.
  • C:  Les pays de l’Europe orientale, anciennes monarchies ou principautés, pour leur plupart autrefois sous tutelle des grands empires autoritaires de la Turquie Ottomane, de la Russie Tsariste ou de l’Autriche, puis Autriche-Hongrie des Habsbourg. Comme pour le deuxième groupe, mais de façon plus prononcée, tradition de la centralisation du pouvoir et pratiquement absence totale d’expériences d’autogestion locale. Nous y trouvons la Lituanie, la Pologne, la Slovaquie, la Roumanie, la Bulgarie, l’Albanie, la Grèce et les pays de l’ancienne Yougoslavie.
  • D:  Un cas à part est représenté par la Grande-Bretagne, la plus ancienne monarchie constitutionnelle que nous plaçons, par ses traditions parlementaires d’une part, mais de par son attachement à la monarchie d’autre part, entre les groupes A et B.

En résumée et en référence à l’excellente analyse présentée par Alain Peyrefitte dans son livre « Le Mal Français », nous pouvons principalement distinguer, d’une part les pays construits depuis la cellule de base, la communauté locale, vers le haut, vers le gouvernement, ceci à l’image des antiques républiques grecques et des paroisses protestantes luthériennes et calvinistes, et souvent dans un esprit fédéraliste, puis, d’autre part, les pays gérés depuis le haut, depuis la tête de l’état, vers le bas, les communes et les citoyens, ceci à l’image du Vatican, voire des autocraties orientales, et dans un esprit centralisateur.

Nous assistons ainsi, au sein de l’Europe et de son union à la confrontation de deux visions politiques diamétralement opposées, l’une conçue du bas vers le haut, l’autre du haut vers le bas, et ainsi, implicitement, à la confrontation entre fédéralisme et centralisme.

II.  DIVERGENCES ENTRE LES POLITIQUES ECONOMIQUES ET FINANCIERES PRATIQUEES PAR LES DIFFERENTS PAYS.

Ces divergences reflètent grosso modo celles du chapitre précédent dont elles constituent en quelque sorte le résultat dans le domaine économique et financier. Ainsi, si les pays du centre et du nord de l’Europe s’imposent une certaine discipline issue de la tradition de responsabilisation de chaque citoyen vis-à-vis de l’état, ceux du sud et de l’est de l’Europe poursuivent une politique déficitaire d’endettement public en suivant une tradition séculaire et conforme à l’attitude de leurs citoyens, habitués à attendre de la part de leurs gouvernements une assistance maximale tout en ne leur concédant qu’une contribution minimale.

La crise grecque de ces dernières années, autant que les déséquilibres budgétaires de certains pays, notamment de la France et de l’Italie, en présentent une illustration quasi parfaite. A ces différences endogènes s’ajoute une compétition malsaine entre certains états qui cherchent, par le biais d’avantages fiscaux, d’attirer des fortunes importantes sur leur sol et de fausser ainsi une harmonie fiscale qui un jour devrait règner, au profit des regions et des citoyens, à travers toute l’Europe. Dans cette compétition malheureuse trois pays se distinguent par leurs avantages fiscaux accordés tant à des sociétés qu’à des particuliers: la Suisse, la Grande-Bretagne et le Luxembourg, auxquels pays s’ajoutent quelque petits états comme Malte, Chypre, Monaco et le Liechtenstein.

III:  DIFFERENCES DE TAILLE ET CONSECUTIVEMENT DE POIDS POLITIQUE ENTRE LES PAYS EUROPEENS.

Entre le pays le plus peuplé de l’Europe, l’Allemagne avec ses plus de 80 millions d’habitants, et un petit pays insulaire comme Malte avec même pas un demi-million, les différences de taille sont considérables et se traduisent en toute logique par des poids économiques et politiques correspondants, différences que le tournus semestriel à la présidence de l’UE n’arrive certes pas à attenuer. Comme résultat de ce déséquilibre nous assistons à l’intérieur de l’UE à une prédominance des grands pays et notamment de l’Allemagne et de la France, qui souvent, à eux seuls, préparent des orientations et décisions politiques que les autres pays ne peuvent guère qu’amender et ensuite entériner. A ce déséquilibre s’ajoute, pour les anciens empires coloniaux de la Grande-Bretagne et de la France, la nostalgie de leur puissance passée et l’illusion de jouer encore, à l’échelle mondiale, un role correspondant qu’elles trouvent confirme dans leur appartenance surannée de membres permanents du Conseil de Sécurite de l’ONU.

IV:  ALIENATION ENTRE LES PEUPLES ET LES DIRIGEANTS DE L’UE.

Il est évident que dans le cadre de l’UE la population, dans son ensemble et à travers ses frontières nationales, ne se reconnaît guère dans sa représentation, un parlement dont le pouvoir décisionnel est compromis par celui conféré aux réunions des premiers-ministres, voire président (pour la France) nationaux qui prennent effectivement les décisions importantes en dernier ressort. Il en est de même, sinon encore à plus forte raison, pour ce qui concerne le « gouvernement » européen, la Commission dont les membres sont nommés de nouveau par les chefs des états nationaux. Force est ainsi de constater que l’Europe, en dépit de son unification, est toujours gérée plutôt que réellement conduite par ces derniers. De ce fait pour les populations l’appartenance de chacune à sa nation prime sur celle à l’UE dont, par ailleurs, chaque état, voire même un chacun, ne cherche qu’à tirer profit de ses avantages économiques. Il n’est pas étonnant que dans cet état des choses, les partis nationalistes de bon nombre de pays tirent leur épingle du jeu en grossissant les problèmes de l’UE au détriment des avantages, principalement économiques qui profitent par ailleurs en premier lieu aux pays de l’Est Européen dans lesquels, pour certains, les partis nationalistes prennent une importance de plus en plus accrue.

La centralisation non pas du pouvoir politique laissé entre les mains des dirigeants nationaux, mais de l’administration surdimensionnée avec son siège centralisé à Bruxelles augmente encore le clivage et l’aliénation croissante entre dirigeants et populations.

V:  FISSURATIONS ENTRE LES PAYS MEMBRES ET A L’INTERIEUR MEME DE CERTAINS D’ENTR’EUX.

Plusieurs évènements de ces dernières années ont fait apparaître des différences d’attitude générale et de politique tant entre des nations qu’à l’intérieur de certains d’entr’eux.

Il faut ici citer en premier lieu les problèmes liés à l’immigration, provenant principalement sous forme d’émigration économique depuis le continent africain, et, dans une mesure plus temporaire sous forme de fuite de foyers conflits locaux, notamment depuis la Syrie et l’Afghanistan. La politique de frontières ouvertes conçue et mise en exercice sans consultation des partenaires par la chancellière allemande en 2015, de même que l’abandon en quelque sorte, des principaux pays d’accueil, l’Italie, la Grèce et l’Espagne, par leurs partenaires européens, et la notamment les pays de l’est, ont créé des fissures profondes entre les pays membres de l’UE. Les partis populistes et nationalistes de l’extrême droite n’ont pas manqué de s’y engouffrer et d’en tirer profit. Ceci a conduit à des succès électoraux et une prise de pouvoir, voire participation au gouvernement de ces partis souverainistes et ainsi nationalistes et opposés à l’unification du continent, dans plusieurs pays, parmi lesquels l’Italie émerge par son poids démographique et économique.

D’autres évènements ont secoué et secouent encore, par ci, par là, l’unité même de certains pays et en premier lieu le BREXIT dont l’issue reste encore aujour-d’hui incertaine et qui risque meme de compromettre la cohésion de la Grande-Bretagne, avec une Ecosse très majoritairement proeuropéenne et une Irlande du Nord craignant le rétablissement d’une frontière vis-à-vis de la République de l’Irlande et ainsi le recrudescence des animosités entre les deux états.

Ailleurs, des mouvements séparatistes actifs ou larvés, mènent leur combat pour une autonomie de la région qu’ils représentent à l’intérieur de la nation à laquelle elles appartient, voire même à la séparation de celle-ci. L’exemple actuel le plus significatif est certainement celui de la Catalogne, mais des tendances comparables et prêts à refaire surface peuvent être aperçues dans les Flandres, en Pays Basque, en Haute-Adige, en Transsylvanie et ailleurs.

On doit constater et regretter que des fissures parcourent partout le vieux continent et compromettent sa cohésion et son unification. Elles sont de nature tant économiques qu’éthiques, historiques et, par là meme identitaires.

COMMENT SORTIR L’EUROPE DE CETTE IMPASSE ET LUI PREPARER UN AVENIR PLUS PROMETTEUR ?

En résumée des points de divergences énoncées ci-dessus, nous constatons que le continent et en particulier son unification se trouvent confrontés à une crise profonde au point que cette dernière paraît même compromise.

Il y a cependant, par ci, par là, des signes encourageants qui nous confortent dans la conviction qu’une majorite croissante de la population se rend de plus en plus compte des avantages que leur pays, et par là eux-mêmes, tirent de l’unification européenne. De plus en plus de citoyens européens et particulièrement dans les pays de l’est, se rendent à l’évidence que seule une Europe unie saura s’opposer aux menaces extérieures, représentées tant à ses frontières orientales par une Russie annexionniste qu’au sud et à l’est par un Islam intégriste et combatif, mais aussi par la pression démographique et économique de l’Afrique.

D’autres signes encourageants se manifestent dans un cadre régional par les coopérations de plus en plus actives qui transgressent les frontières entre nations et qui trouvent une identité régionale afin de répondre aux problèmes transfrontaliers de tous les jours. Le nouveau pacte d’amitié signé récemment à Aix-la-Chapelle entre l’Allemagne et la France en donne une illustration concluante avec la coopération accrue entre les régions frontalières, de l’Alsace à la Champagne-Ardenne en France, et du Bade-Wuerttemberg à la Sarre et au Palatinat-Rhénanie en Allemagne. C’est precisément à ce niveau qu’il y a lieu d’entamer la refonte nécessaire de l’Union Européenne. Il faut retrouver et redéfinir les unités régionales locales à l’interieur desquelles les habitants trouvent une identification réelle basée sur des données tant historiques et culturelles qu’économiques et environnementales. Il y aura ainsi lieu de créer des ensembles politiques à taille réduite qui permettent une gestion véritablement démocratique et qui, petit à petit, briseront les frontières nationales que l’histoire purement militaire et conflictuelle nous a léguées et qui nous libèrent ainsi des nations arbitraires qui en résultèrent. (cit. Albert Jacquard: « Les frontières ne sont que les cicatrices de l’histoire »). Sensiblement comparables en taille et en importance, ces régions, confrontées aux enjeux mondiaux, se rendront cependant compte qu’elles devront déléguer une part de leur souverainete à un pouvoir central sorti de leur sein, un pouvoir fort, soutenu par la population et ainsi muni des pouvoirs politiques et militaires nécessaires pour pouvoir faire face, à l’extérieur, aux grandes puissances et aux grandes sociétés globales, et à l’intérieur, aux partis nationalistes et souverainistes tant de droite que de gauche.

Le parcours que l’Europe devra suivre pour trouver la position conforme à sa taille et son importance démographique, économique et historique-culturelle à l’interieur du concert mondial me paraît ainsi clairement tracé: abandon des nations – création des régions – par délégation, formation d’un pouvoir central limité au relations extérieures – et à tous les niveaux: instauration d’une vraie démocratie, basée sur la discussion et le consensus, mais protégée contre les démagogues et populistes.

Mais la grande question assombrit l’image: EN AVONS NOUS ENCORE LE TEMPS ???

 

Hans Gutscher, Doi Saket, 02.02.2019

LA SARRAZ : UN CHATEAU AU MILIEU DU MONDE ET SON AVENIR POSSIBLE

28 Jan

 

 L’identité de chaque bâtiment ancien résulte autant de son évolution tout au long de son histoire que, tout d’abord, de son environnement naturel et construit, de l’esprit du lieu, son genius loci. Tel est particulièrement le cas en ce qui concerne le Château de La Sarraz. Erigé sur le piton rocheux qui crée une articulation topographique entre le massif du Mauremont et les contreforts du Jura et qui marque par sa présence le passage étriqué de la route ancestrale qui mène des bords du Léman à travers le Jura vers la France, sa construction débuta au milieu du XIème siècle par une enceinte fortifiée à caractère purement militaire. Successivement, durant plusieurs siècles, divers corps de logis avaient été construits à l’intérieur de cette enceinte pour aboutir, lors du chantier de reconstruction au milieu du XVIème siècle à la configuration actuelle du monument. La fortification militaire d’origine s’était ainsi transformée en une demeure seigneuriale habitée jusqu’en 1948 par la même famille avec ses différentes branches successives.

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Fermé par des murs massifs et opaques du côté nord-est, le château s’ouvre, sur son flanc opposé, sur son parc qui s’étale, par paliers successifs, en direction du sud vers le bourg du même nom situé en contrebas. La vision du château depuis les diverses routes qui y mènent traduit cette opposition d’apparence. Si d’un côté, en venant de Cossonay on découvre depuis le haut plateau qui descend vers la Venoge l’entier du complexe bâti qui domine le site par sa masse horizontale lourde de la quelle se détachent ses deux tours élancées, celles-ci ne se dévoilent, par surprise, qu’après le dernier virage lorsqu’on vient depuis Eclépens. Image attirant et accueillant, voire surprenant, pour le voyageur venant ainsi depuis le sud, le château présente au voyageur venant de Pompaples son aspect fermé et repoussant d’ancienne forteresse dont les murs prolongent visuellement les parois rocheuses du site. Cette dichotomie d’aspect reprend et renforce celle du lieu même et confère à ce château, érigé à cet endroit si particulier, un impact et un rayonnement correspondants. Situé sur la ligne de partage des eaux entre les bassins versants du Rhin au nord et du Rhone au sud et surplombant la route cantonale vers Vallorbe, le Château de La Sarraz marque par sa silhouette imposante et ses deux flèches verticales ce lieu dit „ Le Milieu du Monde“.

Renforçant cette différence d’aspect et aboutissant ainsi à l’image du château que nous lui connaissons aujour-d’hui, celui-ci fut ouvert sur son parc lors d’un dernier grand chantier de travaux de transformations au début du XIXème siècle. Ceux-ci apportèrent la démolition du mur d’enceinte qui avait fermé, d’ici là, sa cour intérieure du côté du parc, de même que celle de la barbacane qui avait jadis protégé l’entrée du château. L’évolution de la résidence seigneuriale avait ainsi suivi, par des transformations et réaménagements intérieurs, celle générale, sociale et politique, des époques parcourues. Les derniers travaux évoqués ci-dessus, avaient libéré le château de ses fortifications devenues obsolètes par l’évolution technique de l’époque qui voyait en même temps un peu partout en Europe la suppression des enceintes des villes. De tout temps cependant, la distribution des différentes surfaces s’était toujours inscrite dans les propriétés du lieu, avec la disposition des pièces intimes d’habitat du côté protégé des versants nord et est, tandis que les pièces d’apparât et les vestibules d‘accès donnaient sur la cour intérieure et plus tard directement, à travers celle-ci, sur le parc du château.

Ce n’est cependant que sous son occupation par les derniers châtelains, et notamment, après le décès de son époux, Henri de Mandrot en 1920, par Hélène de Mandrot, que le Château de La Sarraz  devint un pôle d’attraction internationale par la création de ce qui fut appelée la „Maison des Artistes“, lieu de séjours et de rencontres d’artistes et d’intellectuels dans l’enceinte du château. Celui-ci, par les activités de Hélène de Mandrot, avait trouvé, à l’intérieur de ses murs ancestrales et sur ce site si particulier, un rayonnement véritablement conforme à cet endroit qui se veut „Le Milieu du Monde“. Le nombre d’hôtes illustres que Hélène de Mandrot accueillait dès 1922, année de fondation de cette institution, jusqu’à l’éclatement de la Deuxième Guerre Mondiale, est impressionnant et comprend bon nombre de représentants éminents du monde de l’architecture, des arts, de la littérature et du cinéma de la période de l’Entre Deux Guerres. A titre d’illustration, ne citons ici que quelques exemples parmi tant d’autres: Alvar Aalto, Hans Arp, Max Bill, Serguei Eisenstein, Max Ernst, Lionel Feininger, Le Corbusier, Andre Lurçat, Laszlo Moholy-Nagy et Oskar Schlemmer. Ces séjours, réunions et rencontres culminèrent en 1928 par l’organisation du congrès préparatoire à celui des CIAM (Congrès International de l’Architecture Moderne), puis en 1929 du CICI (Congrès International du Cinéma). Après les années 1930 lors desquelles le Château de La Sarraz avait souvent servi de refuge culturel et de lieu de rencontres à plusieurs artistes et intellectuels persécutés par les régimes totalitaires de leur pays d’origine, le début de la Deuxième Guerre Mondiale avait pratiquement mis un terme aux activites de la Maison des Artistes et le château fut réquisitionné par l’armée suisse. Dès 1946, souffrant pourtant déjà d’une santé défaillante, Hélène de Mandrot essaya de reprendre ses activités qui s’arrêtèrent définitivement, deux ans après, lorsqu’elle décéda en 1948 dans sa propriété dans le Midi de la France.

Sous une nouvelle direction la Maison des Artistes continuait ensuite durant près de trente ans l’organisation d’expositions et de rencontres culturelles, en renonçant cependant pour des raisons évidentes au maintien de séjours d’artistes sur place. La suppression de cet élément vital et presqu‘identitaire de la Maison des Artistes se fit toutefois cruellement ressentir et conduisit finalement au quasi abandon de toute cette activité culturelle. Celle-ci, depuis la fin des années 1970, est pratiquement réduite au maintien du Musée Romand, aux collections certes précieuses et importantes, mais dont l’exploitation et le fonctionnement ne sont que péniblement financés par les recettes de location de divers salles amenagées dans ce but, puis le soutien des autorités tant locales que cantonales et fédérales. Restauré et conservé durant les années 1987- 1999, dans le cadre d’une opération d‘ envergure qui fut financée par la vente de terrains en dehors de l’enceinte du château et par des subventions généreuses, le Château de La Sarraz se réaffirme, depuis, dans son architecture puissante  qui prolonge et dépasse celle donnée par la nature sur ce piton rocheux, situé sur la ligne de partage des eaux, ce „Milieu du Monde“.

Si aujour-d’hui on veut redonner au Château de La Sarraz une nouvelle vie et lui rendre, pour le présent et pour l’avenir, son rayonnement d’antan, il y a lieu de s’inspirer des leçons qu’on peut tirer de cette époque glorieuse qui, du vivant de Hélène de Mandrot, fut celle de la Maison des Artistes. Après les expériences des tentatives de son maintien après 1948 et son déclin, puis celui consécutif du Musée Romand, il parait evident que la création d’un équipement d’hébergement et le réaménagement moderne des salles de réunions existantes représente l’élément décisif qui fait defaut pour attirer une nouvelle activité culturelle et sociale à l’image de celle de la Maison des Artistes. Or, la configuration du site qui est délimité au sud, aux confins du parc, par des terrains en contrebas formant deux paliers successifs, se prêterait sans trop de difficultés à y construire un hôtel d’environs une trentaine de chambres. Cette nouvelle construction serait adossée au mur de soutènement du jardin avec extension de ce dernier sur sa toiture terrasse. Les bâtiments annexes existants, Majorat et Orangerie, feraient partie intégrante de cet hôtel et abriteraient le restaurant et les locaux de réception avec un bar-lounge dans les combles de l’Orangerie qui sont directement accessibles depuis le parc du château. Des suites particulières seraient aménagées dans les étages et les combles du Majorat et pourraient ainsi varier et compléter l’offre d’hébergement. Du côté du château même, outre le réaménagement des salles de location et la modernisation éventuelle des expositions du Musée Romand, la grange devrait être transformée pour y permettre, en complément aux collections permanentes du musée, l’organisation d’expositions temporaires thématiques à rayonnement international, liées de près ou de loin au prestigieux passé de la Maison des Artistes.

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Résultant de ces réamenagements et équipements complémentaires, l’attraction accrue, voire retrouvée, du Château de La Sarraz entrainerait, à ne pas douter, les recettes financières nécessaires pour assurer et maintenir son prestige et son rôle retrouvé, mais réadapté et redefini, de lieu de rencontres et de séminaires culturelles et socio-économiques. Celui-ci, s’inscrivant dans cet environnement naturel et construit si particulier avec son passé historique riche en évènements et péripéties, en s’appuyant et en quelque sorte prolongeant son histoire récente, serait à même de redonner au Château de La Sarraz son rayonnement au „Milieu du Monde“ et ainsi répondre au Genius Loci de l’endroit.

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Hans Gutscher , architecte

DES CONFLITS ENTRE LE MONDE INSTITUTIONNEL ET LA REALITE

10 Nov

1. SUR LE PLAN DE LA POLITIQUE MONDIALE

Depuis les premières guerres à étendue continentale puis mondiale, les puissances victorieuses, avec ou sans le concours des perdants, ont essayé d’établir un nouvel ordre et de nouvelles institutions politiques auxquelles elles pensaient en vain pouvoir donner un caractère et une valeur quasi de pérennité.

Le premier exemple dans l’histoire est certainement représenté par les Traités de Westphalie qui, en 1648, terminèrent la Guerre de Trente Ans, première confrontation à échelle continentale européenne. Ces traités aboutirent à une réorganisation de l’Europe de l’époque.

Ces acquis étaient dès le milieu du XIIIe siècle sensiblement modifiés suite à la Guerre de Sept Ans , puis surtout la Révolution Française et les Guerres Napoléoniennes successives. Cette période révolutionnaire déboucha à la fin des guerres et suite à l’écroulement de l’Empire de Napoléon Ier, au Congrès de Vienne qui en 1815 aboutit à une réorganisation de l’Europe sous la domination des cinq puissances principales, les monarchies absolutistes de la Russie, de la Prusse et de l’Autriche, dans sa partie orientale, et des deux monarchies parlementaires et constitutionnelles de la Grande-Bretagne et de la France, dans sa partie occidentale. Cet ordre perdurait, en dépit de révolutions successives durant tout le XIXe et le tout début du XXe siècles. Il a cependant vu, dans la deuxième moitié du XIXe siècle l’avènement de nouveaux acteurs importants, l’Italie libérée et réunifiée et l’Empire allemand sous dominatin prussienne.

Les Traités de Versailles, de St. Germain-en-Laye et de Sèvres, mirent fin ensuite en 1919/20 à la Première Guerre Mondiale et aux grands empires de l’Europe orientale, de la Russie et de l’Allemagne, ainsi qu’au démembrement de celui de l’Autriche-Hongrie. Dans le but de gérer en quelque sorte la politique mondiale et ainsi de prévenir de futurs conflits, la Société des Nations avec siège à Genève, fut fondée en 1919. Dès le début de sa création, son action fut cependant compromise par l’absence, en son sein, de grandes nations, parmi lesquelles notamment l’Union Soviétique et les Etats-Unis d’Amérique. Sa faible efficience, la dureté des conditions de paix imposées aux belligérants perdants, puis surtout la crise économique mondiale de 1929/30 conduirent à la naissance de mouvements nationalistes, voire fascistes, puis à la Deuxième Guerre Mondiale.

A la fin de cette dernière, en 1945, une nouvelle tentative de créer un organe politique à échelle mondiale fut lancée à San Francisco sous la direction des nations victorieuses, par la création des Nations Unies sous les instances et règlements desquelles nous vivons toujours encore au jour-d’hui. Si leurs activités, et encore plus celles de ses commissions, ont été et restent souvent bénéfiques et qu’elles ont notamment jusqu’à ce jour empêché toute confrontation, probablement suicidaire, entre les superpuissances nucléaires, les Nations Unies souffrent au jour-d’hui du fait de leur inertie institutionnelle. Ses institutions basées sur l’état du monde en 1945 sont le reflet de la situation à la fin de la Deuxième Guerre Mondiale. Le conflit avec la réalite politique actuelle se manifeste surtout au niveau du Conseil de Sécurité, organe décisionnel principal de l’organisation. Il comprend, comme membres permanents, les cinq nations victorieuses de la guerre, les Etats-Unis d’Amérique, l’Union Soviétique, aujour-d’hui la Russie, la Chine, la Grande-Bretagne et la France. Si les trois premières sont au jour-d’hui les superpuissances principales dans le monde, le poids tant démographique que politique et économique des deux dernières, par ailleurs fortement diminué suite à la décolonisation, ne justifie plus leurs sièges permanents dans cet organe. Celles-ci devraient revenir, l’un à l’Union Européenne, l’autre à l’Inde, demain le pays le plus peuplé du monde. En parallèle, le droit de veto de ces membres permanents devrait etre supprimé afin d’eviter les blocages qui avaient surtout marqué les années de Guerre Froide, mais qui, à l’époque, empêchaient la prise de décisions contraires aux intérêts de la seule Union Soviétique, mise regulièrement en minorité par les quatre autres membres du conseil. Ce clivage et cette confrontation entre les pays capitalistes de l’occident et le seul pays communiste de l’époque ayant quasiment disparue, depuis notamment la Chute du Mur de Berlin en 1989, et qu’ils ont laissé la place à une situation politique nettement plus complexe ne justifie plus le maintien de ce droit de veto aux superpuissances de l’époque, qui leur réfère ainsi le droit de ne pas devoir se plier aux décisions de la majorité des membres.

2. SUR LE PLAN MILITAIRE

Une situation analogue à la précédente peut aujour-d’hui être observée sur le plan militaire à l’echelle mondiale. Celle-ci reflète également le résultat de la Deuxième Guerre Mondiale et de la Guerre Froide consécutive, avec, jusqu’à 1989, le face à face entre les deux superpuissances nucléaires, les Etats-Unis d’Amérique et l’Union Soviétique, ces deux avec, chacune, ses alliés ou satellites. En résultèrent, du côté occidental, la création de l’OTAN (Organisation du Traité de l’Atlantique Nord) en 1949 à laquelle répondit, en 1955 celle du Pacte de Varsovie, qué réunissait l’Union Sovietique et les pays communistes de l’Europe de l’Est. Ces derniers, dès 1989 et la chute des régimes communistes, ont rejoint l’OTAN et le Pacte de Varsovie fut dissout en 1991. La situation générale ainsi modifiée, perdure juqu’à ce jour, avec la confrontation entre les Etats Unis d’Amérique et ses alliés regroupés toujours dans cette OTAN élargie, d’un côté, et la Russie de l’autre côté. Même si d’autres puissances comme la Chine, l’Inde et des pays fortement armés de la Péninsule Arabique entrent en jeu, l’opposition entre l’OTAN et la Russie, principales puissances nucléaires, domine encore la situation actuelle. Celle-ci est ainsi caractérisée, au sein de l’OTAN, par la très forte dépendance des états européens vis-à-vis des Etats Unis d’Amérique. Pour que ces premiers retrouvent, sur le plan militaire également, leur totale indépendance et une force égale à celle de la Russie à laquelle elle fait face, l’Union Européenne doit impérativement former sa propre armée. Dès lors, l’OTAN, créée à l’époque pour faire barrage à la menace communiste en Europe, étant ainsi devenue obsolète, devrait etre dissoute. D’autres alliances militaires verront le jour à travers le monde et correspondront mieux aux identités régionales, voire continentales. Elles repondront ainsi de meilleure façon à l’ordre mondial du jour.

3. SUR LE PLAN EUROPEEN.

Une incapacité de pouvoir s’adapter aux changements des situations géopolitiques, comparable à celle des instances mondiales frappe également l’Union Européenne. Celle-ci est institutionnalisée par le Traité de Maastricht, conclu en 1992, puis révisé par celui de Lisbonne, en 2007. Ces traités reposent sur deux hypothèses fatales qui s’avèrent aujour-d’hui contraignantes et propres à bloquer le fonctionnement de la communauté.

– la première hypothèse admet comme évident et non négociable que les états membres se rallient et se basent dans leur gouvernance aux principes fondamentaux philosophiques et éthiques de l’Union Européenne. Ceux-ci ne sont actuellement plus respectés, tant par la Pologne en ce qui concerne la séparation des pouvoirs, que par la Hongrie pour ce qui est de la liberté de la presse et d’opinion en général. Comme on doit le constater actuellement, les mesures vis-à-vis des états en cas de non-respect des fondements élémentaires de l’UE ne sont pas clairement définies et ainsi pratiquement inopérantes. Il y a cependant urgence d’y remédier et de ne pas reculer devant la mesure extrême de l’exclusion d’un état, d’autres digressions dans l’un ou l’autre des pays de l’Est de l’Europe se pointant à l’horizon.

– la deuxième hypothèse fallacieuse porte sur la durée dans le temps de l’adhésion d’un état souverain à l’union, celle-ci étant admise comme permanente. Là encore, plus que dans le cas précédent, aucune mesure à l’encontre d’une telle situation n’a été définie et intégrée dans les traités. Le BREXIT et les pénibles discussions qui en résultent, en donnent aujour-d’hui une illustration pertinente des complications et des suites qu’une telle démarche peut provoquer et perturber le fonctionnement de l’union.

Il en ira de même en ce qui concernera le démembrement éventuel de l’un ou l’autre des états-nations actuels qui composent l’UE. Des signes avant-coureurs se sont déjà manifestés en Ecosse, en Catalogne et ils risquent de revivre en Pays Basque et dans les Flandres.

4. SUR LE PLAN ECONOMIQUE.

Si dans nos démocraties occidentales l’ensemble des citoyens constituent le souverain, soit par délégation à un parlement élu, soit directement par référenda, la direction et, par là, la prise de décisions est exercée, dans les entreprises du libre marché, soit directement par le ou les propriétaires, soit par un conseil élu par une assemblée d’actionnaires ou de membres d’une coopérative. Il s’ensuit que la prise de décisison est nettement plus complexe et longue dans le cas des démocraties, au contraire des entreprises où elle peut être soit immédiate ou au moins nettement plus rapide et simple. D’autre part, ces dernières ne travaillent que dans l’intérêt et au profit des popriétaires et/ou actionnaires, tandis que les actions de tout état démocratique doivent être exercées dans l’intérêt de ses citoyens. Ces particularités qui reflètent les différences entre le monde politique et celui de l’économie avantagent très nettement ce dernier. Elles ne peuvent être amoindries ou corrigées que par des dispositions légales qui encadrent l’action des entreprises au profit et pour le bienfait des populations. L’évolution qui menace cependant actuellement l’équilibre qui devrait ainsi s’installer, réside dans la concentration de plus en plus poussée des activités économiques dans les mains d’entreprises multinationales qui, comme le nom l’indique, peuvent se situer au-dessus et en dehors des cadres juridiques des différentes nations pour ainsi les mettre en concurrence et essayer d’influencer leur politique dans le domaine économique. Cette influence est notamment exercée par les lobbyistes présents dans les différents parlements. De plus en plus, ces grandes entreprises, voire sociétés de services, actives dans leurs domaines dans la recherche et le marketing, s’introduisent, par des participations scientifiques et financières souvent bienvenues, dans les directions des universités et leurs programmes de recherches, pour les orienter ainsi vers leurs propres intérêts. Le poids des grandes entreprises et sociétés multinationales dépasse, par cette évolution, largement celui des états traditionnels de moyenne ou faible importance et il ne peut être valablement contrebalancé et encadré que par celui des grandes nations voire communautés d’états comme les Eats-Unis d’Amérique, la Chine, dans déjà une moindre mesure la Russie, l’Inde ou l’Union Européenne.

CONCLUSION.

Que ce soit sur le plan de la politique mondiale ou régionale ou sur celui des alliances militaires ou encore et surtout sur celui des relations entre politique et économie, force est de constater que les cadres et régimes institutionnaux souffrent de leur rigidité et qu’ils peinent à s’adapter, voire faire face et, en cas de bsoin, faire contrepoids aux évolutions démographiques, technologiques et économiques qui prennet un rythme de plus en plus élevé. Les éventualites des différents scénarii prévisibles pour le futur devraient influencer la rédaction des traités internationaux et ainsi y introduire la souplesse nécessaire pour pouvoir réagir a l’inattendu, mais théoriquement prévisible sans pour autant mettre en question le traité concerné dans ce qui constitue sa base et son contenu essentiel.

Hans Gutscher
Chiang Mai, 10.11.2018